Comité de Surveillance OTAN

Alerte OTAN !

Alerte OTAN n°0

Le criminel de guerre Wesley Clark témoigne à La Haye
John Catalinotto

Le mensonge, la nausée et les sanctions
Michel Raimbaud

Lettre ouverte au ministre belge des Affaires étrangères
Père Daniel Maes, Communauté du Monastère de Mar Yakub à Qâra, Syrie

USA et Otan évincent l’Ue en crise
Manlio Dinucci

Illégalité du déploiement des armes nucléaires americaines en Europe
Pierre Piérart

Guerres sans fin
Droit international contre droit du plus fort

Diana Johnstone

Les bases nucléaires de l'OTAN en Europe
Pierre Piérart

HIROSHIMA ET LE TRAITÉ DE NON PROLIFÉRATION
Pierre Piérart

Lettre au Général Jones, commandant du SHAPE, pour réclamer le retrait des armes nucléaires des pays de l'OTAN

Mordechaï Vanunu prisonnier d'opinion

L'OTAN et l'Afrique du Nord
Rashid Khashana

OTAN : Vers une expansion planétaire
Michel Collon

OTAN : au service de qui et pour quels objectifs ?
Valérie Peclow

L' Europe de la défense aux lendemains du sommet de Prague
Jean-Sylvestre Mongrenier

Les Etats-Unis, l'Otan et l'armée européenne
Pol De Vos

Occupations militaires - La prostitution érigée en système
Richard Poulin

Les minutes les plus longues de ma vie...
Michel Collon

Les États-Unis à la conquête de l'Eurasie et du monde
Jean-Marie Chauvier

Le Tribunal Pénal de La Haye de moins en moins crédible
Edward Herman

Bush et l'OTAN

Les nouveaux rôles probables de l’Otan dans les futurs scénarios impérialistes : Comment arrêter l’Otan ?
George Havatzas

50 juristes et avocats de 12 pays lancent un appel contre l’imposition d’un conseil juridique à Slobodan Milosevic

Solidarité avec Hiroshima et Nagasaki
Pierre Piérart

Parodie de procès Milosevic : Déclaration du Comité grec pour la Détente internationale et pour la Paix (EEDYE)

Contre ces lois-là, la Loi Internationale (et Milosevic) n’ont pas l’ombre d’une chance
Stephen Gowans

Une lettre ouverte de Christopher Black, président du Comité légal de l’ICDSM
Christopher Black

L'ancien premier ministre soviétique : « Je n'irai pas témoigner à La Hague dans les circonstances actuelles»
Nikolai Ryzhkov

Refus de participer au 'procès' en tant que témoin de Léonide G. Ivachov

L’ICTY et la décimation de la Yougoslavie – Une histoire de famille
Ian Johnson

Milosevic au TPI : Celui qui doit se taire
Vladimir Caller, Georges Berghezan, Jean Bricmont, Hernn Valverde

Tribunal international ou «Chambre étoilée»?
British Helsinki Human Rights Group

Milosevic se voit refuser le droit universel d'assurer sa propre défense
Sara Flounders

Lettre d'un groupe de témoins des Etats-Unis au président Slobodan Milosevic

La défense de la patrie est-elle un acte criminel ?
Pr. Kosta Cavoski

Ramsey Clark : Le 'tribunal' saborde ses dernières prétentions à la légalité
Ramsey Clark

Le Tribunal Penal International de La Haye : Deux ans d'efforts coûteux pour aboutir a un constat d'échec
Nico Varkevisser

Justice et propagande : L'échec du procès Milosevic

Deux ans de procès Milosevic : fiasco à La Haye ?

La Haye a remplacé la jurisprudence de la paix établie à Nuremberg par une licence à l'Occident de tuer.
John Laughland

Laissez Milosevic se représenter lui-même
John Laughland

Interview de Mordechai Vanunu à la BBC du 24 Octobre 2004

Murmures nucléaires à l'ombre des canons

Vanunu : « J'ai fait ce devais faire »
Baudouin Loos

Nikolaï Ryjkov défend Milosevic et dénonce l'OTAN

La reculade du Tribunal pénal international
Louis Magnin.

Note sur le traité secret conclu entre la Belgique et les Etats-Unis en 1971
Olivier Corten, Eric David, Pierre Klein, Jean Salmon

L’OTAN et la constitution européenne nuisent gravement à la Paix

Deuxième bilan de la Campagne de Solidarité des Bourgmestres des Villes et Communes de la Communauté française de Belgique avec le Maire d'Hiroshima pour un désarmement nucléaire total. (Du 6 août 2004 au 28 février 2005)
Pierre Piérart

Premier bilan de la Campagne de Solidarité des Bourgmestres des Villes et Communes de la Communauté française de Belgique avec le Maire d'Hiroshima pour un désarmement nucléaire total.

Le chef de la mission de contrôle de l'Union Européenne au Kosovo dément toutes les affirmations de Carla Del Ponte
Compte rendu rédigé par Andy Wilcoxson

La Constitution et la Guerre
Diana Johnstone

Campagne « Mayors for Peace »
Pierre Piérart et Henri Firket

Traité constitutionnel européen : Un traité peut en cacher un autre

Soixantième anniversaire de la tragédie de Hiroshima et de Nagasaki (I)
Pierre Piérart

« Si demain, il faut à nouveau manifester pour la paix, j’irai à nouveau. Dans quel état reviendrai-je ? »
Michel Collon

« La future défense européenne est un livre ouvert pour les États-Unis »
Entretien avec le Général Henri Paris, président de la Fédération des officiers de réserve républica

Il y a 60 ans : la tragédie de Hiroshima et Nagasaki se précisait malgré l’écroulement de l’Allemagne nazie. (1e partie)
Pierre Piérart.

Il y a 60 ans : la tragédie de Hiroshima et Nagasaki (2e partie)
Pierre Piérart

Il y a 60 ans : la tragédie de Hiroshima et Nagasaki (3e partie)
Pierre Piérart

Il y a 60 ans : la tragédie de Hiroshima et Nagasaki (4e partie)
Pierre Piérart

Pianosa, le mystère du bateau de l’OTAN
Gianvito Lo Vecchio

Soixantième anniversaire de la tragédie de Hiroshima et de Nagasaki (5e partie)
Pierre Piérart

Il y a 60 ans ….. Hiroshima, après Alamogordo qui préparait Nagasaki.
Pierre Piérart

D'Hiroshima à Bagdad
Joëlle Penochet

Pourquoi le bombardement de Nagasaki ?
Pierre Piérart

Milosevic à La Haye : plus c'est intéressant, moins on en parle
Diana Johnstone

Soixantième anniversaire de la tragédie de Hiroshima et de Nagasaki (6e partie).
Pierre Piérart

Un témoignage accablant pour l'accusation
D'après les comptes rendus de Andy WILCOXSON

Armes nucléaires : une parodie politique se transforme en poursuites judiciaires.

Karel De Gucht démis de ses fonctions : Déclaration publiée par le comité intérimaire le 24 novembre 2005

Intervention sur la « perception de l'OTAN par la société civile »
Arnaud Ghys, CNAPD

L'Afghanistan et son «processus démocratique»
Latif Pedram

Guerre nucléaire contre l'Iran
Michel Chossudovsky

Une nouvelle OTAN pour un nouvel ordre mondial ?
Hans Lammerant et Fabien Rondal

Bientôt la prison pour la dénonciatrice du premier crime de guerre en Yougoslavie ?
Georges Berghezan

Deux minutes, une vie
Michel Collon

Le grand jeu des bases militaires en terre européenne
Manlio Dinucci

Déclaration de l’assemblée des mouvements sociaux – 4e Forum social européen

La désinformation en ex-Yougoslavie et au Kosovo
Jean Toschi

Kosovo : une nécessaire décentralisation
Frédéric Saillot

Europarlement • Aide au pacifisme condamnée
Pol De Vos

Feodossia: partenariat et politicaillerie
Viktor Litovkine, commentateur militaire de RIA Novosti

A propos de la réunion des parlementaires en commission sur les prochains sommets de l'OTAN (réunion du 6 juin 2006).
Claudine Pôlet

Mordechaï Vanunu condamné pour avoir pris la parole

Massacres discrets dans l'Afghanistan libéré
Roland Marounek

Interventions militaire et humanitaire?
Ludo De Brabander et Georges Spriet (Vrede), Pol De Vos (StopUSA)

Pétition: Pas de F-16 belges en Afghanistan!

Le Kosovo : une colonie de l’Otan dans le Nouvel Ordre Mondial
Diana Johnstone

Le Canada dans la guerre d’occupation en Afghanistan
Collectif Échec à la guerre

La Belgique dans la guerre en Afghanistan : L'opération de désinformation des ministres De Crem - De Gucht
Roland Marounek

Pourquoi les arguments de De Gucht et De Crem ne tiennent pas la route
Vrede, Intal, UCOS...

Commémoration du 63e anniversaire des bombardements nucléaires sur Hiroshima et Nagasaki : Message de Marcel Poznanski pour le CSO
Marcel Poznanski

Commémoration du 63e anniversaire des bombardements nucléaires sur Hiroshima et Nagasaki : Message de Roland Marounek pour StopUSA
Roland Marounek

Commémoration du 63e anniversaire des bombardements nucléaires sur Hiroshima et Nagasaki : Message de Pierre Merveilleux pour Europe for Peace
Gilles Desmet, Parti Humaniste

De Munich au Kosovo
John Laughland

Les roses fanées de la révolution géorgienne
John Laughland

Non au bouclier antimissile !
Patrice Salzenstein

Des Tchèques mobilisés contre le bouclier antimissile U.S.
Patrice Salzenstein

9 Questions sur la Déclaration de Coopération entre les secrétariats de l'ONU et de l'OTAN
Transnational Foundation for Peace and Future Research

L’accord secret entre l’ONU et l’OTAN ne répond pas aux objectifs de la communauté internationale
Karl Müller

L'accord entre les Secrétariats de l'ONU et de l'Otan viole la Charte des Nations Unies
Alfred de Zayas, fonctionnaire de l’ONU à la retraite

Israël a bien utilisé dans la bande de Gaza des armes à Uranium Appauvri

Course au réarmement : au premier rang USA et OTAN
Manlio Dinucci (Il Manifesto)

L’Otan, gardien militaire de la sécurité d’approvisionnement énergétique des pays membres

Le cercle vicieux otanien de la violence
Diana Johnstone

La criminalisation du mouvement de la paix à Strasbourg est inacceptable
Pieter Terlinck

A Strasbourg des dizaines de milliers de citoyens du monde ont osé dire leur opposition à l'Otan
Claudine Pôlet

Une grande mobilisation le 4 avril pour dire « NON à la Guerre, NON à l’OTAN » dans un contexte de répression policière et de tension.
Collectif anti Otan de Strasbourg

Pour un bilan nuancé du Contre-Sommet de Strasbourg
Roland Marounek

Mais que fait donc la Bundeswehr dans l'Hindoukouch ?
Jürgen Rose

Franz Weber : Pour un tribunal de la conscience humaine

L’Iran, la Corée du Nord… et les autres.
Henri Firket

Trafics d’organes : Vers la fin de l’impunité au Kosovo ?
Georges Berghezan

Orwell, l’OTAN et la guerre contre la Libye
Domenico Losurdo

La Libye : Est-ce qu'on nous refait le coup du Kosovo ?
Diana Johnstone

« Femmes pour la Paix » et pas « Femmes pour la guerre »
Anne Morelli

Terrorisme nucléaire
Michel Wautelet

Sept points sur la Libye
Domenico Losurdo

L’OTAN dans sa guerre des menteurs et des lâches
Mohamed Bouhamidi

200 intellectuels Africains contre l'Otan

L’OTAN et la montée en puissance des médias sociaux
Roland Marounek

Dix ans de guerre de l'information en Afghanistan
IRIS - Institut de Relations Internationales et Stratégiques

Message du Président du Venezuela, Hugo Chávez Frías devant l'Assemblée Générale des Nations Unies.

La conclusion barbare d’une guerre colonialiste barbare.
Domenico Losurdo

Des guerres de l’opium aux guerres du pétrole
Domenico Losurdo

L'oppression de Kadhafi
Stephen Gowans

Manœuvres de guerre OTAN contre l'Iran
Manlio Dinucci

En Libye, la fin de 42 ans de...
Stephen Gowans

On voit les États-Unis partout...
Stephen Gowans

Syrie : Comment on transforme un homme en un être monstrueux
Mouna Alno-Nakhal

Que se passe-t-il en Syrie ?
Domenico Losurdo

Transcription de l'interview de Françoise Wallemacq de retour de Syrie

Lettre ouverte sur les plans de l'OTAN de défense antimissile et sur le risque accru d'une guerre nucléaire
David Krieger

Les disciples de Goebbels à l’œuvre contre la Syrie
Domenico Losurdo

Course à la guerre par procuration contre la Syrie
M. K. Bhadrakumar

Al-Qaeda’s Air Force
Stephen Gowans

Les USA gardent un oeil sur la Syrie, et tissent leur toile dans le Golfe
M K Bhadrakumar

Une intervention humanitaire en Syrie, il y a 150 ans
Pascal Herren, doctorant en droit à l

Fabrice à Waterloo : L’Occident humanitaire et la Syrie
Diana Johnstone

Un autre regard sur la Syrie
Bahar Kimyongür

Yougoslavie : Quand on prend l’avenir pour le passé - Raisons pour lire : Quand "Le Monde… Décryptage des conflits yougoslaves", de Fabrice Garniron
Diana Johnstone

1. Matins de Roses
Marie-Ange Patrizio

2. Matin de lumière

3. La volière de Mar Yakub
Marie-Ange Patrizio

4. « Les gens qui ont un livre »
Marie-Ange Patrizio

5. Les gardiens
Histoires du siège de Qâra, et de quelques unes de ses conséquences

Marie-Ange Patrizio

6. Damas des étoiles
Marie-Ange Patrizio

7. Damas à bâtons rompus
Marie-Ange Patrizio

8. Au coeur de la Syrie, Générosité
Marie-Ange Patrizio

Flotte USA avec 1.000 missiles en Méditerranée
Manlio Dinucci

L’Otan a déjà voté, avant nous
Manlio Dinucci

Paquet bombe nucléaire en provenance des USA
Manlio Dinucci

Israël, 200 armes nucléaires pointées sur l’Iran
Manlio Dinucci

Pour l’Italie, nouveau gouvernement, même “allié privilégié”
Manlio Dinucci

“Souveraineté” vis à vis de Bruxelles, pas de Washington
Manlio Dinucci

Derrière la parade du 2 juin
Manlio Dinucci

Néocolonialisme et “crise des migrants”
Manlio Dinucci

Circuit de mort dans la “Méditerranée élargie”
Manlio Dinucci

L’Otan expansible et toujours plus coûteuse s’élargit sur l’Europe
Manlio Dinucci

Articles de la Charte des Nations Unies et du Traité de l'OTAN violés par l'agression contre la Yougoslavie

Annexe B des Accords de Rambouillet

Accords secrets de 1971 entre la Belgique et les USA

Réunion du Comité des plans de défense et du groupe des plans nucléaires, Bruxelles le 12 juin 2003 : Communiqué final

Extension de la zone d'intervention OTAN : Communiqué de l'OTAN

Allocution prononcée par M. Jaap de Hoop Scheffer devant la Commission parlementaire pour les Affaires étrangères
Jaap de Hoop Scheffer

Jaap de Hoop Scheffer : « Un nouvel OTAN est nécessaire »

La force de réaction de l'OTAN : Au centre de la transformation de l'OTAN

Note sur le traité secret conclu entre la Belgique et les Etats-Unis en 1971

Réunion ministérielle du Conseil de l'Atlantique Nord de Madrid - Communiqué final

Discussions à la Chambre belge sur le projet de loi portant assentiment à l'adhésion des nouveaux membres à l'OTAN

Declaration du sommet de Prague sur l'Irak

Traité de Maastricht : Dispositions concernant une politique étrangère et de sécurité commune

Projet de Constitution Européenne et OTAN

Exerpt from IVth Report by the Ombudsperson Institution in Kosovo:The inadequacy of human rights protection mechanisms
Marek Nowicki

Excerpt from IVth Report by the Ombudsperson Institution in Kosovo: The situation of non-Albanian communities in Kosovo

Statut juridique de l'aéroport de Chièvres.
Demande d'explications au Ministre de la Défense

Rôle de la base aérienne de Florennes dans l'OTAN

Votes à l'ONU sur le Désarmement

Directive politique globale entérinée par les chefs d’État et de gouvernement de l’OTAN lors du sommet de Riga

Demande d'explications de M. Josy Dubié au ministre de la Défense sur «l'accroissement de la présence militaire belge en Afghanistan»

Déclaration du Sommet de Bucarest

Non-prolifération, contrôle des armements et désarmement
Note de Karel De Gucht

Ministère de la défense belge : Note d’Orientation Politique
Pieter De Crem

Déclaration commune sur la collaboration des Secrétariats des Nations Unies et de l’OTAN
Jaap de Hoop Scheffer - Ban Ki-Moon

Adresse de Tzipi Livni au Symposium OTAN-Israël, Herzliya

Discours à l'Assemblée générale des Nations unies: «Nous avons peur»
Paul-Henri Spaak

The Continuing Relevance of NATO’s Nuclear Deterrence Strategy in an Uncertain World
Guy B. Roberts, Deputy Assistant Secretary General for WMD Policy at NATO

Déclaration du Sommet de Strasbourg-Kehl

Extraits du Concept Stratégique de l'Alliance de 1999 sur les armes nucléaires

Opérations en zone urbaine en l’an 2020 - Synthèse

De la bonne coopération entre l'Otan et les ONG
Anders Fogh Rasmussen

Une Otan sans armes nucléaires
Lt Col. Michael J. Byrne, Com. Douglas L. Edson, Lt Col Andrea L. Hlosek

Traitement inhumain de personnes et trafic illicite d’organes humains au Kosovo
Commission des questions juridiques et des droits de l’homme

Annexe au rapport de Dick Marty : Carte des centres de détention du nord de l’Albanie

CHAMBRE DES REPRÉSENTANTS DE BELGIQUE : Proposition de résolution concernant la situation en Libye

Mémorandum de la CNAPD dans le cadre du sommet de l’OTAN à Varsovie

Contribution du Comité Surveillance OTAN au Forum Social Européen

Bertrand Russell Peace Foundation, Conférence de Bruxelles les 26 et 27 juin 2003

Après Madrid, Bruxelles ?

Soutien à la Conférence de Paris sur l'Irak du CSO

Commémoration du 59e anniversaire de la tragédie d'Hiroshima et Nagasaki : Communiqué

Bush Not Welcome

Lever toutes les restrictions à la liberté de Mordechai Vanunu

Contribution du CSO à la Conférence sur les bases militaires dans le monde

LAS BASES MILITARES : UN ASPECTO DE LA ESTRATEGIA GLOBAL DE LA OTAN

Militar bases: An aspect of the NATO strategy

Lettre de protestation du CSO au Ministre des Affaires Étrangères face aux poursuites judiciaires d'un militant de Bombspotting

Message pour la commémoration du 61e anniversaire du lancement de la bombe atomique nord américaine sur Hiroshima et Nagasaki

Mise au point concernant l’essai nucléaire nord-coréen du 8.10.2006

Pourquoi tant de discrétion des négociateurs pour un futur gouvernement sur la politique extérieure et de défense de la Belgique ?

Lettre à l'ambassade de la Répblique tchèque en soutien à la manifestation contre les bases US

Pour un retrait immediat et inconditionnel des troupes belges d’Afghanistan !

L’Otan en Géorgie... sans attendre la Géorgie dans l’Otan ?

Dénonçons la complicité de l’Otan avec Israël !

SORTIR D'AFGHANISTAN MAINTENANT !

Décès de Pierre Piérart

Réponse au communiqué de la CNAPD annonçant son retrait de la conférence sur l’Iran
Comité Surveillance Otan

UN NON SANS EQUIVOQUE A TOUTE INTERVENTION DE L’OTAN EN LIBYE !

Libye, Iraq, Afghanistan : non à la guerre !
Non à toute participation belge !

La Belgique est entrée en guerre contre la Libye ! Stoppons l’escalade !

Non à la reconnaissance du Conseil national de Transition Libyen
Pour le retrait immédiat et inconditionnel de toutes les forces militaires belges engagées en Libye

Ne laissons pas l’Otan nous entraîner dans une nouvelle guerre froide !

L'OTAN a besoin de l'Irak !
Tom Lantos

Thomas Fiedman : plaidoyer que l'Irak, l'Egypte et Israël deviennent membres de l'OTAN...
Thomas L. Friedman

Garder un œuil sur l'ours russe
William Safire

Poutine : L'OTAN n'est plus une organisation hostile...

Aznar : « L'OTAN devrait être en train de bombarder le Liban »

Contenir l'Iran : Accueillir Israël dans l'OTAN
Ronald D. Asmus

CONTRE-SOMMET DE L'OTAN: RESISTANBUL 2004

D'anciens officiers de l'armée grèque parlent

Initiative against the NATO summit in Istanbul
Committees Against Occupation

Initiative contre le sommet de l'OTAN à Istanbul
Comités Contre l'Occupati

Appel de Resistanbul 2004

Des dizaines de milliers de signatures contre l'OTAN envoyées à Ankara
Comités Contre l'Occupation

Contribution à la conférence Anti-Otan d'Istanbul
Roland Marounek

Commémoration du 59e anniversaire de la tragédie d'Hiroshima et Nagasaki - Communiqué

Appel pour le Kosovo

Intervention à l'ONU du Maire d’Hiroshima lors de la Conférence sur la révision du TNP

Déclaration

Forum Social Européen de Londres : Appel de l'Assemblée des mouvements sociaux

Declaration

IRAK : CONTRE L'ESCALADE
Jean Bricmont

Rapport d'enquête sur la population rom au Kosovo et Metohija suite aux événements survenus du 17 au 21 mars 2004
URYD - Union des Roms exilés d’Ex-Yougoslavie en Diaspora

Projet de création a Kosovska-Mitrovica d’un bureau et d’un organisme de défense des droits des Roms
URYD - Union des Roms exilés d’Ex-Yougoslavie en Diaspora

APPEL À L'ACTION de l'ASSEMBLÉE CONTRE LA GUERRE
Forum social mondial 2005, Porto Alegre, Brésil

Plate-forme pour les actions de protestation contre la venue de Bush en Belgique

Le maire d’Hiroshima appelle à participer à la marche pour abolir les armes nucléaires
For Mother Earth

International Conference against Foreign Military Bases
FINAL DECLARATION

Conférence internationale contre les bases militaires étrangères
Déclaration finale

Report on the International Conference against Foreign Military Bases

Non à la guerre contre l'Iran
Prise de position de la plate-forme anti-guerre

Appel pour éviter une guerre nucléaire en Iran

Appel de la Plateforme anti-guerre

Paix au Moyen Orient: maintenant!
Texte de plateforme des mouvements pour la paix

Appel de Stuttgart

Forum Social Européen de Malmö : Appel à rejoindre la mobilisation contre l’Otan d’avril 2009

Appel de la World Afghan Professional Organization contre la guerre en Afghanistan

Des organisations de paix réagissent à l'expansion de la mission belge en Afghanistan
Vrede, Intal, CNAPD, CSO et MIR-IRG.

Déclaration du Comité International Non à la Guerre - Non à l'Otan

Évaluation des actions par le Comité International de Coordination
Arielle Denis et Reiner Braun

Contre-Sommet de Strasbourg du 2 au 5 avril 2009. - Évaluation des participants de Belgique

Déclaration du Conseil mondial de la paix et du Conseil portugais pour la paix et la coopération en vue du sommet de l'OTAN de Lisbonne
World Peace Concil

Communiqué de presse : « Freeze for peace in Afghanistan »
La Plate-forme Afghanistan

Communiqué de la CNAPD à propos de l’invitation à la conférence – table-ronde de ce vendredi 17 décembre « L’Iran dans la visière de l’Ouest ».

Carte Blanche : La menace nucléaire, d'Hiroshima à … Tihange

Appel à la résistance et à la protestation contre Petersberg II
No To Nato

Appel
Pas de nouvelle guerre au Moyen Orient

Commémoration du 67ème anniversaire de la Tragédie de Hiroshima et de Nagasaki

Lettre ouverte à l'occasion de l'intervention de Jamie Shea au Festival des Libertés

Camp de Pozega : «Nous n'avons besoin de rien, seulement de la liberté»

Leposavic : Visite aux réfugiés roms

Tentative d'intimidation ?

Les États-Unis et le crime organisé

A la rencontre des Croates et des Roms

La KFOR nous photographie et nous empeche de photographier

Ceux d'en haut

Prizren dévastée

Le plus sinistre ghetto du Kosovo

Entretien avec Gušani Skender, Leposavic

Entretien avec Oliver Ivanovic, Mitrovica

Entretien avec Sava Janjic, Visoki Decani

Entretien avec Marek Nowicki, Pristina

Entretien avec Momcilo Trajkovic, Caglavica

Aveux tardifs

Le calvaire des Roms au Kosovo
Marie-Pierre Lahaye

Invisibles et indésirables : les nouveaux réfugiés du Kosovo
Georges Berghezan

Faillite de l'ONU et de l'OTAN au Kosovo
Philippe Scheller

Kosovo, essai en plein champ de l'impérialisme guerrier
Manuel Grandjean

Notre film annonçait ce drame, pourquoi n’avons-nous pas été entendus?
Interview de Vanessa Stojilkovic

Rompre 5 ans de silence
Philippe Scheller

Nettoyage ethnique au Kosovo : Un voyage pour rompre cinq ans de silence
Georges Berghezan

ROMS D’EX-YOUGOSLAVIE (KOSOVO ET METOHIA) :
PEUPLE EN DANGER !

Avec la drogue, les jeunes du Kosovo oublient leurs préjugés ethniques
Tanja Matic et Tanja-Marija Vujisic

66e Commémoration du massacre de Hiroshima : Message de la COLUPA
Présenté par Pierre Debbaut

66e Commémoration du massacre de Hiroshima : Intervention de Sortir du Nucléaire
Louis Verheyden

66e Commémoration du massacre de Hiroshima : Inetrvention du Mouvement Chrétien pour la Paix
Carla Goffi

66e Commémoration du massacre de Hiroshima : Message du CSO
Marcel Poznanski


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8. Au coeur de la Syrie, Générosité

Cinq jours à Damas nous ont laissé du temps pour flâner dans la vieille ville, guidées par des amies ou sans parcours déterminé, chacune selon sa curiosité.

 Mardi matin, Marie nous emmène vers la mosquée des Omeyyades. C’est bien d’y arriver à pied par ces ruelles tranquilles. Au fur et à mesure qu’on approche du centre historique, nous apercevons des vestiges monumentaux intégrés dans l’habitat ordinaire. Dans ces rues l’architecture antique est dans la vie quotidienne, offerte aux passants. Parmi lesquels nous croisons des jeunes parents avec leurs nouveaux-nés, souvent portés par les pères, les jeunes femmes marchent à côté d’eux, je demande l’âge, je montre la photo de mon petit-fils à peine né : on échange -avec ou sans traduction- les compliments et les voeux. Dans la Syrie martyre il y a des jeunes couples qui restent dans leur pays, font des enfants et sont heureux de les montrer aux visiteurs étrangers. L’un des petits bébés (quatre mois) présentés s’appelle Générosité.

   Aux abords de la mosquée, on trouve les inévitables marchands du temple. J’achète quelques porte-clés et pins (drapeau syrien), légers, et je ne résiste pas à un mug inimaginable dans nos démocraties où le culte de la personnalité se serait écroulé (avec le taux de popularité de leurs gouvernants) : d’un côté Bachar el-Assad sur fond de drapeau russe, et de l’autre Vladimir Poutine sur fond de drapeau syrien. Pas cher, même pour les touristes. Je retourne le mug : Made in China. Parfait : l’axe de la résistance tire profit de l’embargo occidental. Il manque Nasrallah et Khomeiny mais c’est un autre genre.

  Sur le chemin, des collégiens assis par terre devant une boutique nous entendent parler et nous interpellent en rigolant avec quelques mots en français. On plaisante alors moi aussi je sors les miens en arabe : «Allah, Souria, Bashar ou bess ?», et même : «Allah, Souria, Bashar… Poutine ou bess !» : photo.

image1
Slogan patriotique mis à jour après le 30 septembre… Photo D. de France.

 On débouche devant la grande mosquée. On prend les djellabas -en laissant nos passeports- dans la salle à côté de la porte monumentale, on se déchausse, sacs ouverts aux gardiens, et on entre dans la splendide cour. Dans la salle de la mosquée je vois qu’un autre petit bébé -5 jours- croisé sur le chemin est arrivé lui aussi aux Omeyyades.

 Des petits enfants font la course dans l’immense salle, derrière les rangs des femmes en prière. Les tapis se prêtent aussi aux cabrioles, il faudrait être très intégriste et très fanatique pour résister. Personne n’intervient, les enfants ne sont pas bruyants. Nous nous sommes assises par terre, contre les colonnades qui entourent les petites chapelles latérales, comme et avec d’autres femmes qui se reposent, bavardent discrètement. Devant nous, les femmes qui prient sont parfaitement alignées, se prosternant à certains moments : l’unité des gestes est quasiment chorégraphique, soulignée par l’uniformité des foulards. Derrière les orantes les pèlerins (femmes et jeunes enfants seulement dans cette partie de la salle) ou des visiteurs déambulent nonchalamment vers le petit mausolée de Jean-Baptiste. Peut-être que certains viennent de loin.

  Mercredi, j’ai écrit le soir : « Canon toute la journée, sur Ghouta et Jobar nous dit-on. C’est le premier jour de l’Hégire, moins de monde dans les rues, pas d’enfants sur les trajets de l’école », mais les commerces sont ouverts. Nous sommes restées longtemps chez un mosaïste : ici on appelle mosaïque la marqueterie de bois, et notre mosaïque s’appelle foussayfoussa. Le mosaïste (de bois) nous montre ses outils et ses matériaux, explique les techniques, les différences entre les boîtes traditionnelles, aspect mat, et celles adaptées au goût occidental, vernies : ça brille… Le prix des objets (entassés, qui occupent tout l’espace jusqu’au plafond du minuscule atelier) est dérisoire. Il vend peu depuis quatre années, mais il veut rester en Syrie ; d’autres membres de sa famille ou confrères sont partis, le plus souvent, comme pour les professions libérales, dans les pays du Golfe : bonne affaire, cette guerre, pour ces pays,  y compris du point de vue artisanal, technique.

« L’artisan au travail n’a pas à se lever devant le plus grand docteur »[1]. Les artisans qui restent malgré toutes les destructions et menaces sont aussi les gardiens de la société syrienne.

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image3Atelier de mosaïque, Bab Touma. Photo m-a patrizio

Nous avons rendez-vous en fin d’après-midi avec Nadia Khost, écrivain et historienne, et Rania Massarani, sculpteur et peintre, fille de Nadia et du physicien Bassam Massarani.

E-mail le soir : « Le jeune taxi qui nous a véhiculées pour une visite à l’autre bout de la ville dans l’après-midi (environ une demie heure de course, 1000 LS, à peu près 3 euros) est un appelé qui travaille pendant sa permission pour améliorer son « ordinaire » -disons, spartiate- à l’armée ; il revient de Zabadani et va partir pour Idlib[2]. Voiture en très mauvais état, lui en très bonne forme, malgré 5 blessures au combat. Plein d’énergie ; il nous parle de la situation, de l’agression contre la Syrie ».

Pour le jeune taxi-conscrit, première semaine entière de permission depuis le début de la crise : une seule semaine complète de vacances, pas en quatre années de travail, en quatre années de combat, de guérilla contre un ennemi mieux armé, bien nourri et bien payé. Il travaille pendant ses congés. Il n’a pas déserté, pas émigré. Zabadani est à côté de Madaya[3] -à quelques kilomètres de la frontière libanaise- dont on nous a beaucoup parlé récemment (et tourné la page ensuite). Zabadani a été libérée par l’Armée arabe et le Hezbollah peu de temps après notre départ. Quelques centaines de «rebelles» de Zabadani ont trahi les accords avec le gouvernement syrien, et réussi à s’enfuir à Madaya où donc des appelés comme notre jeune chauffeur, maintenant, « affament la population », « empêchent les civils de sortir de la ville » et autres horreurs dont nos gouvernants nous reparleront à chaque période de négociations internationales, pour se donner un peu de consistance.

Question : puisque, selon nos médias et leurs sponsors, le « régime » n’hésite pas à sacrifier toute une population civile, et que, nous dit-on, son aviation bombarde davantage les civils que les terroristes, quel intérêt  –je parle du rapport qualité-prix (y compris risques de désertion des conscrits eux aussi assez mal nourris et postés si près de la frontière)- ce régime aurait-il à faire un siège de plusieurs mois plutôt qu’un bombardement ?

J’avais lu, depuis janvier 2012 grâce à son autre fille Yara habitant à Paris, des textes[4] de Nadia Khost. Ce voyage va nous donner l’occasion de la rencontrer et du même coup de casser l’embargo postal (illégal) de nos démocraties contre le peuple syrien : nous allons ramener en France des écharpes et bonnets tricotés pour ses petites-filles. Contribution agréable au trafic postal, tout cela étant très léger, à tous points de vue.

  Donc pas de salamaleks en arrivant, nous sommes vite dans des échanges à la fois sérieux et chaleureux. Le knafeh bjbneh (gâteau traditionnel) et sirop de rose que nous sert Rania vont produire quelques lacunes dans mes notes. Je le souligne car l’hospitalité syrienne est centrale dans ce séjour : aspect de la vie politique, au sens le plus propre, de ce pays. Il faudrait plus d’espace qu’un récit diffusé par Internet pour consacrer à chacune de ces précieuses choses la place qu’elles méritent. Continuer à faire de la cuisine et de la pâtisserie -et du tricot - avec les produits qui restent abordables, malgré les restrictions générales, fait partie de la résistance quotidienne contre l’agression en cours.

  Dans la pièce, on aperçoit aussi des peintures et sculptures de Rania : elle nous les montrera après notre entretien, qui est en français. Nadia Khost a vécu plusieurs années à Paris où son mari a fait un doctorat d’Etat en physique, après Moscou où ils se sont rencontrés. Ils sont rentrés ensuite travailler dans et pour leur pays.

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Nadia Khost, 14 octobre 2015, photo D. de France
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NK : « Pendant 5 ans les terroristes ont fait des bases souterraines et les avions syriens ne peuvent pas arriver à détruire ces terroristes. Bases à 15-20 mètres sous terre. Des amis nous ont dit : un jour ils ont creusé plus de 200 mètres de tunnels, en plusieurs étapes, trois lignes de tunnels…

  Si vous suivez la guerre depuis le début vous remarquerez à la télévision que les soldats syriens allaient dans une tenue tout à fait ordinaire à une guerre qui est très difficile, contre des terroristes, et bien préparée par les forces internationales.

 Nous voyions ça et nous avions pitié pour eux. Nous n’étions pas préparés pour une telle guerre. Tous les jours les Syriens avaient des funérailles de soldats, d’officiers syriens qui avaient été tués. Ça a duré 3-4 mois. C’était très triste ici, pour nous. Mais après ça l’armée a compris qu’il fallait utiliser d’autres méthodes de guerre, d’une guerre pour laquelle ils n’étaient pas préparés : le combat de rue.

   Je crois que c’est en ce point que les Iraniens et les amis de la Syrie (Russes) ont aidé les Syriens. On a commencé après ça à voir des gilets pare-balles, alors que les terroristes en avaient toujours eus, eux ; on a commencé à équiper les soldats syriens, par exemple à donner des casques aux soldats. Et Hezbollah a aidé aussi de cette façon parce qu’ils ont, eux, l’expérience de la guérilla.

  Mais après, vous savez, les Syriens ont toujours cherché les solutions pacifiques. C’est pour cela qu’il y a eu plusieurs amnisties par le Président et vous remarquerez que tous ceux qui ensuite ont été les leaders des gangs terroristes sont des gens qui avaient été libérés, ils sortaient de prisons à cause de cela : à cause de cette volonté d’amnistier pour rassembler. Al Jolani, d’Al Nosra a été libéré comme ça.

  Le gouvernement syrien a toujours essayé de ramener les insurgés syriens, jusqu’à maintenant encore. Je crois que les Syriens ont été intelligents dans ce domaine pour gagner le peuple.

  Jusqu’au 5ème mois de guerre, tous les Syriens n’ont pas compris ce qui se passait. Il y avait toujours une montagne de revendications légitimes du peuple, on voulait vraiment un changement ; on était vraiment contre la corruption. C’était clair pour le peuple.

 Après le 5ème mois, j’ai vu une manifestation sortir de la mosquée des Omeyyades mais ce n’était pas des religieux. Alors, al Boutî[5] a pris sa décision : les Omeyyades c’est le centre politique de la Syrie ; il a pris une décision après le 5ème mois. Al Boutî représentait les sunnites syriens, l’Islam du pays de Cham (du Levant), mais aussi celui qui embrasse toutes les religions (même chiites, orthodoxes, catholiques etc.), l’Islam Chami, du pays de Cham.

  A partir de ce moment-là, tous les vendredis, Al Boutî parlait du fait que l’Islam est contre la division, et contre le fait de tuer les autres. Il parlait tous les jours aux gens. Et il a été tué [avec 49 personnes, dans un attentat suicide le 21 mars 2013 [6]] ; on peut voir sa photo dans les rues, elle est encore exposée depuis sa mort [en effet, nous avons compris ensuite qui était cet imam qu’on voyait souvent sur les affiches, généralement avec celles de Bachar al-Assad, et d’autres parfois]. La manifestation qui partait des Omeyyades  était en faveur de l’Etat.

  Al Boutî prêchait le vendredi aux Omayyades et les autres jours il priait dans les autres  mosquées de Damas, jusqu’au 21 mars 2013, où il a été tué[6].

   Des observateurs ont été envoyés par la Ligue Arabe [du 22 décembre 2011 au 18 janvier 2012] : ces envoyés avaient été choisis par la Ligue Arabe, tous sauf un. Ces gens étaient touchés par la vérité de ce qu’ils voyaient. Le chef de la mission était le général Ahmed Mustafa al-Dabi [soudanais]. J’ai lu le rapport de ces observateurs ; il était très bon, ce rapport. Et c’est pour cette raison que cette commission a été retirée par la Ligue Arabe. Le général Dabi avait assisté à la prière du vendredi, quand Boutî parlait. L’émir du Qatar a alors envoyé un chèque en blanc à cet homme pour l’acheter, pour qu’il modifie le rapport de la commission, en lui disant : « chaque homme connaît sa propre valeur, alors à vous de mettre la somme que vous voulez ». Al Dabi a renvoyé le chèque à l’émir en lui répondant que ce qu’il lui demandait c’était censurer la vérité. Et la Ligue Arabe a retiré la commission[7].

  Un autre membre de la commission était un général tunisien, il a déclaré tout ce qu’il avait vu et a fait ensuite un site pour soutenir la Syrie : c’est Ahmed Manai[8].

   Mais nous n’avions pas la force militaire nécessaire pour combattre les terroristes. Et jusqu’à maintenant l’armée est limitée par le nombre des soldats syriens qu’elle a. Ce sont des conscrits et leur nombre est limité alors que les terroristes ont des milliards à leur disposition pour les mercenaires.

  Une autre étape de la guerre s’est déroulée quand les groupes terroristes ont commencé à viser les structures économiques. Jusqu’à la deuxième année de guerre, nous n’avions pas tellement de difficultés du point de vue économique. Ensuite, ils ont tout ravagé, y compris les voies ferrées, les lignes d’autobus etc. Et ils ont fait des guets-apens pour tuer les travailleurs qui allaient à leur travail, les paysans qui allaient sur leurs terres.

 A la fin de la première année de guerre, des milliers de Syriens sont descendus dans la rue à Alep, à Damas [j’ai assisté à une manifestation de plus d’un million de personnes à Damas le dimanche 13 novembre 2011[9]]. Mais après on a arrêté de faire des manifestations. A la Place Saba Bahrat (Sept lacs), la manifestation était quotidienne : il y avait des chrétiens, des religieux en habit sacerdotal, des musulmans aussi, des enfants et surtout des femmes qui n’étaient pas politisées avant. C’était très important. Mais les terroristes sont venus repérer les enfants dans la manifestation, ils les ont filmés, et ensuite enlevés et tués. C’est pour ça qu’on a arrêté les manifestations.

  Et c’est pour ça que Bachar el-Assad a répété plusieurs fois que c’est seulement le peuple syrien qui a sauvé la Syrie.

   Le président el-Assad, au début de la guerre, n’était pas comme maintenant [beaucoup de gens disent ça en Syrie]. Je dis toujours qu’il y a beaucoup de politiciens qui n’ont pas compris les leçons de la guerre. Le peuple syrien, lui, est plus avancé que les politiciens syriens. Il y a actuellement quatre grands hommes politiques dans le monde : Nasrallah, Khamenei, Assad et Poutine.

Avant la guerre j’ai travaillé pour la sauvegarde des sites architecturaux de Damas avec les femmes écrivains, pour la protection des quartiers traditionnels. J’ai écrit 5 romans à caractère historique sur l’histoire de Damas. Sur l’occupation sioniste jusqu’à maintenant.

  Mais après le début de cette guerre, j’ai écrit sur la guerre et j’ai diffusé autant que j’ai pu ; pour nous c’est très important. Les médias et sites progressistes ont publié.

Qu’est-ce qu’on a découvert avec cette guerre ?

Que les femmes syriennes étaient très libres avant la guerre : nous pouvions aller et venir même après minuit en sécurité. Par exemple, moi je conduisais ma voiture de Damas à Kassab à côté de la frontière turco-arménienne. Mes paroles ont été reprises par celles qui travaillent dans des hôpitaux, dans des usines, partout. A cause de la guerre nous avons perdu la sécurité.

Bachar el-Jaafari [représentant de la Syrie à l’ONU] a dit que la Syrie avant guerre était le 3ème pays au monde pour la sécurité.

1) Maintenant si vous faites un tour à Mazzé, vous êtes en pleine sécurité, oui, mais vous pouvez remarquer que les fenêtres, qui avant étaient sans barreaux, maintenant ont des barreaux, des clés.

2) que les Syriens sont colorés, de toutes les religions et origines : c’est merveilleux. C’est le fait de toutes les civilisations qui sont passées par la Syrie. Toutes ces composantes du pays syrien vivaient en harmonie.

3) nous avons découvert combien notre pays est riche de patrimoine, de civilisations.

4) nous qui étions contre la corruption, nous avons découvert que les fondements économiques et sanitaires, et culturels étaient merveilleux en Syrie. Nous avions des usines, des industries qui exportaient dans de nombreux pays arabes ; et des produits de la terre, fruits légumes -beaucoup de légumes- très bon marché, qui étaient exportés. Nos produits étaient les moins chers des pays arabes. Les Jordaniens avaient l’habitude de venir ici -les Libanais aussi- pour acheter la viande qui était bon marché. Malheureusement tout est détruit.

  Le président de la Chambre des industries a dit qu’à Alep, 10 000 usines avaient été transportées en Turquie. 40 000 ont été pillées par les groupes armés. Conclusion : la guerre n’était pas pour démocratiser la Syrie, mais pour la voler ».

Rafqa : la guerre nous a révélé la démocratie de la Syrie à nous les Syriens.

Au moment où je reprends ces notes pour rédiger ce texte Rafqa me dit « non c’est autre chose qu’il faut dire : la guerre nous a révélé la liberté que nous avons en Syrie ».

NK : « en surface, à l’extérieur, il y avait un peu de corruption mais pas dedans, pas à l’intérieur. Dans le coeur des Syriens c’est profond, c’est tendre. La Syrie est un pays d’amour. Parce que nous ne sommes pas une société individualiste ; on ne peut pas s’isoler en Syrie : il y a toujours quelqu’un qui s’inquiète pour vous…

La guerre des grandes puissances contre la Syrie a aidé la Russie à être une fois de plus une grande force internationale. La Syrie est le carrefour maintenant, entre un monde qui est unipolaire et un monde multipolaire. C’est pour cela que nous ne pouvons pas permettre que la Syrie soit battue, vaincue. Les simples Syriens savent cette vérité plus que les politiciens syriens.

Les victimes dans l’Armée : pas moins de 200 000. Il y a des familles qui ont perdu plusieurs fils.

A Jobar : il y a des centaines de souterrains, avec des routes souterraines pour les camions des terroristes : c’est le Hamas qui leur a appris à faire des souterrains, ils l’avaient appris eux-mêmes du Hezbollah et après ils ont appris eux-mêmes aux terroristes à les faire.

  La Syrie a été menacée par les Américains pour qu’elle chasse le Hamas [K. Mechaal a été logé, nourri, protégé, lui et toute sa famille, par l’Etat syrien pendant toutes les années où il est resté à Damas : maintenant il vit au Qatar]. Qu’est-ce qu’ils font maintenant dans les camps des Palestiniens ? Ils les font partir en Allemagne. Où est maintenant le droit au retour des Palestiniens ? Les terroristes sont les agents des Israéliens, qu’ils le sachent ou non.

m-a : Yarmouk ?

C’est au sud de Damas, dans la banlieue.

Un chef religieux [palestinien], Raed Salah[10], a dit : « il faut d’abord libérer la Syrie du Baas avant de libérer la Palestine », il était contre Assad, il est allé voir  Erdogan[11].

C’est pour ça que nous disons : la guerre en Syrie n’a pas de semblable, elle est internationale. Et les autres aussi ont participé, les sionistes. On a trouvé des armes israéliennes à Ghouta [banlieue de Damas, fief terroriste]. Elles sont arrivées par les tunnels avec la complicité des traîtres.

m-a : vous avez participé à la rédaction de la Constitution ?

Non, j’ai participé à la rédaction de la loi sur les médias. La Constitution a été rédigée par des juristes et des politiques. L’essentiel dans la Constitution c’est d’avoir supprimé l’article 8[12] : sur le parti Baas comme parti leader qui doit nommer le Président. Maintenant c’est multipartite. Mais pour nous ça n’est pas facile de supprimer ça dans la vie quotidienne.

m-a : pourquoi ?

Parce que le Parti Baas et le Parti de l’union nationale sont les plus fortes institutions politiques dans la vie syrienne. Bien sûr il y a plusieurs nouveaux partis mais ils n’ont pas encore d’expérience, ils n’ont pas d’envergure. Ce sont surtout des femmes qui guident les nouveaux partis mais elles manquent d’expérience.

  Parce qu’un parti doit être dans la vie quotidienne, avoir des contacts avec les gens, alors qu’eux ils veulent participer aux chambres des représentants et c’est tout. Ils ne font pas de projets, ni sociaux ni écologiques. Ils parlent toujours de participer à la direction, mais pas à la vie sociale. C’est un problème.

  Au début de la guerre les gens qui ont fait leurs études en URSS, nous nous sommes rassemblés au Centre culturel russe : on était environ 400. Il y avait l’ambassadeur russe et aussi un dirigeant de la direction régionale du Baas. On  a parlé franchement des causes de la guerre, de la corruption etc. Ce dirigeant disait que malheureusement nous n’avions pas d’opposition forte, parce que ça nous aiderait.

  Kadri Jamil a formé le Parti du changement et il coopérait avec -et a formé- un Front pour le changement avec le parti PSNS. Très bon, il coopérait avec les baassistes ; il est à Moscou pour aider l’opposition à former une délégation.

m-a : et le Dr. Al Jaafari ? Il fait des interventions remarquables à l’ONU.

C’est une personnalité extraordinaire, et, oui, il a aussi un goût littéraire dans ses interventions[13], sa femme est Iranienne.

m-a : Et le ministre [des Affaires étrangères] Al Mouallem ?

Oui, lui aussi, et lui aussi choisit ses mots avec grand soin pour ses interventions. Il a dit à l’émir de Quatar qui voulait le retourner[14] « mais je suis le seul à ne pas être baassiste dans le gouvernement !».

m-a : et le Président Assad ?

Il est extraordinaire. C’est un esprit scientifique, si on arrive avec des choses objectives, des éléments précis, il sait écouter et changer d’avis. Il continue à apprendre, toujours, de cette agression, des batailles [ça aussi, c’est quelque chose que nous avons entendu plusieurs fois, de toutes sortes d’interlocuteur, en Syrie : « il apprend »].

m-a : Yara m’a dit que vous avez écrit récemment des pièces de théâtre ?

NK : Sur le takfirisme, avec une base documentaire[15]. C’est horrible cette idéologie takfiriste : à son fondement, il y a un égyptien Sayyed Qutb[16]. Pour eux, tous les musulmans ne sont pas des vrais croyants, alors on peut les tuer… »

Rania Massarani nous montre quelques unes de ses sculptures et des modelages : seulement des personnages, solitaires ou groupes, visages graves, tous.

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Rania Massarani ; modelage, reproduction interdite sans autorisation de l’auteur. Photo D. de France
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Contraste avec la légèreté de ses dessins et encres de Chine, croquis de détails de l’architecture damascène. Aucun personnage, des oiseaux au bord des fontaines, une antenne parabolique sur des ferronneries ouvragées, une ampoule électrique suspendue au milieu d’un patio, des chats qui veillent au bord d’élégantes gouttières. Traits d’insouciance qui gravent la résistance intime et tenace de la société syrienne menacée.

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Encre de Chine, Rania Massarani, reproduction interdite sans autorisation de l’auteur.

Rania nous montre aussi les décorations qu’elle fait sur des meubles bon marché, en adaptant la technique traditionnelle de l’ajami aux composants disponibles aujourd’hui. L’embargo et la guerre obligent les artisans et les artistes à l’ingéniosité technique.

NK : « Un conseil : il ne faut pas prendre un taxi au hasard quand vous êtes à Damas ».

Nous rentrons de Mazzé avec un taxi appelé par téléphone, beau 4X4 et ceintures de sécurité fonctionnelles ; dans le square qui longe une mosquée contemporaine, deux jeunes sortent leurs chiens, les seuls que j’ai vus à Damas. Quartier résidentiel.

 Nous franchissons plusieurs barrages pour aller jusqu’à Bab Touma, il y a du monde dans les rues vers le bas de la ville ; dans la voiture arrêtée à côté de nous à un barrage, un gosse est debout sur le siège arrière, la tête et les épaules émergeant imprudemment du toit ouvert : après avoir inspecté l’intérieur et le coffre, un soldat lui fait signe de rentrer dans la voiture et de s’asseoir.

Jeudi nous retrouverons Dora et d’autres amies dont des consoeurs psychologues cliniciennes qui continuent à travailler à Damas. Sur une porte en venant j’ai vu un nom : Bitar : « comme le ministre chilien, ancien détenu à Dawson ? »

Dora : «Il y a des chrétiens et des musulmans qui s’appellent Bitar, et quand des familles des deux religions portent le même nom ça veut dire que la famille musulmane était chrétienne mais a changé de religion pour ne pas payer la dîme que les conquérants musulmans prenaient de force aux non musulmans.

   Au temps des Ottomans il y a eu beaucoup d’émigration, notamment en Amérique du sud, en Argentine, au Chili ; et une grosse mortalité, dans des travaux très durs. En Amérique du Nord, il y avait aussi un autre type d’émigration, ils prenaient des colifichets et faisaient les trajets à pied, ils allaient dans l’Ohio, à Cincinnati. Ils mourraient souvent en route mais certains sont devenus très riches ». Anecdotes familiales sur les émigrants face aux fonctionnaires de police à Ellis Island. « Il y a même un genre littéraire, une poésie de l’émigration, Kalil Gibran fait partie de ces gens-là ».

[Et aujourd’hui ? Les récits de migrants doivent alimenter aussi les fantasmes des actuels candidats au départ. Nous avons rencontré dans un village de la Vallée des Chrétiens deux jeunes hommes qui veulent quitter leur pays, leur cousin est conscrit depuis 5 ans : l’un parce qu’il ne veut pas partir à l’armée, l’autre (exempté, soutien de famille) croit peut-être aux promesses -éphémères- que des gouvernants européens ont faites cet été. Pour le moment, visas refusés. J’ai remarqué que les Syriens (francophones) disent quitter, sans complément d’objet, plutôt que partir : on ne part pas, on quitte… ]

Bruit d’explosion, Dora sursaute mais dit c’est nous.

Elles parlent des obus « éléphants », fil, en arabe : « d’abord tout un feu d’artifice, on dit éléphant parce qu’on a l’impression qu’ils font un cercle avant d’exploser ! Les gens discernent les tirs amis des tirs ennemis, et quel genre d’obus on reçoit sur la tête.

A Jobar ils (terroristes) sont dessous, mais hier l’armée a fait sauter un tunnel. Même à Bab Touma ils ont des tunnels pleins d’armes. A Midane, on les a vus sortir des canalisations, il y  en a un qui a poursuivi L. mais elle a couru (elle est grande) et ils ont attrapé le type au barrage ».

L. nous raconte qu’un autre jour elle revenait chez elle, un obus a explosé juste à côté, elle a mis 1 heure et demie à pied pour arriver chez elle tellement elle tremblait, elle n’arrivait plus à marcher, un parcours qui ne prend d’habitude que 10 minutes, 2 autres obus ont explosé à côté d’elle.

m-a : il y a beaucoup d’enlèvements pour rançons ?

 « Au début il y en a eu beaucoup, des gens d’ici. C’était de l’argent facile. Il y avait des enfants qui avaient des adresses sur eux et disaient aux passants vous pouvez m’amener chez mes parents, je ne sais plus comment y aller ? Quand les gens arrivaient chez le gosse, les « parents » les kidnappaient. Les terroristes prenaient les gens en otage soit pour une rançon soit pour creuser des tunnels, beaucoup sont morts ou ont disparu».

  En fin d’après-midi, le taxi que nous prenons pour rentrer vers Bab Touma fait un long détour, nous dit Rafqa : dans la voiture, on assiste sans comprendre à un échange très tendu entre elle et le chauffeur en djellaba, barbu, le seul taxi que nous ayons vu avec cette tenue. Rafqa nous dit ensuite que ce trajet pouvait nous amener à la sortie de la ville. Elle a eu peur, lui a demandé pourquoi il passait par là. Il explique pour éviter les barrages, aller plus vite ; elle lui demande sèchement de passer par les barrages. Une amie qui nous rejoint a mis presque trois quarts d’heure de plus par le trajet normal ; l’argument du chauffeur, en tous cas, était juste. Rafqa est ennuyée de la réaction qu’elle a eue, sans doute erronée, reconnaît-elle.

  Rafqa nous quitte vendredi matin pour aller dans sa famille, Dominique et moi rentrons seules en France. Pas de rendez-vous jusqu’au soir, les bombardements ont commencé vers 5h mais se sont estompés ensuite. Je pars au hasard dans le dédale de ruelles de l’autre côté de la Rue Droite. Des enfants jouent seuls dans les rues, m’accompagnent quelques mètres quand je demande mon chemin d’un seul mot, un monument, point de repère. On dirait un village. Des tout petits enfants jouent devant leur maison. Mais ce n’est pas un village, nous sommes au coeur d’une agglomération de plus de deux millions d’habitants (chiffre incertain, avec les déplacés) avec des bombardements.

 Dans les rues plus commerçantes, les boutiques sont étroites, vitrines désuètes, il y a plus de barbiers que de salons de coiffure, l’atmosphère est très différente de celle de la ville moderne de l’autre côté des murailles ; dans la zone des commerces d’alimentation, les fruits et légumes exposés sur le trottoir sont de saison, sans doute de la région, je n’arrive pas à lire les prix (et les chiffres arabes alors ?). Il y a beaucoup d’oranges vertes, celles que Samir ou Karim nous servent en jus au petit déjeuner, qui ont un goût de fruit de la passion.

  A l’angle de la Rue Imam Ali, une tenture recouvre un grand pan de mur et 27 portraits de martyrs sont accrochés. Je croise une bande de petites filles (7-8 ans) qui occupent quasiment la largeur de la rue en se tenant par le bras ou l’épaule et en chantant : ça aurait fait une belle photo, je n’ai pas pris mon appareil, volontairement. Un cantonnier (tenue orange) se baisse pour ramasser à la main des détritus là où il ne peut pas passer son balai.

  Les enfants utilisent aussi les vestiges de petits squares comme terrain de jeux, les mères ou grand-mères se reposent, assises sur des chapiteaux de colonnes. Moi aussi, pour essayer de repérer où je suis.

 Le soir, dernier rendez-vous avec les amies, et Georges, un architecte qui revient de son travail à Beyrouth, le week-end. Il a participé à la restauration de monuments à Damas et nous a préparé un parcours guidé jusqu’à la Citadelle : il  nous montre la succession des civilisations dans l’urbanisme et l’architecture. Dans ces ruelles de Bab Touma on voit bien comment chaque société s’est fondée sur la précédente.

  Partout des barrages, jour et nuit. Vers les Omeyyades, un barrage est tenu par des militaires qui ont de beaux uniformes noirs, en bon état : c’est la sécurité des lieux chiites.

  On s’attable à un café au pied des murs de la Citadelle « restaurée (vers 2000-2001) grâce à l’IFPO » de l’époque. Le serveur ne veut pas qu’on monte s’installer à la terrasse supérieure à cause -dit-il- de tirs possibles de snipers. La rivière Barada coule en contrebas le long des murs de la vieille cité. « Damas était pleine de petits ruisseaux. Et de potagers, vergers, jardins » que notre guide nous montre sur des plans anciens qu’il a apportés. L’air est doux, le café surplombe la partie hors les murs de la ville, pas d’illuminations, pas d’éclairages urbains, seulement des petites lumières jusqu’aux pentes du Qassioun.

  En rentrant à l’hôtel, un jeune employé demande à me parler en aparté (en anglais). Il va partir en France dans quelques jours, et me -se ?-demande quelles sont les conditions de vie à Paris.

  Il a un visa d’un an (renouvelable, dit-il). Il y a un an qu’il prépare ça. Je suis  surprise. Il me dit que c’est sûr, les visas les attendent à l’ambassade à Beyrouth, obtenus avec l’aide d’un élu français venu en Syrie. L’intermédiaire est une voisine du jeune homme, un contact de notre élu voyageur. De fil en aiguille il nous dit (j’ai appelé D. pour être sûre de ce que j’entends) qu’ils sont 18 personnes de sa famille à partir ; tous diplômés (professions libérales surtout), lui est étudiant.

m-a : Pourquoi partez-vous ?

- « la vie est difficile, c’est dangereux, pas d’avenir ».

Je parle des difficultés pour se loger à Paris : on leur « donne 3 maisons, 350 euros par mois -chacun- jusqu’à la fin de la demande d’asile ». Ils ont « déjà les inscriptions à la fac, ils vont pouvoir faire des études » (ici non ? avec les enseignants qui sont restés : pas forcément les pires). La somme allouée convertie en LS représente beaucoup plus qu’un salaire moyen syrien mais est-il conscient de la différence du coût de la vie ?

« On veut travailler, on aime la France » sans parler français… Sa famille est chrétienne mais il nous dit ensuite que la religion n’a pas d’importance pour lui. Peut-être cela en a-t-il, ces derniers temps, pour les élus qui parrainent les visas. Un autre interlocuteur pendant notre séjour nous dit que jusqu’à présent le Ministère des Affaires Etrangères français « se méfiait des chrétiens car ils sont souvent pro-Assad ».

  Face à ma perplexité, il nous dit qu’il  a « un parent qui y est depuis 20 ans ».

Ce jeune employé (réception) n’était pas de ceux avec qui nous avions sympathisé à l’hôtel. Ceux qui nous ont servi un délicieux petit déjeuner tous les jours et, selon la coutume, teskieh, la soupe du vendredi matin ; celles qui font le ménage et ont déposé sur ma table de chevet un minuscule bouton que j’avais perdu ; celle qui nous a lavé et repassé quelques vêtements, jamais aussi bien repassés depuis que je les avais achetés : pour quelques dizaines de centimes d’euros pièce. Le cousin de Brahim qu’on voyait passer avec les courses du petit déjeuner. Ceux qui entretiennent parfaitement les patios, où on s’installe volontiers pour bavarder, écrire, écouter les fontaines. L’attention bienveillante et enjouée de Samir, Karim, Carole, le jour, d’Anas, la nuit ; et ceux dont je n’ai pas demandé ou retenu le nom. Qui restent, gardent la maison[17].

Samedi 17 octobre, vers 1 heure du matin, j’envoie un dernier email : « Ça bombarde depuis environ 1/2 heure ; ça a tonné très fort au début, puis une coupure d’électricité, des voix fortes dans l’hôtel. Maintenant ça continue mais moins fort et moins fréquemment (…)»

 Un taxi (re)commandé par Dora vient nous chercher à 6h au bout de la rue pour être à Beyrouth dans la matinée (avion en début d’après-midi) : 100 euros pour deux, de l’hôtel à la porte du terminal de l’aéroport Rafiq Hariri. Il fait très froid quand nous quittons Damas.

 Au deuxième barrage sur l’autoroute, quatre soldats : ils nous demandent de descendre, regardent nos papiers, nous font ouvrir tous nos bagages, et inspectent consciencieusement (20 sachets de tisane du monastère et un -gros- de zaatar calent le mug et le pot de miel). On ne rigole pas, ni eux, ni nous ni notre chauffeur. Mais l’inspection finie, en quelques mots la tension disparaît complètement, les soldats nous remercient, ce ne sont pas des formules, les regards et les voix sont sincères, affables, prévenants. Ils nous invitent à partager le maté qu’ils étaient en train de boire dans la cabane du poste : nous nous faisons passer les quatre verres en nous brûlant les doigts, on rit, tous. Pas de photo ; de ces jeunes gardiens de la route je ne me souviens que d’une allure gaie et chaleureuse autour du maté, et des rayons du soleil levant quand nous nous saluons, frères. Pas loin de Zabadani et Madaya.

  Aucun problème sur la voie rapide pour le Liban, au troisième barrage un seul soldat de notre côté pour garder le poste ; pas de problème ensuite -dans ce sens- au poste frontière, qui est en reconstruction.

  Et au bout d’un trajet qui sera finalement très rapide nous plongeons dans l’atmosphère de Beyrouth, pollution visible à l’oeil nu.

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Beyrouth,17 octobre 2016, photo m-a patrizio.

Et retour vers l’Ouest :

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Aéroport Rafiq Hariri, Beyrouth, 17 octobre 2015. Photo m-a patrizio

  Ce récit n’est construit que de détails de nos pérégrinations et de paroles recueillies chez ceux que nous avons rencontrés de façon délibérée ou inattendue, parfois quelques mots seulement, pas les plus anodins. Son objectif est de donner des éléments permettant à chacun d’interroger ce qu’il voit et entend ici sur la Syrie : qui nous concerne. C’est de plus en plus difficile de l’ignorer.  

  Pour un panorama géopolitique de la situation globale dans laquelle cette nation est emportée depuis presque cinq ans, on pourra lire la synthèse de Michel Chossudovsky[18], à qui j’emprunte les derniers mots de son article pour prendre congé, cher lecteur, en arrêtant ce récit mais pas « la tâche qui nous incombe » :

«William Shakespeare décrit de façon limpide les architectes du nouvel ordre mondial dans le monde contemporain : " L’enfer est vide, tous les démons sont ici". La tâche qui nous incombe, c’est d’envoyer les "démons" de notre époque, les architectes auto-proclamés de la "démocratie" et du "libre marché" à leur " juste place" ».

Marie-Ange Patrizio
Marseille, 21 janvier 2015

Merci à ceux qui ont pris du temps pour nous accueillir, pour nous conduire en voiture ou à pied dans des trajets qui pouvaient ne pas être sans surprises. A ceux qui sans aucune haine ni même animosité, lucidement, patiemment, ont évoqué ces années de peurs, de destructions et de mort, avec des citoyennes d’un Etat qui continue à prendre part au massacre et au pillage.

  Et, depuis le début de ce récit, merci à ceux qui m’ont aidée à compléter mes notes, à traduire les mots arabes, et mis leurs photos à disposition : photos malheureusement limitées  pour ne pas alourdir le poids du message, surtout pour les amis syriens.



[1] José Saramago : L’évangile selon Jésus-Christ, Editions Poche, p. 143.

[2] Zone militaire de Foua et Kafraya, dont nos médias ne nous ont pas parlé cet été : http://orgin.francophone.sahartv.ir/news/25933.

[3] Bizarrerie de l’information : je ne trouve pas la ville de Madaya sur la carte routière géographique (allemande) que j’ai achetée avant de partir. Sur wikipédia la fiche Madaya ne parle que des événements rapportés ces jours-ci par nos médias, à croire que la ville a commencé à exister à partir de là. Par contre, très curieusement, il n’y a pas de fiche wikipedia sur Zabadani qui, elle, est bien sur ma carte, et signalée comme une grosse agglomération.

[5] Cheikh Mohamed Saïd Ramadân al Boutî : « Cheikh al-Bouti s’est toutefois fait remarquer par deux positions : celle d’avoir vendu sa maison pour donner son prix à la résistance palestinienne, et celle d’avoir demandé aux Syriens d'ouvrir leur maisons aux familles libanaises, durant la guerre israélienne contre le Liban de 2006 ». http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?eid=103179&cid=18&fromval=1 .

[7] « L’émirat wahhabite a accordé un don au Soudan –un des États les plus pauvres du monde– en échange du retrait du général al-Dabi. Après le versement de 2 milliards de dollars, le président soudanais a rappelé le général à Khartoum.
La Ligue arabe dispose d’une présidence tournante, exercée à tour de rôle par chacun des 22 États membres. En 2011, le Qatar avait convaincu l’Autorité palestinienne de lui céder son tour de présidence en échange d’un don de 400 millions de dollars. http://www.voltairenet.org/article172753.html

et version du Monde :http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2012/01/12/deux-observateurs-quittent-la-mission-de-la-ligue-arabe-en-syrie_1629163_3218.html

[12] Texte de la Constitution : http://www.voltairenet.org/article173036.html 

[13] Disponibles sur Internet, traduites par Mouna Alno .

[14] En 2011, 200 millions de dollars lui avaient été proposés par des « amis » de la Syrie dans le Golfe pour qu’il déserte. Devant son refus on lui a dit que toute sa famille était désormais menacée de mort.

[16] Dirigeant historique des Frères Musulmans en Egypte.

[17] Aucun salarié n’a été licencié depuis le début de la crise.

[18] Guerre, terrorisme et crise économique mondiale en 2015 : 99 concepts interreliés, http://www.mondialisation.ca/guerre-terrorisme-et-crise-economique-mondiale-en-2015-99-concepts-interrelies/5500984 .

Marie-Ange Patrizio
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