Comité de Surveillance OTAN

Alerte OTAN !

Alerte OTAN n° 13
mars 2004

Éditorial

Deuxième élargissement de l'OTAN après la disparition de l'URSS et du pacte de Varsovie.
Pierre Piérart

La stratégie d'encerclement progressif de la Russie
Roland Marounek

La constitution européenne et l'OTAN
Claudine Pôlet

Nucléaire : L'OTAN, l'exception étatsunienne
Ben Cramer


Autres numéros :

n°1 : mars 2000
n°2 : juin 2000
n°3 : novembre 2000
n°4 : février 2001
n°5 : avril 2001
n°6 : octobre 2001
n°7 : janvier 2002
n°8 : février 2003
n°9 : mars 2003
n°10 : mai 2003
n°11 : juin 2003
n°12 : novembre 2003
n°13 : mars 2004
n°14 : juin 2004
n°15 : octobre 2004
n°16 : décembre 2004
n°17 : mars 2005
n°18 : juin 2005
n°19 : septembre 2005
n°20 : décembre 2005
n°21 : mars 2006
n°22 : juin 2006
n°23 : septembre 2006
n°24 : décembre 2006
n°25 : mars 2007
n°26 : juin 2007
n°27 : septembre 2007
n°28 : décembre 2007
n°29 : mars 2008
n°30 : juin 2008
n°31 : septembre 2008
n°32 : décembre 2008
n°33 : mars 2009
n°34 : juillet 2009
n°35 : octobre 2009
n°36 : décembre 2009
n°37 : avril 2010
n°38 : juin 2010
n°39 : octobre 2010
n°40 : janvier 2011
n°41 : avril 2011
n°42 : juin 2011
n°43 : octobre 2011
n°44 : décembre 2011
n°45 : mars 2012
n°46 : juillet 2012
n°47 : octobre 2012
n°48 : janvier 2013
n°49 : avril 2013
n°50 : octobre 2013
n°51 : janvier 2014
n°52 : avril 2014
n°53 : juillet 2014
n°54 : octobre 2014
n°55 : janvier 2015
n°56 : avril 2015
n°57 : juillet 2015
n°58 : octobre 2015
n°59 : janvier 2016
n°60 : avril 2016
n°61 : juillet 2016
n°62 : octobre 2016
n°63 : janvier 2017
n°64 : avril 2017
n°65 : juillet 2017

Accueil
Plate-forme du CSO
Alerte OTAN !
Communiqués du CSO

Articles

Documents officiels
Autres textes

Carte de l'Otan
L'Europe et l'Otan (2004)

Kosovo:
Fact-finding mission

Images
Archives
Liens

Contactez-nous !

imprimer 

Éditorial :
Pas d'OTAN en Irak !

Nous avions rejeté l'invasion, on veut nous faire avaler l'occupation via l'OTAN.

L'année passée, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne envahissaient et occupaient l'Irak. Et ce, malgré l'indignation et la colère de millions de personnes qui étaient descendues dans les rues du monde entier pour manifester leur opposition à la guerre. Jamais, dans l'histoire de l'humanité, avait-on vu une telle masse crier simultanément son dégoût de l'agression impérialiste.

Aujourd'hui, on connaît l'ampleur des mensonges et des manipulations qui avaient justifié l'attaque de l'Irak, mais l'occupation coloniale est un fait accompli. Bien qu'on ait démontré la fausseté des prétextes, les richesses irakiennes sont supposées devoir payer les dommages de guerre au mépris de toute règle, si ce n'est celle du plus fort. L'autorité provisoire brade les richesses via la privatisation au nom de l'économie de marché, ce qui a permis aux dignitaires du régime Bush d'empocher directement des milliards de dollars. Ainsi est crûment exposé l'un des motifs centraux de la guerre, bien plus réel que le désarmement de Saddam ou le désir soudain d'apporter la démocratie aux Irakiens survivants.

Et malgré la nausée qui nous saisit devant ce cynisme et l'exposition des mensonges, nous voyons parallèlement l'OTAN dévoiler de plus en plus ouvertement son projet de s'impliquer en Irak.

En fait l'Alliance atlantique participe déjà discrètement à l'occupation de l'Irak en fournissant l'appui logistique aux forces d'occupation conduites dans le secteur dévolu à la Pologne. Et 18 des bientôt 26 pays membres (dont les 7 nouveaux, dont les gouvernements s'alignent inconditionnellement sur les Etats-Unis) ont déjà des troupes sur place.

Le scénario suit manifestement celui rodé en Afghanistan : l'OTAN soutient d'abord par sa logistique quelques pays dans un secteur particulier ; puis, sans coup férir, elle prend officiellement le commandement de ces forces ; enfin, elle compte étendre son contrôle sur l'ensemble du pays. On prévoit peut-être de nous refaire le coup d'août 2003, lorsque l'OTAN avait pris le contrôle de l'ISAF : pendant les vacances d'été, lorsque les Européens enterrent leurs morts de la canicule, les choses ont sans doute plus de chances de passer inaperçues.

Les gouvernement des pays de l'Alliance, naguère les plus opposés à l'attaque de l'Irak, sont en train d'effectuer une vertigineuse courbe rentrante : il s'agit de ne pas être trop absent dans le pillage des richesses de l'Irak, pillage pudiquement rebaptisé " libéralisation " et " reconstruction ". En Belgique, Louis Michel, après avoir accepté sans broncher que le gouvernement US dicte directement au parlement belge la mise au placard de la loi de compétence universelle, déclare à présent qu'il est de notre devoir d'aider les Américains en Irak. Ses déclarations tonitruantes d'alors se sont avérées n'être que du vent.

Il est certain que l'on va tenter de nous vendre la participation de la Belgique via l'OTAN à l'occupation sous les vocables de " mission de maintien de la paix " , " stabilisation de l'Irak ", " pacification ",ou " aide au peuple irakien ", comme cela a déjà été le cas en Yougoslavie. Et ainsi, malgré nous, malgré la volonté populaire d'agir contre la guerre et malgré les belles déclarations pacifistes de nos gouvernants, la Belgique sera bientôt partie prenante à l'occupation de l'Irak et soulagera par la même occasion l'armée US, appelée sans doute à d'autres aventures exaltantes "contre le terrorisme et les armes de destruction massive".

Nous devons à tout prix faire échouer ce plan. La seule aide à apporter au peuple irakien, c'est de soutenir la résistance, empêcher le soutien logistique de la Belgique à l'occupation et dénoncer les plans de l'OTAN de prendre en charge la colonisation de l'Irak.