Comité de Surveillance OTAN

Alerte OTAN !

Alerte OTAN n° 43
octobre 2011

Éditorial

Commémoration Hiroshima-Nagasaki, 6 août 2011
Claudine Pôlet et Carla Goffi

En Libye, l’Otan poursuit la guerre, et la Belgique aussi
Claudine Pôlet

La complicité entre l'ONU et l'Otan
Patricia Villalon

Afghanistan : 10 ans de gâchis prémédité
Roland Marounek

Il y a 20 ans, la Yougoslavie explosait (2e partie)
Georges Berghezan

Kosovo : Dialogue et lacrymos
Georges Berghezan


Version pdf


Autres numéros :

n°1 : mars 2000
n°2 : juin 2000
n°3 : novembre 2000
n°4 : février 2001
n°5 : avril 2001
n°6 : octobre 2001
n°7 : janvier 2002
n°8 : février 2003
n°9 : mars 2003
n°10 : mai 2003
n°11 : juin 2003
n°12 : novembre 2003
n°13 : mars 2004
n°14 : juin 2004
n°15 : octobre 2004
n°16 : décembre 2004
n°17 : mars 2005
n°18 : juin 2005
n°19 : septembre 2005
n°20 : décembre 2005
n°21 : mars 2006
n°22 : juin 2006
n°23 : septembre 2006
n°24 : décembre 2006
n°25 : mars 2007
n°26 : juin 2007
n°27 : septembre 2007
n°28 : décembre 2007
n°29 : mars 2008
n°30 : juin 2008
n°31 : septembre 2008
n°32 : décembre 2008
n°33 : mars 2009
n°34 : juillet 2009
n°35 : octobre 2009
n°36 : décembre 2009
n°37 : avril 2010
n°38 : juin 2010
n°39 : octobre 2010
n°40 : janvier 2011
n°41 : avril 2011
n°42 : juin 2011
n°43 : octobre 2011
n°44 : décembre 2011
n°45 : mars 2012
n°46 : juillet 2012
n°47 : octobre 2012
n°48 : janvier 2013
n°49 : avril 2013
n°50 : octobre 2013
n°51 : janvier 2014
n°52 : avril 2014
n°53 : juillet 2014
n°54 : octobre 2014
n°55 : janvier 2015
n°56 : avril 2015
n°57 : juillet 2015
n°58 : octobre 2015
n°59 : janvier 2016
n°60 : avril 2016
n°61 : juillet 2016
n°62 : octobre 2016
n°63 : janvier 2017
n°64 : avril 2017
n°65 : juillet 2017
n°66 : octobre 2017

Accueil
Plate-forme du CSO
Alerte OTAN !
Communiqués du CSO

Articles

Documents officiels
Autres textes

Carte de l'Otan
L'Europe et l'Otan (2004)

Kosovo:
Fact-finding mission

Images
Archives
Liens

Contactez-nous !

imprimer 

La complicité entre l'ONU et l'Otan

D’après les récentes déclarations du représentant permanent vénézuélien auprès de l'ONU Julio Escalona, cette organisation internationale, regroupant à quelques exceptions près tous les états de la planète, n'est plus fiable. Dans une interview, il explique que l'ONU est malheureusement colonisée et contrôlée par les USA et par les pays du Nord.

Cette affirmation trouve un écho dans les récentes déclarations de l'Ambassadeur Ivo Daalder, représentant étasunien auprès de l'Otan. Daalder affirme que concernant la guerre en Libye « Ce sont les États-Unis qui ont dirigé cette opération, ce sont eux qui ont dirigé l'initiative pour obtenir le mandat du conseil de sécurité ( Résolution N°1973 ) et faire décider que l'Otan l'exécute, ce sont eux qui ont dirigé la planification et l’exécution de l’opération militaire, ils ont commencé par neutraliser la défense aérienne libyenne, et ils ont continué en supprimant les défenses pendant tout le cours du conflit, en utilisant des drones armés ». Il continue en révélant que « ce sont eux qui ont fourni le gros de l'intelligence en permettant d'identifier les objectifs à frapper, aussi en approvisionnant en vol les chasseurs bombardiers alliés ».

Étrange affaire, n'est-ce pas ? Puisque l'ONU a pour finalité principale LA PAIX INTERNATIONALE, et non la guerre. Fondée en 1945, afin d’arrêter les guerres entre pays et de fournir une plateforme de dialogue, ses objectifs sont officiellement de faciliter la coopération dans le domaine du droit international, de la sécurité, du développement économique, le progrès social et les droits de l'homme. Et pourtant, lors du séisme qui provoque un désastre humanitaire début 2010 en Haïti, l'ONU s'est montrée incapable de coordonner de l'aide ; en revanche il n'a fallu que dix jours à cet organisme de paix pour voter une nouvelle résolution de guerre.

Les propos du représentant étasunien auprès de l'Otan, « ce sont [les USA] qui ont dirigé l'initiative pour obtenir le mandat du Conseil de Sécurité, et faire décider que l'Otan l'exécute » semblent plutôt confirmer les déclarations du représentant vénézuélien J.Escalona, excédé aussi par l'attitude du secrétaire général du même organisme, qui sans le moindre mandat décide au milieu de la confusion de la bataille de Tripoli, de rencontrer des représentants du CNT octroyant ainsi une reconnaissance Onusienne aux rebelles anti-Kadhafi.

Dans ce mécanisme de guerre qui se répète sans cesse depuis plus de dix ans (Yougoslavie, Afghanistan, Irak, Libye) la complicité de l'ONU et de l'Otan est flagrante. Pourtant, pas plus loin que l'année 2009, le rapport mondial d'indice de développement humain (IDH) défini par le programme de l'ONU, avait classé la Libye parmi les pays les plus développés du monde.

En dehors des explications ou des déclarations concernant cette guerre, on devrait plutôt se poser la question suivante : A qui profite la guerre en Libye ? Et la réponse trouve rapidement sa place dans la politique étatsunienne concernant l'Afrique, ou la politique de sécurité que les États Unis mènent de facto en Afrique, à travers une nouvelle force militaire connue sous l'acronyme de Africom (The United States Africa Command).

Les États-Unis ont créé et présenté Africom comme une restructuration efficace des institutions ainsi que comme un programme bienveillant de soutien aux gouvernements africains pour des opérations humanitaires ou de sécurité. « Le but de l'Africom est d'aider les Africains à augmenter leur capacité à défendre leur propre sécurité » affirmait la vice-assistante du secrétaire à la défense Thérésa Whelan, niant la possibilité qu'Africom ait été créé « seulement pour lutter contre le terrorisme ou s'assurer les ressources en pétrole ou décourager la Chine ».

Mais Horace Campbell, professeur d'histoire afro-américaine et de sciences politiques à l'université de Syracuse, estime que « les bombardements occidentaux en Libye sont devenus pour l'Africom un stratagème opportuniste de relations publiques et une nouvelle tête de pont en faveur d'un bastion militaire sur le continent ». Et le journaliste américain William Engdhal écrit que « la décision de Washington de bombarder la Libye de Kadhafi, n'a pas grand chose a voir avec ce que le gouvernement d'Obama proclame être une "mission de protection de civils innocents", en réalité, ceci fait partie d'un plus vaste plan stratégique de l'Otan et du Pentagone en particulier, de contrôler le talon d'Achille de la Chine, à savoir sa dépendance stratégique d'importation en grande quantité de pétrole brut et de gaz ».

Les propos de ces auteurs se trouvent directement confirmés par ceux tenus par un des conseillers aux départements d'État et de la Défense Américaine, le docteur Peter Pham qui explique que parmi les buts ultimes d'Africom, une de plus importantes tâches est de « protéger l’accès en hydrocarbures et autres ressources stratégiques, dont l'Afrique est riche et s'assurer qu’aucune tierce partie comme la Chine, l'Inde, le Japon ou la Russie ne puissent obtenir un monopole ou des traitements de faveur »

On arrive à la conclusion que l'affaire libyenne est un coup monté pour établir l'Africom dans les territoires africains, projet auquel le colonel Mouamar Kadhafi s’était toujours opposé : Il ne restait qu'à se défaire de l'obstacle que constituait Kadhafi, en donnant un feu vert explicite à travers la résolution 1973 de l'ONU.

Les pays de l'Otan n'ont à leur bilan aucune trace positive et crédible d'assistance aux véritables combattants de la liberté et aux mouvements de libération africains Les États-Unis et la Belgique étaient complices dans la planification du meurtre de Patrice Lumumba au Congo. La "Protection des civils" n'est pas seulement un sommet d’hypocrisie de la part des États-Unis et des dirigeants occidentaux, elle constitue surtout une ingérence, en absolue contradiction avec le principe fondateur de la Charte des Nations Unis, la souveraineté et l'égalité en droit de chaque état. Et se défendre contre "la légalisation de l'ingérence" c'est un principe éminemment progressiste que défendent les dirigeants cubains, vénézuéliens, boliviens et bien d'autres pays latino-américains, apportant dans cette démarche la plus grande contribution à l’émancipation sociale et politique des peuples.

Patricia Villalon
Autres textes de Patricia Villalon sur le site du CSO