Comité de Surveillance OTAN

Alerte OTAN !

Alerte OTAN n° 51
janvier 2014

Éditorial

Le néfaste partenariat entre Union Européenne et OTAN
Claudine Pôlet

Le nouveau concept stratégique de l’Union Européenne
Nicolas Bárdos-Féltoronyi

Ceux qui déstabilisent l’Europe
Manlio Dinucci

Ukraine : Occident versus Russie !
Bruno Drweski

La Belgique, ses bombes nucléaires et ses avions de combat
VREDE

En Israël, la bombe n’est plus un tabou
Edouard Brion

Les drones, nous droguent-ils ?
Une géostratégie nouvelle mais inquiétante !

Nicolas Bárdos-Féltoronyi

Bahar Kimyongür n'est pas un terroriste
Daniel Flinker, au nom du CLEA


Autres numéros :

n°1 : mars 2000
n°2 : juin 2000
n°3 : novembre 2000
n°4 : février 2001
n°5 : avril 2001
n°6 : octobre 2001
n°7 : janvier 2002
n°8 : février 2003
n°9 : mars 2003
n°10 : mai 2003
n°11 : juin 2003
n°12 : novembre 2003
n°13 : mars 2004
n°14 : juin 2004
n°15 : octobre 2004
n°16 : décembre 2004
n°17 : mars 2005
n°18 : juin 2005
n°19 : septembre 2005
n°20 : décembre 2005
n°21 : mars 2006
n°22 : juin 2006
n°23 : septembre 2006
n°24 : décembre 2006
n°25 : mars 2007
n°26 : juin 2007
n°27 : septembre 2007
n°28 : décembre 2007
n°29 : mars 2008
n°30 : juin 2008
n°31 : septembre 2008
n°32 : décembre 2008
n°33 : mars 2009
n°34 : juillet 2009
n°35 : octobre 2009
n°36 : décembre 2009
n°37 : avril 2010
n°38 : juin 2010
n°39 : octobre 2010
n°40 : janvier 2011
n°41 : avril 2011
n°42 : juin 2011
n°43 : octobre 2011
n°44 : décembre 2011
n°45 : mars 2012
n°46 : juillet 2012
n°47 : octobre 2012
n°48 : janvier 2013
n°49 : avril 2013
n°50 : octobre 2013
n°51 : janvier 2014
n°52 : avril 2014
n°53 : juillet 2014
n°54 : octobre 2014
n°55 : janvier 2015
n°56 : avril 2015
n°57 : juillet 2015
n°58 : octobre 2015
n°59 : janvier 2016
n°60 : avril 2016
n°61 : juillet 2016
n°62 : octobre 2016
n°63 : janvier 2017
n°64 : avril 2017
n°65 : juillet 2017

Accueil
Plate-forme du CSO
Alerte OTAN !
Communiqués du CSO

Articles

Documents officiels
Autres textes

Carte de l'Otan
L'Europe et l'Otan (2004)

Kosovo:
Fact-finding mission

Images
Archives
Liens

Contactez-nous !

imprimer 

Le néfaste partenariat entre Union Européenne et OTAN

La Politique de Sécurité et de Défense commune (PSDC) que l’Union Européenne est en train d’élaborer très péniblement a connu un récent développement à la réunion du Conseil Européen de décembre 2013. Cette question est importante pour tous les mouvements progressistes et, particulièrement pour les associations de paix. Elle l’est d’autant plus à l’approche des élections européennes.

En effet, aucun débat à propos de l’armée européenne ne peut ignorer ou se dégager du fait que les dirigeants politiques de l’UE renforcent leur partenariat avec l’OTAN, au point de le rendre quasi exclusif. Les opérations militaires avec la bannière étoilée jaune et bleu sont de plus en plus nombreuses et couvrent des territoires de plus en plus larges. Par ailleurs, le partenariat avec l’OTAN est mis sur le même pied que le « partenariat » (pour reprendre les termes du document officiel du sommet de décembre) avec l’ONU. Aucun pays membre de l’UE ou/et de l’OTAN ne peut être membre, par exemple, du Groupe des Pays Non Alignés et les pays neutres au sein de l’UE ont de plus en plus de mal à faire respecter ce statut.

Le document officiel du Conseil Européen commence par cette observation :

« Pour la première fois depuis l'entrée en vigueur du traité de Lisbonne (2009), le Conseil européen a tenu un débat thématique sur la défense. Ce débat a été précédé d'une réunion avec le Secrétaire général de l'OTAN. Celui-ci a présenté son analyse des défis actuels et futurs en matière de sécurité et il s'est félicité que les efforts actuellement déployés et les engagements pris par l'UE et ses États membres soient compatibles avec l'OTAN et soient profitables à cette organisation. »

A ce propos, ISIS Europe (encore un Think tank indépendant et neutre….) a présenté sur son site, un article de Jamie Shea qui résume ce que l’OTAN attend de l’Union Européenne. Jamie Shea, trop bien connu des militants qui s’opposaient à la guerre de l’OTAN contre la Yougoslavie en 1999, a changé de poste et est à présent « Adjoint au Secrétaire général de l’OTAN pour les défis de sécurité émergents » (donc un homme indépendant et neutre…).

Les conseils de Jamie Shea à l’Union Européenne :

La PSDC a ses raisons de se focaliser sur l’Afrique, mais elle devrait viser à dépasser les missions individuelles et tendre à la stabilisation des régions entières. Pour ce faire, elle devrait avoir plus de cohérence et de liens entre toutes ses missions. De même pour les missions sur mer, comme la lutte contre la piraterie dans le Golfe d’Aden.

Pour renforcer la PSDC, l’UE devrait avoir des plans mieux préparés d’avance et prendre des décisions plus rapidement. Créer un fonds de solidarité pour lancer plus rapidement des missions et couvrir les frais des Etats UE engagés.

Il faut réaliser une plus grande synergie entre l’OTAN et l’UE. Faire des exercices ensemble, faire travailler en commun les Battle groups européens et la Force de réaction rapide OTAN. Avoir un système unique d’homologation des équipements militaires, un seul règlement pour l’espace aérien européen. Entreprendre des opérations ensemble , même en jouant un rôle différent : l’exemple de la Bosnie, du Kosovo et de l’Afghanistan pourrait servir de modèle pour la Libye dans le futur.

Une autre collaboration OTAN-UE à développer : l’OTAN continuera à tendre la main à des Etats UE non membres de l’OTAN, tels que la Suède et la Finlande, tandis que l’UE en ferait autant avec des Etats-OTAN, mais non membres de l’UE, tels que la Turquie et la Norvège. Tout ceci dans le but de promouvoir l’interopérabilité et la culture stratégique commune de toute la communauté transatlantique.

Il faut rationnaliser la dimension militaire de la PSDC : à commencer par éliminer les doubles emplois au sein de l’UE et entre l’UE et l’OTAN. Pour cela aussi, augmenter le niveau d’intégration de la Défense et réduire le degré d’autonomie et d’indépendance nationale. Le but est de développer des capacités européennes de « gestion de crises (crisis management) » et de « construction de capacités (capacity-building) » tandis que les USA et le Canada restent fermement engagés aux côtés de la défense européenne pour la dissuasion (nucléaire ?) et pour riposter à la résurgence de menaces plus grandes dans l’avenir.

Le Conseil Européen de décembre 2013 a bien pris note.

Le document qui publie les conclusions du Conseil semble un copié-collé des orientations otaniennes. Pourquoi faudrait-il une Défense européenne indépendante de l’OTAN puisque la « communauté atlantique » , celle des grandes multinationales capitalistes, défend, au-delà de la concurrence en son sein, les mêmes intérêts vitaux et a la même volonté de puissance face au reste du monde. Mais ce n’est pas pour autant l’intérêt de la majorité de la population de ces 34 pays qui font partie, et/ou de l’UE et de l’OTAN.

Claudine Pôlet
Autres textes de Claudine Pôlet sur le site du CSO