Comité de Surveillance OTAN

Alerte OTAN !

Alerte OTAN n° 54
octobre 2014

Éditorial

Non à la Belgique en guerre
Déclaration du CSO

Le nouveau Frankenstein
Patricia Villalon

Derrière l’unanimité du Conseil de sécurité
Manlio Dinucci

Extraits de la Déclaration du Sommet de l'Otan

Les mouvements pour la paix belges s'allient contre l'OTAN

Les enjeux du Sommet OTAN 2014 et de nos luttes contre la guerre
Intervention du CSO au contre-sommet de Cardif

Commémoration des 69 ans des bombardements nucleaires sur Hiroshima et Nagasaki

Pierre Piérart, souvenir et exemple dans ces heures sombres
Vladimir Caller

Des armes nucléaires plus précises. Cela sert à quoi ?
Michel Wautelet

La stratégie nucléaire de l’Otan
Ludo De Brabander (VREDE)

Le pacifisme du 21e siècle
Luc Mampaey (GRIP)


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Éditorial :
Le sommet de l’Otan et la nouvelle entrée en guerre de la Belgique

La Coalition Internationale des Volontaires contre l’EI en Irak et en Syrie n’est pas tombée du ciel. Elle s’est discutée intensément dans les couloirs du sommet de l’Otan au pays de Galles. Elle n’est qu’un élément de cette réunion au sommet des chefs d’Etat des 28 pays de l’Alliance Atlantique, auxquels se sont joints pas moins de 30 autres pays et organisations internationales. Toutefois, elle a une signification importante pour la Belgique, puisque, quelques jours à peine après la fin du sommet, notre pays décide de rejoindre la Coalition et de partir en guerre.
Sans même attendre le vote au parlement de la résolution autorisant la participation belge à la Coalition des Volontaires, les premiers F-16 décollaient des bases militaires de Kleine Brogel et Florennes à destination de la Jordanie. Quel mépris de la démocratie ! Quelle peur du débat public ! Il faut dire que l’unanimité rencontrée chez les députés lorsqu’ils votèrent pour l’agression militaire contre la Libye en 2011, n’était plus là : 10 députés Ecolo-Groen! se sont abstenus et 2 députés PTB ont voté contre. Parmi ceux qui ont voté oui, il y a eu des réserves très importantes, notamment de la part du SP.a, qui a déclaré comprendre parfaitement les objections et les critiques des opposants et vouloir faire marche arrière si nécessaire. Même si le vote de la résolution était acquis avant même le débat parlementaire, il fallait éviter d’exprimer trop haut le moindre doute sur le bien fondé et sur les chances de succès de cette nouvelle guerre.
La résolution finale contient certaines restrictions: une réévaluation de la participation belge d’ici un mois, une demande de règles d’engagement bien définies pour les pilotes des F-16, la limitation des bombardements aériens à l’Irak. Mais ces réserves vont s’effacer au cours de la guerre car les partis de la future coalition suédoise sont manifestement prêts à participer à des frappes sur la Syrie, et à prolonger indéfiniment la durée des opérations militaires. Et ils renvoient à plus tard tout débat sur un plan de coopération politique et humanitaire pour le Moyen Orient.
La Belgique est à nouveau en guerre ! Et c’est une conséquence de son inféodation à l’Otan. Le sommet de l’Otan s’est conclu par la signature d’une Déclaration Finale qui contient beaucoup d’éléments très dangereux pour la paix sur notre planète et représente une fuite en avant d’autant plus agressive que l’Otan ne parvient pas à réaliser son objectif essentiel d’être le gendarme du monde, malgré son arsenal militaire d’une puissance sans précédents dans l’histoire.
Le point le plus important est la suspension pour un temps indéterminé du partenariat Otan-Russie et l’affirmation que la Russie serait devenue la menace la plus dangereuse pour la sécurité et la paix dans le monde. En fait, la Russie refuse de se laisser encercler par l’Otan, (par l’intermédiaire de l’Ukraine), s’oppose de plus en plus fermement à ses plans d’expansion mondiale, resserre ses relations avec la Chine, et établit de nouvelles alliances économiques, politiques, militaires avec des pays qui cherchent à s’émanciper de la domination des USA et de l’UE.
Un autre aspect très important est l’exigence que chaque membre de l’Otan arrive d’ici 10 ans, à consacrer 2% de son PIB à ses dépenses militaires et que 20% de ce budget servent à se fournir en armements plus performants et répondant tous au « label Otan ». Cette question de label n’est pas sans importance, toutes les armées des pays Otan et le plus grand nombre possible de pays partenaires (dont l’Ukraine ) devraient se structurer, s’entrainer, s’équiper, avec des technologies compatibles et être interactives. La mise en route d’une nouvelle force de réaction rapide se fera selon ces mêmes critères. Les groupements de pays, sous l’égide de « pays cadres » suivront également ces règles.
Les partis de droite (CD&V, N.V-A, Open VLD, MR) n’ont pas manqué de rappeler lors du dernier débat parlementaire que notre premier ministre Elio di Rupo avait signé cette Déclaration et que les députés socialistes qui se plaignaient du coût d’une nouvelle guerre en Irak et en Syrie n’avaient qu’à se taire, de même en ce qui concerne le coût du remplacement des F-16 remplissant une fonction si précieuse ( !) .
Le sommet Otan confirme dans sa Déclaration Finale, le bien fondé de la politique d’agression et d’occupation de l’Afghanistan depuis 2001 et le renforcement du Partenariat Otan-Afghanistan jusqu’n 2024, le considérant même comme « un modèle » à suivre. La Belgique sera donc invitée à continuer sa contribution à ce partenariat.
Nous devons être très préoccupés également de l’absence quasi-totale de référence aux Nations Unies, à peine l’ONU est-elle citée comme une des « organisations partenaires » de l’Otan, passant loin derrière l’Union Européenne. Et ce n’est pas exhaustif….