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Alerte OTAN n° 61

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Patricia Granado

Continuer la lutte contre l'achat des 34 avions de combat
Naima Reguera, Présidente Cnapd

Message de solidarité du Mouvement de la Paix français

Israël et émirs dans l’Otan
Manlio Dinucci

Sommet de l'Otan 2016 en Pologne, à la frontière de la Russie
CNAPD

La libération de Palmyre
Adeline Chenon Ramlat

Une situation de chaos qui favorise l'Otan
Marcel Poznanski

« Remember your humanity and forget the rest »
Luc Mampaey (GRIP)

Commémoration Hiroshima-Nagasaki 2016


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Une situation de chaos qui favorise l'Otan

Depuis la guerre de Yougoslavie, l'OTAN intervient secrètement ou directement pour susciter ou soutenir des révoltes locales dans différents pays, ces révoltes peuvent aboutir à des guerres locales provoquant le chaos. L'OTAN pourrait appuyer secrètement l'une des parties ou pourrait envisager l'envahissement d'un pays dans le seul but de réduire le nombre de pays qui indirectement ou directement s'allieraient à la Russie ou à la Chine et ainsi l'OTAN élargirait le bouclier "anti-missiles".

Il y a des conflits qui datent depuis de longue s années, qui s'enfoncent par moment sous terre comme une rivière dans le sol pour aboutir à une résurgence guerrière sporadique et ainsi de suite jusqu'à éclater en un conflit intense comme celui qui a sévi pendant quatre jours dans le Haut-Karabakh en avril dernier. Ce qui donne le temps de réarmer les belligérants, (business). La résurgence apparaît le plus souvent à un moment politique opportun. Voici quelques exemples: Arménie et Azerbaïdjan, Abkhazie, Ossétie et Géorgie etc.

Nous retrouvons la dernière résurgence du conflit entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan en 2016. Il serait bon de rappeler la source de ce conflit.

Au 1er siècle avant JC le territoire de l'Arménie allait de la mer Caspienne à la Méditerranée; ce territoire comprenait l'Azerbaïdjan, la Turquie, la Syrie, le Liban. Au cours de l'histoire, l'Arménie a perdu la plus grande partie de ce territoire, qui s'est stabilisé en 1921 en devenant une république soviétique.

Le territoire du Haut-Karabakh, région autonome (oblast) de tradition religieuse chrétienne orthodoxe et majoritairement peuplé d'Arméniens (80%) est enclavé au sein de l'Azerbaïdjan de confession musulmane sunnite et dont la langue officielle est l'azéri (dit aussi azéri-turc)

Le Haut-Karabakh faisait partie de l'URSS en tant que région de la République Autonome d'Azerbaïdjan. Pour les populations de l'URSS, la nationalité soviétique était reconnue. Le peuple arménien reste très sensible au maintien de son histoire et tradition surtout suite au génocide arménien en Turquie. L'apprentissage obligatoire du russe comme deuxième langue a permis à toutes les populations de communiquer et de se mélanger (par exemple le mariage).

En 1991 l'URSS s'est disloquée. La "loi de dislocation" précise (art. III) que les peuples des Républiques et entités autonomes ont le droit de décider de leur maintien dans l'Union Soviétique ou dans la République fédérée qui s'y attache et de choisir leur statut politique et juridique.

Après l'indépendance totale des républiques fédérées, le Haut-Karabakh organise un référendum qui lui donne son indépendance. L'Azerbaïdjan ne reconnaît pas le droit à l'auto-détermination du Haut-Karabakh, abroge la langue arménienne comme langue officielle et installe une administration azéri. Une révolte se déclenche, le gouvernement du Haut-Karabakh se proclame République du Haut-Karabakh et demande son rattachement à la république d'Arménie. L'Arménie reconnait la République du Haut-Karabakh. Une guerre de 4 ans est déclenchée entre Arméniens et Azéris. Sous l'égide de l'OSCE une trêve est signée à Moscou en mai 1994. La République du Haut-Karabakh a annexé les territoires qui la séparaient de l'Arménie, ce qui provoque des fuites des populations azéri et arménienne. La Russie est plus favorable à l'Arménie, la Turquie soutient l'Azerbaïdjan.

Entretemps l'Arménie et l'Azerbaïdjan signent un accord de partenariat avec l'OTAN sans pour cela demander une intégration dans l'Alliance. L'Arménie et l'Azerbaïdjan fournissent des soldats à la Force internationale d'assistance à la sécurité (FIAS) en Afghanistan, participent à la guerre du Kosovo (une position paradoxale pour l'Azerbaïdjan: reconnaitre l'indépendance du Kosovo et la refuser pour la République du Haut-Karabakh).

Depuis 2014, il y a des escarmouches arméniennes et azéries pour arriver à une guerre intense pendant quatre jours en 2016 avec de légers changements de position au sol en faveur des Azéris. De nouveaux accords de trêve sont signés sous l'égide de l'OSCE à Vienne, mais difficilement acceptés par les belligérants. L'Azerbaïdjan subit de plein fouet la chute de la valeur du pétrole, cette dernière guerre permet de redorer son blason nationaliste face à sa population et de diminuer les tensions dues à l'effondrement de l'économie.

L'OTAN soutient l'Azerbaïdjan par le biais de la Turquie. La Turquie et l'Azerbaïdjan sont membres du Conseil Turcique. Ce Conseil réunit des pays turcophones: Azerbaïdjan, Kazakhstan, Kirghizistan et Turquie auxquels le Turkménistan s'est joint en 2014. Ce Traité ne contient apparemment pas de clause militaire.

D'autre part, Israël agit en sous-main pour le compte de l'Otan et a réarmé l'Azerbaïdjan pour un montant de 2 à 5 milliards de dollars*. Israël s'intéresse à l'Azerbaïdjan en tant que pays voisin de l'Iran et espère y installer une base opérationnelle en cas de guerre avec l'Iran. Ainsi des conflits qui semblent se produire à échelle locale, servent la stratégie mondiale de l'Otan, qui profite de toute situation de chaos.

* voir Afrique-Asie, juin 2016, p.65

Marcel Poznanski
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