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Alerte OTAN n°72
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Les 70 bougies (explosives) de l’Otan
Manlio Dinucci

L’UE vote pour l’installation de nouveaux missiles nucléaires US en Europe
Manlio Dinucci

Le journal LE SOIR n’est pas l’organe de presse de l’OTAN
Pierre Galand et Boris Fronteddu

La fin de Daesh n’est pas la fin de la guerre
Patricia Villalon

La première Guerre Humanitaire de l’Otan
Georges Berghezan et Roland Marounek

L’euromilitarisme n’est pas une alternative à l’Otan
Nicolas Bárdos-Féltoronyi

La force de la révolution bolivarienne et de la solidarité internationale
Patricia Granado

La guerre au Yémen, pourquoi un tel silence complice ?
Fotoula Ioannidis


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La guerre au Yémen, pourquoi un tel silence complice ?

La guerre au Yémen a débuté en mars 2015. L'Arabie saoudite mène cette guerre dévastatrice avec une coalition de 34 pays,  dont  les Émirats arabes unis, le Koweït, le Bahreïn, l’Égypte, la Jordanie, le Soudan,  le Maroc (qui aurait quitté la coalition en février 2019), la Tunisie, Djibouti, la Somalie, les Comores, le Qatar, le Liban, la Libye, la Mauritanie , Bénin, Tchad, Togo, Sénégal, Sierra Leone, Gabon, Guinée, Côte d'ivoire, Mali, Niger, Nigeria, la Turquie, Pakistan, Bangladesh, Malaisie, Maldives. 

Le contexte de la guerre actuelle

Entouré par  la Mer Rouge, le Golfe d'Aden et  la Mer d'Arabie, le Yémen occupe une position géostratégique importante au sud de la péninsule arabique : il est un des principaux points de passage du trafic commercial maritime international, du transport mondial du pétrole.  Un conflit au Yémen mène à la confrontation entre les puissances régionales dont l'Arabie saoudite et l'Iran. L'Arabie saoudite construit actuellement un immense pipeline du nord vers la Mer d’Oman afin d'exporter son pétrole.

En 2004, dans le contexte du « printemps arabe », un important mouvement de protestation sociale a été lancé au Yémen contre la fin des subventions des produits pétroliers, la corruption, le chômage et  le retard de l'application des mesures prises lors de la conférence du dialogue national. D’autre part, le Yémen a une longue tradition révolutionnaire marxiste.

Depuis le début de la guerre de 2015, le pays subit une régression très grave. Le système de  santé est détruit à 80 %, des milliers d'hôpitaux et centres de santé sont fermés ou détruits par les bombardements ciblés de la coalition arabo-saoudienne.

Le secteur de l'éducation est en ruine, des écoles sont prises comme cibles et détruites par les armes européennes. La plupart des élèves et en majorité les filles restent à la maison et sont déscolarisés.

Le Yémen subit une des plus graves catastrophes humanitaires depuis la 2ème Guerre mondiale : famine, risque de morts de faim ou de maladie, épidémie de choléra. Le PAM (le Plan alimentaire mondial de l’Onu) aide en permanence plus de 8 millions de personnes. 

Le Yémen est sous embargo et bombardé sans relâche, un blocus est imposé par l'Arabie saoudite, y compris pour les médicaments et l'aide alimentaire bloquée au port d'Al Hodeida qui représente le seul passage pour plus de 70% de l'aide humanitaire. 

Des prisons secrètes existent au Yémen du sud où sont pratiqués des tortures, des viols. Le Conseil des droits de l'homme et de la justice à Genève a récemment révélé que les soldats américains et des Émirats arabes pratiquent des violations des droits civils, des tortures et des sévices sexuels envers les prisonniers yéménites. On compte plus de 80.000  morts et blessés, et près de 3 millions de réfugiés.

Les bombardements des civils continuent malgré l'accord signé en décembre 2018 à Stockholm en Suède. De nombreux crimes de guerre sont commis: bombardements ciblés de mariages, hôpitaux, écoles, marchés, aéroports, des infrastructures de production et distributions d'aliments.

Une guerre privatisée et internationalisée

La guerre au Yémen n'est pas une guerre religieuse entre Sunnites soutenus par l'Arabie saoudite et Chiites épaulés par l'Iran, il s'agit de luttes de pouvoir entre plusieurs tribus,  appuyées par des Etats étrangers avec la participation de milliers de mercenaires étrangers pour les troupes au sol.

En effet, les Émirats arabes ont engagé énormément de mercenaires ainsi que des entreprises militaro-sécuritaires comme Blackwaters. Depuis 2015, l'Arabie saoudite aurait engagé 14.000 mercenaires soudanais notamment des paramilitaires de la Force de soutien rapide (RSF) du Darfour.  On évoque que les enfants représenteraient 20% à 40%  des mercenaires venus de Somalie, d’Erythrée, du Tchad, du Mali, du Niger, du Sénégal, de l'Ouganda, de Colombie, du Panama, du Salvador, du Chili. On observe aussi la présence des forces spéciales britanniques, des Etats-Unis et d'Israël.

La guerre au Yémen, un marché juteux pour les entreprises militaires

Depuis le début du conflit en mars 2015, les pays occidentaux ont vendu pour au moins 3,5 milliards de dollars américains d'armes aux Émirats Arabes Unis qui les détournent vers des milices et les mercenaires étrangers au Yémen. En 2016, selon des rapports du Parlement wallon, 15 licences d'exportation ont été octroyées par la Région wallonne pour un montant de 48.614.295 euros aux Emirats Arabes Unis.

Un accord pour des négociations de paix prévoyant une trêve des violences à Al Hodeïda, principal port d'entrée de l'aide humanitaire, a été signé, sous le patronage de l'ONU, à Stockholm en Suède en décembre 2018 entre le gouvernement de Hadi dont le président vit en Arabie saoudite et le mouvement Ansarullah. Mais cet accord n’est jamais entré en vigueur.

Malgré toute la force militaire et les appuis, l'Arabie saoudite ne réussit pas à ramener au pays l'ex-président Hadi ni à remporter une victoire. A cet effet, l'Arabie saoudite prépare un plan B avec l'aide d'Israël. Lors de la conférence internationale organisée par les Etats-Unis à Varsovie, en février dernier, intitulée « Promouvoir un avenir de paix et de sécurité au Moyen Orient », les USA, les Etats du Golfe et Israël se sont rencontrés. Et des membres du gouvernement yéménite du président Hadi  ont rencontré le Premier Ministre d'Israël.

La Conférence sur la situation humanitaire au Yémen

Lors de la conférence sur la situation humanitaire au Yémen le 2 février 19 à Bruxelles, Ali Al Dailami, avocat au barreau de Sanaa et directeur exécutif de l'organisation yéménite pour la défense des droits et libertés démocratiques a demandé d’arrêter la guerre, stopper l'embargo, recevoir de l'aide humanitaire, former une commission internationale pour des négociations politiques y compris avec l'Arabie saoudite, arrêter les ventes d'armes à l'Arabie saoudite et aux Emirats Arabes Unis, organiser une enquête internationale sur les crimes de guerre et les violations du droit international humanitaire, organiser des élections (qui n'ont plus eu lieu depuis 2003), procéder à un échange de prisonniers, reconstruire le pays. 

Malheureusement, aucune réaction internationale ne se développe, il existe beaucoup de pressions saoudiennes et des Émirats Arabes Unis, rien ne bouge depuis le début de la guerre, la population  est dans une impasse meurtrière!
 
Plus d’informations sur la page Facebook « Stop à la Guerre au Yémen »

Fotoula Ioannidis
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