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Intervention du Comité Surveillance Otan à la Conférence Internationale tenue à Cuba du 7 au 10 novembre 2005

LES BASES MILITAIRES : UN ASPECT DE LA STRATEGIE GLOBALE DE L'OTAN

  1. Position particulière de la Belgique

Le petit territoire de la Belgique est le siège des 2 centres décisionnels essentiels de l'OTAN : le SHAPE et le QG de l'Otan à Bruxelles.

Près de Mons, se trouve le SHAPE, Supreme Headquarters Allied Powers Europe : Il s'agit du centre de commandement militaire de l'Otan pour toute l'Europe; les décisions militaires de l'OTAN sont prises au SHAPE; en particulier, c'est au SHAPE que sont préparés et mis en oeuvre les plans militaires relatifs aux armes nucléaires des bases nucléaires de l'OTAN, dont celle de Kleine Brogel en Belgique.

Les décisions politiques sont prises au Quartier général de Bruxelles par le Conseil de l'Atlantique Nord, et en ce qui concerne la stratégie nucléaire de l'Otan par le Nuclear Planning Group. Le Conseil est le principal organe de décision de l'Otan qui supervise les processus politiques et militaires relatifs aux questions de sécurité qui intéressent l'ensemble de l'Alliance.

Toutes les décisions sont prises en commun par consensus à l'unanimité, à égalité entre les des 26 pays membres. – cette affirmation officielle Ce tte unanimité de façade ressemble évidemment à une grossière plaisanterie . , pour preuve ce qu'a dit récemment en aparté le ministre de la Défense belge, en substance : Les services du mini stre belge de la Défense ont d'ailleurs récemment admis, lors de rencontres informelles , qu' il faut se rendre compte de la machinerie qu'est l'O tan et du faible poids qu e représente la Belgique. Selon eux, s'y opposer a un prix et un prix est encore payé aujourd'hui par notre opposition à l'agression US de l'Irak. " Il faut se rendre compte de la machinerie q u'est l'OTAN et du peu de poids que nous y avons. S'y opposer a un prix et encore actuellement un prix est payé pour notre opposition à l'agression US de l'Irak " .

Mais cette unanimité officielle souligne aussi la part de responsabilité de la notre pays, de nos dirigeants élus, dans la politique de l'Otan, responsabilité dont les citoyens de notre pays sont très largement ignorants.

La base aérienne belge de Kleine Brogel abrite depuis 1963 entre 10 et à 20 têtes nucléaires états-uniennes, équivalent dont chacune équivaut à plus de 10 Hiroshima. Ces armes sont placées sous le contrôle d'environ 110 soldats US, mais ce sont de pilotes belges qui, en temps de guerre, devraient piloter des F16 belges pour envoyer les bombes – ce qui les rend potentiellement complices de crime contre l'humanité.

Ce stationnement de bombes nucléaires en Belgique, en violation du traité de non-prolifération qu'a signé notre pays, est une obligation qui découle de notre appartenance à l'OTAN. Le Concept Stratégique de l'Otan ( élaboré en 1991) mentionne en effet : « Pour que le dispositif nucléaire de l'Alliance demeure crédible et pour que soient démontrées la solidarité de l'Alliance et sa volonté commune de prévenir la guerre, il reste nécessaire que les alliés européens (…) participent largement aux rôles nucléaires, au stationnement en temps de paix de forces nucléaires sur leur territoire ».

Ainsi, les forces nucléaires suivantes sont directement allouées à l'Otan en Europe:

    • 480 bombes nucléaires 'tactiques', stationnées dans des bases en Belgique, Allemagne, Italie, Pays Bas, Turquie et Grande-Bretagne.
    • Des missiles nucléaires à bord de 4 sous-marins britanniques 'Tridents ' (chaque sous-marin ayant un maximum de 48 têtes nucléaires à bord)
    • Des missiles nucléaires à bord de 4 des sous-marins US 'Tridents ' alloués à l'Otan .

D'autres bases belges sont mises à la disposition de l'Otan, à nouveau dans l'ignorance ou l'indifférence toujours à l'insu du du public belge. Citons en particulier:

La base aérienne de Chièvres : Depuis 1967 une convention a été signée avec le Supreme Allied Commander Europe (SACEUR), permettant l'utilisation de la base de Chièvres par le SHAPE. Une partie de l'infrastructure – pistes, taxi tracks, aires pour les avions, hangars, etc. – a été financée par l'Otan. Les autres infrastructures, considérées comme non liées au financement en commun par l'OTAN, sont dénommées « infrastructures nationales », soit belge soit américaine. L'infrastructure de Chièvres est toujours reprise dans l'inventaire Otan. La base sert actuellement d'aéroport au profit de SACEUR, tâche reconnue comme indispensable par l'Otan.

Le ACO-TPL ( Allied Command Operations Tactical Leadership Programme ) dont l'objectif affiché est d'augmenter l'efficacité des force aériennes de l'OTAN, est installé à la base aérienne belge de Florennes . Cette base sert donc de terrain d'entraînement des pilotes de l'Otan pour améliorer leur efficacité lors des interventions futures de l'Otan. C'est de la base aérienne s de Florennes que décollaient les F-16 belges qui partaient bombarder la Yougoslavie, lors de l'agression de l'OTAN de 1999. Les F-16 qui participent à la mission de l'Otan en Afghanistan sont également issus de la base de Florennes.

Les infrastructures civiles sont occasionnellement mises à disposition des forces US dans le cadre d'accords de l'Otan, avec la complaisance des gouvernements en place.

2. Politique de la Belgique vis-à-vis de l'OTAN

Les gouvernements belges successifs, quels que soient les partis au pouvoir (socialistes, libéraux, sociaux-chrétiens, écologistes, nationalistes flamands), ont soutenu la même politique de défense et d'alliances militaires depuis la IIe Guerre Mondiale, en adhérant au Traité de l'Alliance Atlantique et à l'Union Européenne. Depuis 1967 1966 , (sommes-nous sûrs de la date ??) l'Otan a installé son siège principal à Bruxelles et son commandement militaire à Mons. La Belgique a déjà fourni deux secrétaires généraux de l'Otan.

Les traités qui ont constitué l'Union Européenne jusqu'au projet de Constitution récent, n'ont fait que renforcer les liens militaires et stratégiques de l'Europe et des Etats-Unis. Le projet de Constitution Européenne est le 1 er traité qui lie explicitement l'UE à l'Otan en stipulant que les directives de l'Otan priment sur toute directive européenne en ce qui concerne la sécurité et la défense.

C'est le choix de cette alliance militaire qui a conduit les gouvernements à aliéner la « souveraineté nationale ». Ceux-ci n'ont aucun contrôle sur la base de Kleine Brogel et ses bombes nucléaires (qui n'ont toujours aucune existence publique à ce jour), ils ont des accords secrets avec les USA pour l'utilisation des aéroports, des voies aériennes, des ports, des voies de chemins de fer pour le transport de troupes et de matériels. C'est ainsi que, lors de l'agression de l'Irak en 2003, le matériel militaire et les troupes US ont pu sans problème utiliser l'aéroport civil d'Ostende et le port d'Anvers, et traverser la Belgique, sous couvert d'accords secrets de l'Otan, malgré l'hostilité de la population et les déclarations des membres du gouvernement. Quelques jours après des déclarations fracassantes du ministre des Affaires étrangères et de la Défense s'opposant à la guerre, une centaine de manifestants dont nous étions qui entendaient bloquer les trains transportant le matériel militaire US se faisaient discrètement arrêter préventivement près d'Anvers.

Dans ces conditions, le gouvernement belge, quel qu'il soit, a peu de marges de manœuvre pour manifester des velléités d'indépendance et d'opposition à la politique dictée par l'Otan.

La guerre et l'occupation de l'Irak par la Coalition soutenue par l'Otan sans que la population en soit consciente en sont un triste exemple : tout au plus, le ministre belge de la Défense a décrété « l'abstention constructive ». Car l'Otan entraîne bien tous ses membres dans cette agression :

  • dès 2003 l'Otan fournit officiellement (et discrètement) le support logistique à la Pologne dans son occupation d'une partie de l'Irak;
  • en 2004, l'Otan décide d'une mission de formation des forces du gouv ernement de collaboration officiers de la nouvelle armée mise en place par le gouvernement de collaboration , qui se met petit à petit en place, participant ainsi concrètement à la lutte contre la résistance légitime à l'occupation;
  • l'Otan vient de décider de l'accroissement de d'accroître ses effectifs dans l'occupation de l'Afghanistan à 15.000 hommes, libérant ainsi directement des effectifs US pour les envoyer en Irak. .

  • et enfin, l'OTAN ne manque pas la moindre occasion d'exprimer officiellement sont soutien politique au gouvernement fantoche mis en place par l'occupant, à ses élections truquées et illégales dans un pays occupé, et à sa nouvelle constitution dictée par les USA.

3. A quoi sert réellement l'OTAN

Après la disparition de l'URSS et de l'Organisation du Traité de Varsovie, l'Otan aurait dû se dissoudre également. Elle avait perdu sa justification officielle, à savoir la défense du territoire des pays membres contre la prétendue menace représentée par les pays du Pacte de Varsovie. Au lieu de cela, on voit l'Otan se transformer substituer peu à peu en remplaçant des aux c C asques b B leus de l'ONU, se transformer en gardien des intérêts du nouvel ordre mondial que veulent instaurer les USA et l'Union Européenne. Les habits dont se couvre cette transformation de l'Otan sont variables : la sauvegarde de la démocratie, les droits de l'Homme, la lutte contre le terrorisme, le devoir d'ingérence humanitaire.

En réalité, l'Otan est une énorme machine de guerre, disposant de la plupart des armes de destruction massive de la planète, dont les armes nucléaires, servant concrètement les buts suivants

• être la force de police de l'impérialisme occidental, et plus précisément états-unien

• collaborer aux ambitions géostratégique des USA, notamment l'encerclement de la Russie

• prévenir tout soulèvement des populations des pays membres

(3.1.) Les États-Unis veulent s'arroger le rôle de "gendarme du monde" par le biais de l'OTAN , - ce qui comprend garder la mainmise sur les ressources énergétique de la planète, et ses voies d'accès.

Actuellement, c'est l'Otan qui assure le protectorat du Kosovo, après s'être pratiquement retirée de Bosnie, remplacée par une force armée de l'UE.

L'Otan prend de plus en plus de fonctions et d'espace territorial en Afghanistan; même si certains de ses é E tats de l'OTAN membres s'opposent encore jusqu'à présent à la volonté US de confondre la mission de l'Otan et l'opération 'liberté immuable', ce qui entraînerait directement l'Alliance dans la guerre.

Une académie de l'Otan est installée à Bagdad pour former les cadres de la nouvelle armée irakienne en beau milieu de l'occupation de l'Irak et donc pour épauler par les forces US et GB et autres pays de la Coalition.

Après des pressions US, le président de l'Union Africaine a demandé officiellement l'intervention de l'Otan au Darfour, court-circuitant les velléités d'opposition de la France.

Toujours au nom de la lutte contre le terrorisme, l'Otan mène depuis 2001 en Méditerranée l'opération Active Endeavour qui a pour but de protéger les tankers pétroliers. Depuis février 2003, des navires de l'Otan escortent chaque cargo qui traverse le détroit de Gibraltar.

Comme on le voit, les territoires visés se trouvent pratiquement partout dans le monde : Palestine, Syrie ou Iran, les pays du Caucase ou des Balkans, l'Afrique, l'Asie et même l'Amérique Latine (exemple des bateaux hollandais et belges de l 'Otan qui ont remplacé ceux des USA envoyés en surveillance sur les côtes du Venezuela, juste au moment du coup d'Etat contre Ch avez) … Cela n'a absolument plus aucun rapport avec la raison d'être officielle de l'Otan, la défense du territoire des pays membres. A moins de considérer que la « défense et la sécurité » des pays occidentaux passe aussi par l'occupation de pays souvent situés sur les routes du pétrole A moins qu'on ne considère que la "défense" et la sécurité des pays occidentaux cela implique l'occupation néo-coloniale de nations curieusement placées sur les routes du pétrole .

3.2 Encerclement de la Russie

Depuis son dernier élargissement (en 2004), l'Otan est composée de 26 pays membres, amenant l'Alliance aux frontières de la Russie, à l'intérieur même de l'ex-URSS. Nombre de pays qui faisaient partie du Pacte de Varsovie sont actuellement membres de l'Otan et aussi de l'Union Européenne. Ils s'intègrent avec un enthousiasme particulier à cette stratégie mondiale. Ils offrent leur territoire pour y installer des bases militaires, leurs forces militaires pour participer aux expéditions guerrières, leurs services de police et leurs organisations humanitaires pour un soutien logistique à l'occupation et au contrôle de nombreux pays.

Depuis 2004 des avions espions AWACS de l'Otan mènent des vols de reconnaissance dans les pays baltes le long des frontières russes . La Lettonie a installé des radars à longue portée de dernière genération (Lookheed-Martin) juste à la frontière russe, capables de contrôler la partie nord-ouest de la Russie sur une profondeur de 400 km à l'intérieur du pays; ces radars sont intégrés aux infrastructures de l'OTAN. Les soldats de l'Otan et les avions ont occupé l'ancien aérodrome des forces aériennes de l'Union Soviétique dans la ville lituanienne de Chiauliai. Le ministre des affaires étrangères russes s'était demandé en 2004: « Qui pourrait nous expliquer, pour quels objectifs de lutte contre le terrorisme et à l'intention de quelle région spécifique, des bases militaires de l'Otan sont planifiées en Pologne et dans les pays baltes ?  » et « Personne en Russie ne peut saisir pourquoi l'expansion de l'Union Européenne devrait s'accompagner du déploiement de bases de l'Otan dans les pays baltes  ». Presque au même moment, la fumeuse guerre contre le terrorisme avait placé des bases militaires US et des soldats de l'Otan aux frontières sud de la Russie.

En Afghanistan , même l'Otan est , là de l'aveu même de ses responsable responsable s , installée pour longtemps : « Combien de temps l'Otan désire rester ? Quelque chose comme entre 5 et 10 ans, ou même aussi longtemps que nécessaire  ». (Dixit le sous-commandant de l'ISAF le vendredi 6 février 2004, le Major-General Andrew Leslie, cité par al-Jazeera ). Les manœuvres déstabilisatrices en Ukraine et dans les pays du Caucase, s'accompagnent systématiquement d'un soutien sans nuance de l'Otan et d'une promesse d'adhésion rapide. L'Azerbaïdjan a déjà déclaré qu'il 'pourrait envisager la possibilité' d'accueillir des bases de l'Otan et l' Alliance Atlantique veut ouvrir une représentation permanente dans le Caucase. Pour qui observe objectivement l'évolution de la situation, il est évident que l'Otan participe à une politique d'encerclement systématique de la Russie, et , au-delà , de la Chine.

3.3 Fonction de répression de sa propre population

Au nom de la lutte contre le terrorisme, l'Otan contribue à instaurer dans tous les pays membres, des systèmes sophistiqués de surveillance des populations, et à réduire tous les droits démocratiques et les libertés individuelles . L'Organisation a l'ambition de jouer un rôle central dans la stratégie prévoyant de contrer toutes les tentatives de résistance à l'ordre impérialiste sous la direction US aussi bien à l'extérieur des territoires des pays membres, qu'à l'intérieur de ceux-ci. , tant à l'extérieur qu'à l'intérieur de son domaine d'action.

Le déploiement des forces de combats contre la population noire de la New Orléans début septembre a démontré de manière spectaculaire que la hantise majeure de ce système n'était pas le terrorisme, mais le danger d'une révolte populaire. La lutte contre le terrorisme est brusquement apparue comme ce qu'elle est, une vaste escroquerie, alors que les gardes nationaux censé s protéger le territoire et porter secours à la population états-unienne est envoyée détruire un pays qui avait toujours lutté contre le terrorisme, l'Irak au profit des Halliburton, Betchel et autres multinationales pétrolières.

Il y a deux ans, une réunion des ministres de la défense de l'Otan à Colorado Spring s'ouvrait sur un coûteux war game (7 millions de dollars) , dont . Le scénario était le suivant : des guérilleros alliés à des terroristes avaient pris le pouvoir, et le président déchu demandait l'intervention de l'Otan . Il s'agissait alors de "vendre" la Force de Réaction rapide de l'Otan, dont le but quasiment affiché est d'être capable de "réagir" en quelques heures à un soulèvement populaire qui risque de se produire dans un pays ami.

Cela est de nature à rendre les états vassaux particulièrement dociles, les classes dominantes ayant pour premier souci la préservation de l'Etat. L'extension de l'Otan à l'Est suit en partie également ce même schéma. Là, on a affaire à des populations ayant connu le socialisme, la gratuité des soins, de l'éducation, le plein emploi… La minorité riche au pouvoir dans ces pays, parfois d'ailleurs issue d'une diaspora émigrée aux USA, a toutes les raisons de redouter une révolte des masses appauvries, et bradent avec enthousiasme sans aucun scrupule l'indépendance de leur pays en échange de la protection de l'Otan.

C'est ainsi que bon gré mal gré les Etats membres acceptent de se plier à l'exigence d'augmenter considérablement les budgets militaires, au détriments des budgets sociaux et culturels : en 10 ans les budgets militaires des pays européens ont augmenté de 11% en terme réel. En 2000 les budgets militaires des pays de l'Otan s'élevaient déjà à 60% des budgets militaires du monde entier. (798 milliards de $). Cette tendance ne devrait pas s'inverser prochainement: L'Allemagne par exemple a déjà décidé d'obéir aux injonctions de l'Otan et devrait dépenser 7.8 milliards d'Euros par an dès 2010, ce qui représente une augmentation de 78% par rapport aux dépenses actuelles.

4. Combattre l'OTAN

La présence sur notre sol des centres décisionnels du gardien de l'impérialisme de l'O tan donne une responsabilité particulière au mouvement pour la paix belge. Certains de ces mouvements restent cependant très dépendants des partis , y compris les partis qui se disent progressistes et se retrouvent régulièrement au gouvernement, et donc acceptent la traditionnelle doctrine de l'Alliance Atlantique.

La nécessité de dénoncer et combattre clairement l'Otan a été ressentie particulièrement au moment de la guerre contre la Yougoslavie. C'est ainsi que le CSO est né en 1999, lorsque l'Otan a mené les bombardements de la Yougoslavie. Le CSO rassemble des militants de diverses tendances de la gauche radicale, qui ont voulu une démarcation claire du mouvement de la paix face à cette guerre et dénoncé le rôle de plus en plus agressif de l'Otan et sa transformation progressive en gendarme du monde. Le CSO veut mettre en évidence la nécessité de rompre la dépendance vis-à-vis de l'Otan qui conduit le mouvement de la paix à mettre dos à dos agresseurs et agressés (en Yougoslavie, comme en Irak plus tard), à pratiquer la politique paralysante du « ni-ni » (par exemple « ni Otan, ni Milosevic » ou « ni Bush, ni Saddam »), à justifier les interventions militaires au nom du soi-disant droit d'ingérence humanitaire.

Le CSO milite pour que cela devienne la base du un changement de positions des organisations politiques progressistes et du mouvement pour la paix , pour revendiquer une profonde remise en question des conditions d'adhésion de la Belgique à l'Alliance Atlantique et pour la dissolution pure et simple de l'Otan.

Avec d'autres organisations de paix, le CSO se bat pour des objectifs plus ponctuels qui vont dans ce sens :

L'Otan et les armes nucléaires en Europe : les 480 bombes nucléaires US stationnées dans divers pays membres de l'Otan doivent être retirées et détruites. La campagne de Bomspotting a déjà alerté et fait réagir des parlementaires belges qui veulent mettre cette question à l'ordre du jour et réclament de rendre publics les accords secrets qui ont permis le stationnement de ces bombes en Belgique.

L'appel des maires d'Hiroshima et Nagasaki pour un désarmement nucléaire complet en 2020 et pour la dénucléarisation des territoires des communes a été entendu et plus de 250 bourgmestres des communes belges y ont adhéré. Dont celui de la commune où se trouve la base militaire de Kleine Brogel.

La lutte pour le démantèlement des bases militaires et celle pour se détacher de l'Otan sont intimement liées. Dans la campagne pour le NON à la Constitution Européenne, l'aspect de dépendance vis-à-vis de l'Otan a été largement mis en évidence et dénoncé. La sécurité de l'Europe et du monde ne se trouve pas dans une politique de réarmement massif, mais plutôt dans le combat pour rendre le monde plus juste, et pour arriver à des relations d'égal à égal entre pays souverains. Pas d'argent pour la guerre, mais pour la sécurité sociale, la santé, l'éducation!

Il faut lutter Nous luttons aussi pour que la Belgique n'ait aucune participation, directe ou indirecte, à l'occupation de l'Irak. La politique dite d' « abstention constructive » du gouvernement actuel ne suffit pas. Il faut refuser toute contribution à l'Otan en troupes, en logistique, en matériel, en argent destinée à l'Irak, l'Afghanistan, la Bosnie ou le Kosovo. Il faut refuser l'utilisation des bases militaires, de l'espace aérien, des infrastructures civiles pour les besoins de l'Otan.

Nous luttons pour que la Belgique sorte de l'Otan et pour la dissolution de l'Alliance Atlantique