Crise de l'Otan de l'Afghanistan à la Géorgie : Vers une dangereuse fuite en avant


06 octobre 2008

Depuis le sommet de l’Otan à Bucarest, deux des principaux objectifs à atteindre énoncés dans la déclaration des 26 chefs d’Etats membres de l’Alliance sont sérieusement remis en question : imposer la Pax Otana à l’Afghanistan et rapprocher encore cette organisation des frontières de la Russie, via la Géorgie et l’Ukraine.

Des soldats belges et français envoyés en Afghanistan en renfort de l’Isaf en reviennent déjà, morts ou blessés, tandis que les protestations contre l’engagement militaire de l’Otan se multiplient en Europe, ainsi que les remises en question du bien-fondé de cette participation à une guerre qui n’ose pas dire son nom et que le peuple afghan vit comme une occupation de son pays. Malgré cela, notre gouvernement persiste dans sa politique de soutien inconditionnel et inconsidéré à cette opération et ferme la porte à tout débat public, et même à tout débat parlementaire, en imposant des huis-clos aux réunions de la commission de la Défense. On semble vraiment oublier le caractère criminel et fondamentalement illégal de cette guerre qui dure depuis le 7 octoblre 2001.

Après le fiasco de la tentative géorgienne de récupérer par la force l’Ossétie du Sud au risque de provoquer un affrontement direct avec la Russie, l’intégration de la Géorgie à l’Otan est devenue un sujet de crise majeure au sein même de l’Otan. Comme l’ont dénoncé les sénateurs belges Josy Dubié et Christine Defraigne, au retour de leur visite en Géorgie et en Ossétie du Sud, le gouvernement géorgien a pris l’initiative des combats et a commis de nombreux crimes de guerres en bombardant sciemment des objectifs civils à Tskhinvalli et dans les environs, bien avant que l’armée russe franchisse le tunnel séparant l’Ossétie du Nord et l’Ossétie du Sud.

Le CSO invite le mouvement de paix à relayer leur appel pour que la Belgique use de son droit de veto à l'entrée de la Géorgie dans l'Otan : L’adhésion de ce pays risquerait de nous entraîner dans une guerre contre la Russie pour la défense d’un régime autocratique et irresponsable, au nom de la solidarité entre pays membres de l’Otan.

Le questionnement sur le rôle et la raison d’être de l’Otan va s’amplifier au vu de ces derniers événements. Il est capital de préparer une riposte internationale au sommet devant marquer le 60e anniversaire de l’Otan, prévu en avril prochain. Il faut aussi souligner l’appel du Forum social européen réuni à Malmö qui a décidé de participer pleinement à la préparation d’un contre-sommet de l’Otan et demandé au Forum social mondial de faire du 4 avril 2009 une journée mondiale de lutte contre l’Otan, dont la capacité de nuisance et le rôle déstabilisateur sont de plus en plus reconnus. Bref, comme jamais auparavant, la résistance à l’Otan s’organise. Basé à Bruxelles, à quelques kilomètres du siège de l’Otan, le CSO se réjouit d’apporter sa pierre à ce combat.