Guerre en Libye : La Belgique toujours à la botte de l’Otan


03 avril 2011

Le lundi 21 mars, le Parlement quasi unanime, votait l'entrée en guerre de la Belgique contre la Libye. Le dimanche suivant, des F-16 belges larguaient leurs premières bombes sur ce pays. La Belgique s'en va-t-en-guerre, suivant son gouvernement faisant fonction. Notons que tous les députés verts et sociaux-démocrates ont honteusement voté pour cette agression.

Aucun d’entre eux n’a songé qu’une issue négociée à la guerre civile en Libye serait peut-être préférable. Les initiatives des pays latino-américains de l'ALBA et de l'Union africaine en faveur de pourparlers de paix ont été ignorées avec mépris par le monde occidental.

De nombreux mouvements de la paix, par leur ambiguïté et leur silence, ont aussi laissé le champ libre aux va-t-en-guerre, en approuvant cette résolution qui engage la Belgique dans une nouvelle guerre. Ils ont préféré « liquider le régime de Kadhafi » pour ensuite demander l'arrêt d'une intervention militaire. Il y a huit ans en Irak, les armées de la coalition étaient censées quitter le pays après la liquidation de Saddam Hussein, elles y sont toujours…

Cette guerre contre la Libye est préparée de longue date. Elle a été coordonnée depuis des mois par les états-majors intégrés de l'Otan. Après avoir pris en charge l'imposition de l'embargo sur les armes (embargo très sélectif, puisque les armes coulent à flot côté rebelle), l'Otan a décidé de prendre les commandes de toutes les opérations militaires, sous le prétexte, comme le déclarait le Secrétaire général, de « protéger les populations et les zones civiles menacées par le régime du colonel Kadhafi ».

Cette décision équivaut à une entrée en guerre de l’Otan contre la Libye, en prenant parti contre « le régime du colonel Kadhafi » et en assumant la totalité des opérations militaires en Libye.

En Afghanistan, l’Otan avait pris le commandement en 2003. Un éventuel retrait progressif des troupes étrangères n'aura pas lieu avant 2014. L'enlisement de l'Otan dans les sables libyens pourrait être bien plus rapide…

Au moment même de l’entrée en guerre, les hommes politiques belges, de droite à gauche, parlent de « stratégie de sortie » (Flahaut), de « guerre éclair » (De Donnea) ! Mais quand on ajoute la guerre à la guerre, il n'y a aucune solution possible. La guerre est commencée. Nous devons exiger l'arrêt immédiat des bombar-dements et le retour à leurs bases des forces militaires belges ! Retrait des F-16, aussi bien de Libye que d'Afghanistan !