Sommet de l’OTAN 2014 : Comment garder la maîtrise de la plus grande machine de guerre de l’histoire ?


01 juillet 2014

Un sommet de l’OTAN, réunissant les chefs d’Etat des pays membres de l’Alliance et divers pays partenaires, se tiendra en septembre au Pays de Galles (Grande Bretagne). Selon Rasmussen, son secrétaire général, on y discutera notamment des grands succès des partenariats, de la réussite des opérations militaires en Afghanistan, du resserrement des liens euro-atlantiques, des perspectives infinies de la « smart defence », la défense intelligente, de l’harmonisation et du partage des capacités militaires des différents pays membres. Notre ministre de la Défense, Pieter De Crem claironne que l’OTAN est en mesure de reproduire dans d’autres pays la très efficace opération militaire en Libye.

Mais, dans le reste du monde, l’Alliance Atlantique rencontre des résistances inattendues. De nouvelles alliances économiques, sociales et militaires entre pays se créent ou se renforcent. Au Moyen-Orient, la Syrie résiste aux assauts les plus sauvages de l’internationale djihadiste et la population et le gouvernement Assad ont renversé le rapport de forces. La Russie a tiré les leçons de la guerre de Libye et maintient son soutien tant à l’Iran qu’à la Syrie. Les avancées tentaculaires de l’OTAN se heurtent à son opposition. Moscou refuse l’annexion de l’Ukraine par l’UE et l’OTAN. Kiev a permis à des formateurs otaniens de réorganiser son armée, elle a envoyé des troupes participer aux guerres de l’OTAN et lui a permis d’établir un quartier général à Kiev. Mais aujourd’hui, le partenariat avec la Russie est gelé et les bras de fer rappelant l’époque de la Guerre froide se multiplient. Le « partenaire » d’hier redevient l’ennemi à abattre.

L’OTAN ne parvient pas à imposer ses « normes » même après une victoire militaire. La débandade de l’armée irakienne face aux djihadistes venus de Syrie montre que le régime mis en place par l’Occident ne bénéficie d’aucune assise populaire. Un tel scénario pourrait se reproduire très bientôt en Afghanistan, à moins que Karzai ou son successeur Abdullah Abdullah ne choisisse de s’allier à l’Iran ou d’intégrer l’Organisation de Shanghai.

L’OTAN échoue à devenir le gendarme du monde, mais en est d’autant plus dangereuse pour les peuples du monde. Elle poursuit sa politique belliciste en encerclant des pays qui n’approuvent pas la politique occidentale tels la Russie, la Chine, le Venezuela et l’Amérique Latine, l’Iran. L’OTAN organise une série de guerres ouvertes, - Afghanistan, Irak, Libye, Somalie, ou plus secrètes, tel l’Iran, la Syrie, etc. L’Alliance participe à l’installation du « bouclier anti-missile » et maintient sa stratégie du « droit à la première frappe », développe une modernisation forcenée de tous les systèmes d’armes sur terre et dans l’espace.

Une grande mobilisation populaire internationale se prépare au Pays de Galles pour refuser cette politique de l’OTAN. Le CSO participera au contre-Sommet en affirmant ses positions : la suppression du bouclier anti-missile, le désarmement nucléaire en Europe, l’arrêt des guerres de l’OTAN, la suppression des partenariats, la Belgique hors de l’OTAN, la dissolution de l’OTAN.