La soi disant crise de l’OTAN et sa véritable transformation en gendarme du monde


01 novembre 2003

Ce n’est pas un jeu vidéo qui s’est déroulé à Colorado Springs. Les représentants des 19 pays membres de l’Alliance Atlantique plus les 7 futurs membres ont été convoqués par les Autorités américaines pour assister et participer à l’organisation de la Force de Réaction Rapide chargée d’imposer n’importe où (et partout) dans le monde l’ordre impérial.
Les modalités de la participation des pays membres de l’OTAN doivent encore être précisées, mais le principe est acquis : chaque pays membre est prié d’augmenter son budget militaire, de modifier ses lois nationales, voire sa Constitution, de fournir des hommes et du matériel militaire adéquat, de renoncer à sa souveraineté pour servir au mieux cette Force de Réaction.

Notre ministre de la Défense, André Flahaut, a beau dire : "nous avons mis certaines barrières, le 'go' (pour une intervention de cette force) doit être politique et pas seulement technique, diplomatique ou militaire … il faut le feu vert de l’ONU avant toute intervention de cette force de réaction rapide de l’OTAN". Il en ira tout autrement en réalité.
Les conclusions de la guerre contre l’Irak et de l’occupation de ce pays sont assez éloquentes à ce sujet. Tous les pays de l’Alliance Atlantique qui étaient réticents à s’engager dans cette guerre, ont fini par y apporter leur soutien, politique et militaire. L’ONU, qui s’est élevée contre la guerre, vient de voter une résolution pour donner le feu vert à une occupation de l’Irak pour une durée indéterminée et à l’installation de forces militaires otaniennes.

Les divergences entre différents pays membres de l’OTAN (que les médias ont qualifié à tort de " crise historique ") face à la décision des seuls Etats-Unis et de l’Angleterre de lancer cette guerre n’ont pas débouché sur des ruptures de l’Alliance . La crise a conduit à la structuration, sans précédent dans l’histoire, d’une force de guerre internationale, qui ne comptera pas seulement les 20.000 militaires rambos prévus pour 2006, mais puisera dans les forces de réserve (2,5 millions de soldats) de tous les pays membres de l’Alliance, dans les capacités infinies de leurs industries d’armement, conventionnel, nucléaire, chimique ou biologique pour faire non des "War Games", mais de vraies sinistres guerres.

La Belgique a déjà donné le "go" politique. Le gouvernement Verhodstadt I et Verhofstadt II a multiplié ses manifestations d’allégeance aux commandements de l’OTAN. Et bientôt il va entériner la Constitution européenne qui coule cette allégeance à l’OTAN dans du béton.