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Pourquoi l’Otan reste en Afghanistan

Claudine Pôlet
1 octobre 2018

Une des résolutions significatives adoptées par le récent Sommet de l’Otan à Bruxelles en juillet de cette année concerne l’Afghanistan. D’ailleurs, parmi les délégations d’Etats invités à ce Sommet, il y avait des représentants du gouvernement afghan. Les étiquettes collées à la « mission » de l’Otan en Afghanistan ont changé, le contenu et les objectifs restent les mêmes .

Le 2 septembre 18, le commandement de la mission « Resolute Support » dirigée par l’Otan est passé d’un général US à un autre général US. Ce général “supervisera les efforts que déploient sans relâche les pays de l’OTAN et leurs partenaires d’opération pour rendre les forces et institutions de sécurité afghanes plus efficaces et soutenables à travers la mission de formation, de conseil et d’assistance”.

La nouvelle mission militaire US en Afghanistan portera le nom de “Operation Freedom‘s Sentinel" (OFS). Elle sera chargée, entre autres, de “mener des opérations de contre-terrorisme (sic!) contre ce qui reste de Al Qaida et ses associés"

Lors de la cérémonie de passation de commandement, le général Miller a déclaré : « Nous devons donner à nos partenaires afghans les moyens de renforcer leurs capacités militaires et de sécurité de sorte qu’ils puissent, sur le long terme, empêcher durablement les terroristes d’établir des sanctuaires sur leur territoire. » À cette occasion, il a également souligné l’importance de la mission Resolute Support, qui comprend 41 pays de l’OTAN et pays partenaires : « Quarante-et-un. C’est un nombre impressionnant, et significatif. Je tiens à remercier l’OTAN et les partenaires d’opération d’avoir mis en place et de maintenir une équipe aussi forte. »

Au sommet de l’OTAN qui s’est tenu à Bruxelles les 11 et 12 juillet 2018, les chefs d’État et de gouvernement des pays de l’OTAN et des pays partenaires d’opération qui contribuent à la mission Resolute Support ont décidé de maintenir la mission jusqu’à ce que la situation sur le terrain justifie un ajustement et de prolonger le soutien financier aux forces de sécurité afghanes jusqu’en 2024. Ils ont réaffirmé leur soutien à un processus de paix et de réconciliation qui soit dirigé et pris en charge par les Afghans.

Et revoilà les F-35B… en Afghanistan

Le 27 septembre 2018, le F-35B , la version à décollage court et à atterrissage vertical de l’avion développé par Lockheed-Martin, a effectué sa premiere mission de combat…. en Afghanistan.

Selon les informations du site www.opex360.com: « Pendant cette mission, les F-35B ont mené une frappe aérienne en soutien à des opérations de nettoyage au sol, et la frappe a été considérée comme réussie par le commandant des forces au sol », a indiqué l’US Central Command, le commandement américain pour l’Asie centrale et le Moyen-Orient [US CENTCOM]. 

« Le F-35B améliore nettement les capacités de combat amphibie et aérien, la flexibilité opérationnelle et la suprématie tactique », a commenté le vice-amiral Scott Stearney, commandant des forces navales de l’US CENTCOM. 

« En tant qu’unité de réaction rapide du groupe amphibie de l’USS Essex, cette plate-forme prend en charge les opérations sur le terrain depuis les eaux internationales, tout en permettant une supériorité maritime qui améliore la stabilité et la sécurité », ajoute le communiqué. 

Les F-35B engagés dans cette mission appartiennent au Fighter Attack Squadron [VMFA] 211, qui a embarqué à bord du navire d’assaut amphibie USS Essex, en juillet dernier. 

Ce n’est pas la première fois que le F-35 a connu l’épreuve du feu, les appareils israéliens - les F-35I « Adir » - , ayant déjà été engagés au combat, selon Tsahal.”

Après 15 ans de bombardements et d’occupation par l’Otan... « Les Talibans sont bien plus forts qu’avant l’intervention américaine » 

C’est ce qu’affirme un article du journal Le Figaro du 10 mars dernier. « Les talibans sont aujourd’hui bien plus puissants qu’il y a 17 ans, au début de l’intervention américaine. À l’époque, ils se sont réfugiés dans leurs bases après avoir été chassés de Kaboul. Il a fallu attendre un à deux ans pour qu’ils puissent mettre en place leur guérilla. Et encore, les Occidentaux expliquaient au même moment que Kaboul était la ville la plus sûre du monde. Aujourd’hui, à cause des attaques, les habitants de la capitale ne savent pas s’ils vont rentrer vivants chez eux à chaque fois qu’ils sortent.

Les Talibans contrôlent presque la moitié du pays, ne reconnaissent pas le pouvoir de Kaboul et ne souhaitent discuter qu’avec les Américains. (..) Le pays est dans une impasse militaire. Aucune partie n’arrive à l’emporter sur l’autre. Le gouvernement est incapable d’assurer la sécurité, notamment dans les rues de Kaboul. Les talibans, eux, n’arrivent qu’à contrôler des petites villes, mais pas les grandes.» (Julien Licourt,  Le Figaro du 11 mars 2018 )
 

Claudine Pôlet
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