La Russie n’est pas notre ennemie

Claudine Pôlet
2 mai 2026

Quatre ans après son début, l’Opération Militaire Spéciale de la Russie en Ukraine en février 2022 est toujours nommée « invasion», « guerre d’agression non provoquée », tant par nos media que par nos gouvernements et par nombre d’associations du mouvement de la paix et de partis se déclarant de gauche.

Le CSO l’avait caractérisée comme « une guerre de l’OTAN contre la Russie sur le territoire de l’Ukraine », résultant de l’expansionnisme otanien de plus en plus belliqueux. A l’époque, cela nous avait valu une opposition très forte, allant jusqu’à l’ostracisme au sein du mouvement de la paix. On ne pouvait manifester la moindre référence à la Russie qui ne soit pas accompagnée de cette qualification : « c’est la faute à Poutine ».

Mais une évolution de cette vision de la guerre en Ukraine commence à se manifester. Dans les grandes manifestations qui se sont organisées en Belgique pour lutter contre les attaques brutales du gouvernement Arizona aux droits sociaux de la population, les messages contre l’accroissement de l’armement sont repris et se multiplient. Des voix s’élèvent pour dire : « après tout, c’est l’OTAN qui entoure la Russie et pas le contraire ».

Maintenant, l’OTAN apparaît plus clairement comme la machine de guerre des 32 États membres de l’Alliance Atlantique qui, tout en se faisant une concurrence furieuse entre eux, se soutiennent réciproquement pour ne pas perdre leur hégémonie sur le reste du monde. Les deux présidences de Trump aux États-Unis ont poussé loin cette frénésie de guerre.

Lors du sommet de l’OTAN de 2017 à Bruxelles, Trump menaçait de quitter l’OTAN si les États membres ne s’engageaient pas à utiliser 2% de leur PIB pour augmenter leurs capacités militaires à faire face à la Russie. En 2026, sous le 2ème mandat de Trump, les alliés se sont engagés à des augmentations encore plus fortes des dépenses militaires pour atteindre les 5% du PIB entre 2030 et 2035. Les réunions de l’OTAN ont consacré beaucoup de temps à organiser une plus forte cohésion des troupes et des capacités militaires de l’OTAN pour poursuivre la guerre contre la Russie. Le prochain sommet de l’OTAN en juillet 2026 annonce déjà de nouvelles mesures dans ce sens.

Conclusions pour la Belgique : le gouvernement Arizona nous impose un programme d’augmentations des dépenses militaires qui est un copié-collé des exigences de l’OTAN. Avec ce programme, notre pays participe directement à l’expansionnisme de l’OTAN en général, et en particulier, à la guerre de l’OTAN en Ukraine contre la Russie. Le prochain sommet de l’OTAN consacrera une grande part de son temps à organiser le « partage du travail » entre ses membres pour poursuivre la guerre en Ukraine. Aucune place n’est réservée à la diplomatie, à des négociations de paix.

Les propagandes de guerre contre la Russie se poursuivent ainsi que les mensonges sans vergogne qui les accompagnent. Maintenant, la moindre réserve exprimée contre cette guerre est devenue un délit. Il est grand temps de ne pas considérer la Russie comme notre ennemie.