Comité Surveillance OTAN
2 mai 2026
Que pensent les gens d'en bas des guerres en cours? Celles et ceux qu'on croise en rue, sans souvent les voir. Petit essai dans un quartier populaire de Bruxelles. L'axe Lemonnier-Anspach, alias La Jonction, vieille saignée seigneuriale du tissu populaire Ce petit reportage, sur la base d’un échantillon aléatoire parfaitement non représentatif, a été effectué, les 7 et le 9 avril, sur l’axe bruxellois allant de la gare du Midi à la Bourse, boulevard Lemonnier (pas Camille, Maurice), zone assez monoculturelle, délabrée, paupérisée, saccagée par les grands travaux inutiles du moment mais tellement humaine, au sens sereinement joyeux et fataliste du terme. La question posée, la voici: Comme vous le savez, l’Union européenne a condamné et puni de (...)
15 février 2026
Ce n'est pas du Churchill. On rangera le bouquin de Jens Stoltenberg sur son temps à la tête de l'OTAN (2021 à 2024) parmi les éphémères "têtes de gondole" que nos excellences politiques ont coutume d'amonceler sur les étals pour se raconter, rarement avec quelque verve. On peut néanmoins en tirer quelques observations critiques à la lecture de la recension de l'édition en langue anglaise (en français, Vigie du monde: À la tête de l'OTAN en temps de guerre, chez Flammarion, 2025), due au professeur Patrick Porter de la section Sécurité internationale de l'université de Birmingham et parue dans le Literary Review de décembre 2025-janvier 2026. Passons sur le fait que Stoltenberg est un politicien de carrière (député puis Premier ministre norvégien, social-démocrate) et qu'il n'a vécu, durant son mandat à l'OTAN, que la première présidence Trump (2017-2021). Passons aussi, mais un peu (...)
15 février 2026
En cette date anniversaire, un petit effort d'imaginaire imagination? Avec alors, ce fatidique 24 février qui voit le Hamas lancer ses troupes à l'assaut de l'Ukraine, acte d'agression qui fournit l'occasion à Israël d'enclencher un génocide à Gaza. L'Union européenne réagit comme à son habitude au quart de tour: vagues sur vagues de sanctions s'abattent contre l'État hébreu. Tandis que, profitant du chaos ambiant, les États-Unis envoient un commando enlever la Première ministre du Danemark, prise d'otage en vue d'un troc avec le Groenland à la clé. D'où - pensait-on, connaissant la célérité (et les valeurs!) de la machine européenne - nouvelles vagues de sanctions en réponse à cet acte de violation flagrante du droit international. Mais, patatras! Pour montrer ses dents, l'Union européenne brandira mâlement la menace de la tenue d'un Sommet (à Davos). Fake news pour rire (jaune) que tout ceci, évidemment. La politique-fiction figure au BA-b.a. chez les enseignants des mondes parallèles. Mais la (...)
2 décembre 2025
Voilà un livre qu'on souhaite voir entre toutes les mains des êtres parlants qui réfléchissent un peu. Cette perle, par exemple. Évoquant la thèse voulant que les États-Unis/Otan mènent en Ukraine une guerre par procuration contre la Russie, il y a ce joli contre-pied venant affirmer que c'est en réalité l'inverse, à savoir "une rébellion par procuration de la Russie et du 'reste du monde' contre les États-Unis." C'est signé Fiona Hill, géopolitologue anglo-américaine, donnant conférence en mai 2023 et cela nous est servi sur un plateau d'argent dans le livre Les guerres annoncées - Le capitalisme c'est la guerre que Nils Andersson a publié en 2024 aux éditions Terrasses. Perle naturellement car à force d'avoir, médiocres médias aidant, le nez sur le guidon, rivé sur les cartes d'états-majors et les faits et gestes des protagonistes du conflit en Ukraine, se trouve masquée la (...)
2 décembre 2025
Il serait urgent que Francken entoure notre statuaire de sacs à sable, comme à Odessa. Joindre la parole aux actes, que diable! L'information a bien fait rire dans les chaumières: le F-35, nouveau bijou américain de dévastation aérienne dont la Belgique a commandé 34 exemplaires aura quelque peine à se déployer dans le ciel belge en raison de la petitesse du territoire. Le démenti du caporal Francken selon lequel les pilotes belges s'entraîneront aux Pays-Bas, en France, voire à quelque mille bornes en Italie n'aura guère réduit l'hilarité générale. On n'en dira pas autant du coût exorbitant de l'avion de chasse, quelque 71 millions d'euros l'unité, soit au total près de 6 milliards, maintenance inclue, l'heure de vol, elle, pesant entre 40 et 50 mille euros. Cela ne fait pas rire grand monde, ni dans les files de (...)
18 septembre 2025
Il vaut toujours la peine de revenir en arrière pour aller de l'avant. Et notamment en faisant bon usage de la pratique de l'«exzerpieren» pour utiliser le terme de Karl Marx pour ses recopiages, il en remplissait carnet sur carnet dans le silence de la British Library à Londres. C'est une manière de constituer sa propre encyclopédie. Dans le cas qui nous occupe, l'OTAN, l'Ukraine, la guerre entre Washington et la Russie, c'est le recopiage des éléments forts d'un article paru dans The German Times en novembre 2008. C'était un périodique mensuel de grande qualité qu'on ne trouve plus comme auparavant chez le libraire et, pour cause, car comme beaucoup d'autres véhicules de la civilisation de l'écrit, il a cessé de paraître en 2020. L'article en question, dû à la plume de l'historien et journaliste Jocken Thies, était titré "Le point de vue de Moscou". En soi, c'est déjà presque blasphématoire, tant la russophobie des élites dans les capitales européennes s'emploie à faire taire ce qui (...)
3 mai 2025
Une double page dans l'hebdomadaire suédois Proletären du 20 mars (communiste) développe et analyse campagnes et résistances en Irlande autour d'une hypothétique adhésion de la République - patrie de Joyce et de Yeats - à l'Otan. Ce ne sera pas chose aisée, un sondage récent indiquant que seuls 17% des sondés sont en faveur d'une adhésion à l'Alliance atlantique; contre 31% à partager cette opinion au nord, occupé par la Grande-Bretagne. Ils le sont d'autant moins que la République d'Irlande fait partie de cette valeureuse escouade de nations qui font profession de neutralité en Europe. Tel est également le cas de la Serbie, de la Suisse et de l'Autriche. La Belgique l'était en 1831 mais perdra sa "neutralité permanente" constitutive par le Traité de Versailles, 1919. Pour les pacifistes de tous pays et de toutes séductions philosophiques, il y a là comme un étendard à brandir: Paix et Neutralité, ici et (...)
3 mai 2025
Les autorités communales d'Etterbeek ne souhaitent manifestement pas que les États-Unis, déménageant chez eux leur ambassade, dans les anciens bâtiments de la banque ING au Cours-Saint-Michel, en fassent l'arrogante réplique de leur forteresse actuelle, rue du Régent, où ils ont privatisé une voirie ex-publique (rue Zimmer), et installé à front des chevaux de frise intimant au quidam que là, il n'est plus chez lui, ce n'est plus Bruxelles, c'est Washington D.C., voire chasse gardée de la CIA. De fait, lorsqu'on jette un coup d'œil au nouveau site etterbeekois, c'est un espace de 100.000 m2 sur quatre hectares, soit un chouïa plus qu'il ne faudrait pour abriter des guichets de délivrances de visa ou d'homologation. Bien assez par contre, pour le dire avec quelque candeur, pour accueillir lobbyistes, espions, militaires en civils, influenceurs, experts en guerre numérique, (...)
3 mai 2025
Critiquer la chorale des dirigeants va-t-en-guerre européens vaut illico d'être qualifié (au mieux) de "poutiniste". Air connu. Voici peu, et encore maintenant, apparaître comme "anti-establishment" donnera lieu à l'étiquette de "populiste". Ce film de série B repasse devant nos yeux. Tour d'horizon "Patron, on a un problème de narratif" Posé en ces termes, ce n'est pas encore demain que la question se posera avec quelque nervosité dans les huis clos de la Commission européenne ou de l'OTAN. Et pour cause: le "narratif" caresse sans fléchir dans le sens de leur poil. Des médias dominants, il n'y a rien à craindre. Du personnel politique, non plus. La parole de l'OTAN est d'évangile. Mais, d'abord, mise au point. Vu qu'il n'y a personne qui aurait l'idée d'appeler narratif ce que le voisin de table au bistrot en long et en large raconte de sa vie, personne non plus pour dire que la Bible ou le Coran présentent tout de même un narratif (...)
22 février 2025
Se dessine dans la Vieille Europe un mouvement pour jeter aux orties Twitter (réseau dit social), depuis peu rebaptisé X; voire le boycotter ou, plus fort, carrément l'interdire. Comme quoi, la censure, de discrète et camouflée, se fait désormais bruyante et vertueuse. Bizarre, vous avez dit bizarre? Qui suit un peu l'actualité l'aura remarqué. Ici et là, des gens, des groupes, qu'on aura tendance aujourd'hui à qualifier d'«influenceurs», bref, des gens et des groupes qui disposent d'une tribune publique et, partant, d'une certaine audience, ces gens et ces groupes en appellent ouvertement à la censure. Qu'on croyait d'un autre âge. Ou, à tout le moins, réservée à celles et ceux - gens de pouvoir - qui sont en position de l'imposer par le "fait du Prince". Sans remonter aux censures exercées contre Les Fleurs du mal de Baudelaire (1857) ou Ulysse de James Joyce (1922), l'interdiction de diffusion en Europe des chaînes d'information russes Russia Today et Sputnik (...)
7 décembre 2024
Pogroms et solution finale des nazis, dont les armées étatsuniennes prendront le relais au Viêt-Nam: dans les deux cas, un Tribunal international en jugera. Pour Gaza, on attend... L'éclairage du philosophe inclassable Günther Anders en illumine la scène. Au mois de novembre 2024, le public prêtant oreille, même distraite, au bavardage médiatique n'a pu manquer de remarquer la réapparition d'un terme qu'on pouvait penser relégué dans les livres d'histoire. Celui de pogrom. Pourquoi pas ? C'est que les nouvelles tombant depuis un mois sur les massacres génocidaires perpétrés par l'État israélien contre les populations civiles palestiniennes de Gaza, du Liban et de Cisjordanie, ce génocide pouvait, par métaphore, être qualifiés de pogroms. Ou de holocauste, pourquoi pas, vu l'ampleur inouïe de cette (...)
26 août 2024
Il y a deux camps. L'un pour la guerre, l'autre, pour la paix. D'un côté, le cercle des dirigeants, de l'autre, les gens d'en bas. Suivez le guide... C'est une des marques prégnante de l'époque (celle où nous patouillons) que cet abîme creusé entre les "élites" des sociétés capitalistes contemporaines et la piétaille qui n'a rien à dire, en dessous. On peut le dire comme ça. On peut aussi le dire autrement: béance entre gouvernants et gouvernés, entre classes dominantes et les autres, subalternes, entre riches et pauvres en tout, etc. Cela prend diverses formes dont celle d'un discrédit croissant, d'une défiance momifiée ciblant les nantis des corporations politique et de presse - qui s'en fichent royalement. Rien de très neuf dans ce constat. Cela a été dit et redit. Règne du "top-down" réduisant l'idée - démocratique - d'un "bottom-up" au rang des curiosités grammaticales. Grand écart Le conflit OTAN-Russie en Ukraine en est une (...)
1er mai 2024
Dernière rengaine de la chorale atlantiste: les chars d'assaut sont à nos portes! Quiconque n'a pas la mémoire courte sait de quoi il retourne. Farandole usée comme la corde. Il faut être frappé d'une surdité cadavérique pour n'avoir pas entendu la mélodie. On l'a entendue mâlement bégayée par le président de la République française. Et claironnée par les mégaphones de l'Otan. Et reprise en chœur par la presse écrite et audiovisuelle. Partout, le même refrain: les tanks russes sont à nos portes! Avec le message: il faut, de l'aride Laponie aux étincelantes Asturies, de la brave petite Côte belge aux antiques contreforts des Alpes, se préparer à la guerre. Toute l'Europe, comme un seul homme. Ça peut faire sourire. Inquiéter un peu tout de même, aussi. Et puis, chez les mélomanes, faire naître une impression de déjà entendu. La peur du Rouge n'est pas que folklorique. Il a allure d'incontinante continuité. Depuis la naissance de l'État ouvrier soviétique, il (...)
31 janvier 2024
L'information rapportée en exclusivité par Bild, le quotitiden de caniveau allemand, ne manque pas de piquant. Le titre, déjà, a odeur de soufre: "La Bundeswehr se prépare à une agression de Poutine". Non, mais, allo, quoi? À la base de l'article alarmiste du Bild: un scénario à la confidentialité toute relative (les fuites sont rarement innocentes) dans lequel l'armée allemande imagine une Russie qui, tirant profit du soutien occidental faiblissant à Zelensky, va s'enhardir pour masser ses forces dans l'enclave de Kaliningrad et, ensuite, susciter, dès décembre 2024, un conflit artificiel aux frontières polono-lituaniennes, ce qui reviendrait à s'attaquer frontalement à l'Otan. Et ce, pour s'emparer ensuite de Berlin? Les stratèges en herbe de l'armée allemande ne vont pas jusque là - mais recommandent très sérieusement, comme prévisible, le déploiement ad hoc de dizaines de milliers de soldats allemands. Pour le cas où. (Source: le compte Twitter @EuropaMagnifica, 14 janvier) (...)
23 novembre 2023
La Terreur est chose nécessaire, jugeait Victor Hugo. C'était un littéraire. Depuis, on a cherché à en faire une notion juridique, en vain. C'est qu'elle est avant tout politique. La couverture de presse de conflits armés est rarement neutre. L'Ukraine et la Palestine le démontrent à suffisance. On pouvait ainsi lire, le même jour, mercredi 11 octobre, une Une du journal Le Monde titrant en lettres capitales "En Israël, l'ampleur des massacres de civils" et, en contrepoint, la Une du NCR Handelsblad au Pays-Bas "Nous devons encore nous attendre à Gaza à des choses horribles". L'objectivité a deux faces. Et l'objectivité n'est pas toujours là où on le pense. L'hebdomadaire communiste suédois Proletären condensait ainsi l'information, le 12 octobre, par une Une sobrement titrée "Attaque historique contre Israël - De nombreux morts dans les deux camps". Voilà une présentation des faits qui sera évidemment dénoncée, au minimum, comme (...)
1er octobre 2023
Évoquer la personne de Zelensky en disant de lui qu'il est "désormais érigé en réincarnation du Christ", il faut oser. Enchaîner en affirmant qu'exprimer "la moindre divergence" avec ce croisé médiatiques des temps modernes vaut aussitôt au blasphémateur le "titre de «collabo-poutiniste»", voilà qui ne sortira pas de sitôt de la plume d'un commentateur exerçant ses talents de rhétoricien en Belgique. La plume, en l'occurrence, était tenue par Luc Ferry, rendant sa copie pour la chronique hebdomadaire qu'il tient dans le journal Le Figaro, publiée le jeudi 14 septembre de cette maussade année 2023. Ferry est, comme ledit organe de presse, de droite, ce qui ne manque pas de sel, car ces propos passablement dissidents sont radicalement à rebours des postures du président de la République et de son gouvernement, lesquels sont bien à droite, eux aussi. Donc, un homme de droite qui rigole un peu de Zelensky. Et qui n'hésite pas à rejoindre le camp (...)
23 juillet 2023
La mer Baltique, devenue "lac de l'Otan" Crevaison ou bouchons de Champagne? C'est sous ce titre à la Janus que, le 29 juin 2023, le publiciste suédois Knut Lindelöf invitait à considérer le sommet de Vilnius alors à venir. Animateur d'un redoutable "multi-blog" témoignant de la vivacité des voix dissidentes dans le débat suédo-suédois, il vaut la peine d'être lu1. En voici l'essentiel: "Question légitime que de se demander pourquoi la Suède reste toujours tenue à l'écart de l'OTAN, non par le gouvernement suédois ou l'opinion critique suédoise, mais par le président turc Erdogan et le président hongrois Orbán. "D'un côté, il est tout à fait scandaleux que la politique de sécurité de la Suède soit décidée par les (...)
1er avril 2023
Le CSO a choisi de mettre les pieds dans le plat: une conférence-débat pour briser la loi du silence sur toute dissidence relative au conflit ukrainien. Synthèse d'une mémorable soirée. Réunir assez de monde pour éviter les travées tristement clairsemées par une soirée hivernale peu accueillante, et sur un sujet quasi académique encore bien - Guerre en Ukraine: Réalités et Propagandes -, voilà qui tenait de la gageure. Et pourtant, salle comble. Le 18 janvier 2023, dans une salle de l'Espace Senghor, centre culturel etterbeekois, il y avait plus de cent personnes inscrites, et pas loin de cinquante en plus, venues sans prévenir: il a fallu ajouter des chaises et suggérer que le moelleux du tapis couvrant les accès en gradins peut tout aussi bien faire l'affaire. La qualité des orateurs explique en partie. D'un côté, l'historienne pasionaria Anne (...)
1er juillet 2022
Offensive totale, quoique. Le terme guerre totale conviendrait tout autant, sinon mieux. Les décisions récentes de la Finlande et de la Suède, jusqu'ici neutres, d'adhérer à l'Otan (supposant encore un feu vert turc et a posteriori une ratification parlementaire) ont fait couler une quantité considérable d'encre d'imprimerie, dans les médias qui n'ont pas renoncé à croire au papier. C'est très largement, il faut bien le dire, du discours qu'on peut, sitôt lu, oublier. Ces envolées de tourisme géopolitique, par exemple, rappelant que la neutralité fait partie de l'identité nationale des Suédoises et Suédois, et que la Finlande, surgie d'une succession de colonisations, c'est un peu plus compliqué. Pas faux. La Suède est nation depuis au moins le 16ème siècle et neutre depuis 1812. La Finlande, possession autrefois de la Suède puis de la Russie, a été adoubée État souverain par le Traité de Versailles en 1919, à l'instar de l'Organisation internationale du travail. De facto, cependant, ils étaient (...)
1er avril 2022
La première victime de la guerre, c'est quoi encore? Selon une citation invérifiable attribuée à Rudyard Kipling, ce serait la vérité. Pourquoi pas? Mais on pourrait tout aussi bien dire que le grand perdant, c'est le sang-froid, l'esprit critique, la volonté de ne pas s'en laisser conter. Depuis le déclenchement des hostilités en Ukraine, il suffit de jeter un coup d'œil à la presse belge ou française. Ce n'est plus du journalisme mais, chauffé à blanc, du militantisme surexcité. Avec, à géométrie invariable, des Bons (nous) et des Mauvais (eux). Quelle que soit l'opinion qu'on a sur le conflit, on ne peut qu'en conclure que le sang-froid, c'est zéro, et l'esprit critique, double zéro. Et, là, c'est sans dire mot de la censure pure et simple, dont il faut tout de même ici en joindre quelques-uns. Voici peu, en effet, Amnesty International dénonçait la décision russe de bâillonner des médias critiques, mais en faisant silence sur la décision de la Commission européenne de bâillonner (...)
1er avril 2022
Comme nul ne l’ignore, peut-on espérer, c’est moins de 48 heures après l’attaque de l’Allemagne contre la Pologne, que la Grande-Bretagne a déclaré, urbi et orbi, la guerre à l’Allemagne. Et ce, mettons, pour simplifier, par solidarité. Cette solidarité que la plupart des pays de l’Union Européenne manifestent à grands coups de clairon depuis le 24 février à l’Ukraine. Jusque-là, en laissant de côté la question de savoir qui était l’agresseur – la Russie ou l’Otan -, il y a comme un air de famille. A ceci près que, contrairement à septembre 1939, aucun pays ne s’est risqué en février 2022, à une déclaration de guerre. Envoyer des armes, oui, missiles antichars et lance-roquettes, même des "casques et des jumelles" (dixit le Premier ministre De Croo, 24/2), oui et encore oui, mais sans déclaration de guerre, surtout pas, on évite jusqu'à utiliser le mot. Même, on insiste: "Nous ne sommes pas en guerre", dixit le président français Macron à la télé (1/3). Tout cela a quelque (...)
14 décembre 2021
Nej till Nato? Nej till Nato - Non à l'Otan, sans point d'interrogation. C'est le nom d'une des organisations qui fédèrent l'opposition citoyenne à l'Otan en Suède1. Pour mémoire, ce pays fait partie, avec l'Autriche, l'Irlande, la Finlande, des États du Vieux Continent qui n'ont pas adhéré à l'Otan, passée de 16 États membres en fin de "guerre froide" en 1991 à désormais 30. L'existence d'un secteur associatif vivace, gardant à cœur le pacifisme imprimé depuis le début du 19ème siècle à la politique étrangère sous la devise "Non-allié en temps de paix, neutre en temps de guerre", constitue sans le doute le dernier frein cosmétique à une adhésion pleine et complète pour une élite politique acquise à Washington. Le regain de tension Est-Ouest aux frontières de la Pologne et de l'Ukraine n'a en ce sens que donné des ailes à Stockholm aux effets de manche atlantistes, le ministre de la Défense (...)
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