Comité Surveillance OTAN
2 décembre 2025
Pendant de longues années le Venezuela était devenu la vitrine d’une débâcle largement diffusée par le système médiatique. « Voilà un pays possédant les plus importantes réserves de pétrole au monde, mais incapable de nourrir sa population qui s’exile par millions » était la tonalité du discours des éditoriaux des médias occidentaux pour parler de l’expérience chaviste. Pourtant, dans son rapport de l’année 2013, l’Organisation des nations unies pour l’agriculture (FAO) distinguait le Venezuela comme le pays où « des progrès importants étaient accomplis dans la lutte contre la faim »1 Dix années après, en septembre 2023, le bureau d’alerte de la même agence, traitant exactement le même sujet, précisait qu’entre 2018 et 2020, « 23,9 % de la population du pays se trouvait en situation de sous-alimentation » (contre seulement 2,5 % entre 2010-2012) et que 4 millions 300 mille Vénézuéliens avaient besoin d’assistance alimentaire2. Pas étonnant donc, (...)
17 septembre 2025
Parmi les sempiternelles critiques de Donald Trump à la présidence de Joe Biden, une d’entre elles concernait la gestion de ce dernier du « problème » vénézuélien. Lors d’un discours prononcé en Caroline du Nord en juin 2024 pendant sa campagne électorale le candidat Trump faisait état de ses regrets : « Quand j’ai quitté la Maison blanche, le Venezuela était au bord de l'effondrement. Nous aurions pris le pouvoir et aurions mis la main sur tout ce pétrole, qui se trouvait juste à côté. Aujourd'hui, nous l’achetons au Venezuela. Nous enrichissons donc un dictateur. Pouvez-vous croire cela ? »1. Il regrettait ainsi ne pas avoir pu refaire avec son protégé Juan Guaido, l’exploit qu’il avait réussi à faire en Syrie et dont il se vantait devant un journalise de Fox News : « Ils disent que j’ai laissé des troupes en Syrie. Non, je les ai toutes retirées sauf celles qui ont pris le contrôle du pétrole. Et nous avons le pétrole. À l'heure actuelle, les États-Unis ont le pétrole. (...)
3 mai 2025
Avant même la réunion convoquée pour le premier week-end de mars par la présidente de la Commission européenne pour discuter de la sécurité en Europe, le PDG du groupe allemand Rheinmetall, Armin Papperger, annonçait que son groupe envisageait la conversion de deux de ses usines de composants automobiles, qui fournissaient des pièces pour Golf et Audi, à la production d’armements en raison de la très forte demande. Allant plus loin, il annonçait également vouloir reprendre l’usine Volkswagen d’Osnabrück, menacée de fermeture, pour y produire des chars.   En fait, les perspectives d’affaires sont si bonnes dans le domaine de l’armement suite aux décisions de l’UE de tout faire pour militariser les économies européennes que, si les choses continuent à ce rythme, on risque d’avoir prochainement des missiles Porsche (de luxe, bien entendu...)1. Blague à part, on en est à se demander si l’ancienne ministre de la Défense du gouvernement Merkel et aujourd’hui présidente de la Commission (...)
22 février 2025
Tous les conflits contemporains ont connu toutes sortes de manipulations, de falsifications, de demi-vérités soigneusement dosées mais aucun, même celui du Viêt-Nam ou de la Yougoslavie, n'aura été aussi mensongèrement, aussi grossièrement traité que la longue guerre syrienne ; et ce depuis son début . Les révoltes ont commencé en mars 2011 dans la ville du Deraa située au Sud-ouest, tout près de la frontière avec la Jordanie et Israël. Selon le récit, unanime et devenu sacré, du système médiatique, c’est à ce moment que le peuple de cette ville aurait manifesté pacifiquement contre Bachar el Assad pour ne réclamer que le droit d’accéder à la liberté et à la démocratie. Réclamations qui n’auraient eu comme réponse de ce dernier qu’une répression brutale, suscitant ainsi des émeutes dans tout le pays et ce jusqu’à finir, treize ans plus tard, à son éviction du pouvoir ce 8 décembre. Le général Anwar Al-Eshki est un général un peu particulier, si l’on peut jouer avec les mots. Saoudien, (...)
1er mai 2024
Des chefs d’État, des rois et princes par douzaines, des journalistes par centaines et, bien entendu, les médias avec tout leur arsenal seront là pour fêter le débarquement ou, plus exactement, ce script cherchant à présenter les États Unis comme les artisans uniques de la liberté retrouvée en Europe, comme les héros, quasi solitaires, de la victoire sur le nazisme. Cette année, la mystification risque d’être encore plus bruyante à l’occasion du 80ème anniversaire de cet événement. Loin de nous, l’intention mesquine de minimiser la bravoure, le courage de ces jeunes américains, britanniques, français et canadiens, souvent adolescents, qui furent largués des avions ou débarqués des bateaux et qui devaient plonger dans une mer hostile avec une moyenne de 60 kg de matériel sur les épaules pour aller combattre l’armée du IIIe Reich. Bien au contraire, leur mémoire mérite tous les hommages. Mais de là à détourner l’histoire et chercher à faire oublier que ce fut bien l’Union (...)
1er mars 2023
Alors que les dirigeants européens, les porte-étendards autoproclamés des grandes « valeurs », sont engagés dans une course effrénée pour remporter le concours de vassalisation envers les diktats de l’OTAN, voici qu’un vent de liberté et de dignité nous arrive du tiers-monde, plus exactement de l’Amérique latine où les dirigeants les plus éclairés ont su répondre avec un niet bien sonore aux pressions visant à les aligner dans le camp des va-t’en guerre. La générale de l’armée étasunienne Laura J. Richardson, la cheffe du « SouthCom », le Commandement Sud de l’armée des USA actif en Amérique du sud et aux Caraïbes, s’est adressée aux responsables de la Défense de plusieurs pays d’Amérique latine leur demandant d’envoyer leurs équipements militaires d’origine russe pour soutenir l’armée ukrainienne[1]. En échange, ces pays recevraient des équipements américains équivalents flambant neufs ou, s’ils le préféraient, (...)
1er janvier 2017
Deux grandes opérations militaires se déroulent en parallèle actuellement; l'une à Alep, ville située au nord-est de la Syrie où les forces loyales au président Bachar el-Assad essaient de déloger les combattants salafistes postés à l'est de la ville et une autre à Mossoul, théâtre d'une offensive militaire organisée par ladite 'Coalition internationale' dirigée par les Etats Unis, visant à libérer cette ville des forces de l'Etat Islamique ou Daesh; cette coalition intègre une série de pays dont  la France et les pays du Golfe. Les deux villes visées par ces opérations sont des villes très importantes dans leurs pays respectifs et sont habitées par des populations très nombreuses pareillement exposées aux actions militaires en cours. Ce qui les différencie, c'est le traitement que les médias donnent à ces opérations.  Le choix bien sélectif de mots S'agissant de Mossoul, la radio, la télévision ou la presse écrite, parlera des "islamistes", des "terroristes" ou des (...)
6 août 2014
Nous sommes encore une fois, toujours les mêmes ou presque, au rendez-vous avec le souvenir du sacrifice de la ville d'Hiroshima et sa population victimes d'une opération politique du militarisme américain. Parce que le crime contre Hiroshima fut plus une opération politique que militaire. Aucun besoin, en effet, de ces bombes pour vaincre un Japon déjà vaincu ; par contre l'arrogance américaine avait besoin de montrer ses muscles dans la politique d'affrontement qu'elle se préparait à entreprendre vis à vis de l'Union Soviétique. Mais cette fois notre réunion a quelque chose de particulier et cela pour deux raisons. D'abord parce que la belle stèle de pierre que nous venons de découvrir nous ramène au souvenir de notre cher camarade Pierre Pierart ; ensuite parce que le moment que nous vivons aujourd'hui est d'une particulière gravité. Le journal américain New (...)
1er avril 2013
Difficile de trouver des exemples d’une plus grande irrationalité dans la conduite d’une politique extérieure que celle dont le gouvernement français nous fait, aujourd’hui, la démonstration éclatante. Après avoir décidé de lancer, sous la présidence de Sarkozy, une brutale intervention militaire en Libye sous prétexte de l’imminence d’un massacre contre la population de Benghazi par le gouvernement de Kadhafi, voilà que le gouvernement français, cette fois sous la direction de François Hollande, décide d’intervenir militairement au Mali. Or il saute aux yeux du plus modeste observateur que la crise malienne est, dans une large mesure, une résultante de l’intervention, plus exactement de l’agression, concoctée par la diplomatie franco-britannique, activement soutenue par les Etats-Unis et l’Otan. Cette agression militaire qui a duré plus de 8 mois a été non seulement à l’origine d’un important flux d’armements de tout genre provenant des pays agresseurs dont, en plus des pays mentionnées, ceux des (...)
30 juin 2011
Les arbres, encore une fois, servent à cacher des forêts. La diabolisation médiatique de l'adversaire a, à nouveau, permis de dissimuler les intérêts économiques et géopolitiques qui muent les agresseurs. Nombreux par exemple sont ceux qui ne remettent pas un instant en question le "fait" que Kadhafi a bombardé sa population ; je ne mentionnerai que l’article de Natalie Nougayrède dans Le Monde du 11.03, disant que « les carnages provoqués par des bombardements aériens n’ont pas, à ce jour, été vérifiés » et les informations des services de renseignement russes selon lesquels aucun bombardement de populations civiles par l’aviation de Kadhafi n’avait pu être vérifié. Comment par ailleurs expliquer que, dans un monde où le plus petit coin d’une ruelle est (...)
5 janvier 2011
La victoire électorale de Hashim Thaci au Kosovo au Kosovo, très contestée par ses opposants qui l’accusent d’avoir fraudé lourdement, n’a pas semblé émouvoir outre mesure Monsieur le Secrétaire Général des Nations Unies. Le fait que cet ancien patron de l’UCK soit soupçonné de complicité, sinon de participation directe, dans une scabreuse affaire de trafic d’organes ne paraît pas ébranler, non plus, sa haute sensibilité pour tout ce qui touche au strict respect du déroulement et des résultats des rendez-vous électoraux. Sensibilité qui semble, néanmoins, de géométrie quelque peu variable. Ainsi, le fait qu’en juin 2009 le Président élu du Honduras, Manuel Zelaya, ait été démis de ses fonctions par un coup d’Etat de militaires allergiques à son orientation progressiste n’a suscité d’autre réaction que des regrets aussi pieux que peu sincères, à l’instar de ceux du Président Obama ; regrets destinés en fait à assurer que le putsch en question se stabilise en douceur. Ainsi, Manuel Zelaya (...)
18 mars 2007
La tournée européenne de l’homme politique japonais et, en particulier, ses visites aux sièges de l’UE et de l’OTAN, méritent probablement le qualificatif d’historique. En effet, c’est la première fois qu’un chef d’un gouvernement supposé observer, par mandat constitutionnel, une vocation pacifiste, se rend en visite officielle au siège d’une alliance militaire avec l’objectif – certes, encore non avoué – de préparer l’entrée du Japon comme membre à part entière de cette alliance.
31 mars 2006
Lorsque, en octobre 1999, j’interrogeais l’ancien Secrétaire Général des Nations Unies Javier Pérez de Cuellar en fonctions pendant la naissance de la crise balkanique à propos de l’inculpation qui venait d’être lancée contre le président yougoslave Milosevic, ce diplomate me répondit : « Si ce Tribunal s’intéressait vraiment à juger les responsables de la tragédie yougoslave, il devait plutôt interroger Hans-Dietrich Genscher ».
1er octobre 2001
Appel à une mobilisation citoyenne Comme on pouvait s’y attendre, les attentats du 11 septembre aux Etats-Unis, que nous condamnons sans réserves, ont servi de prétexte pour activer les aspects les plus réactionnaires et bellicistes de la politique internationale américaine. Cette politique vise à liquider définitivement ce qui reste de capacité d’intervention du système des Nations Unies pour le règlement de conflits internationaux; ce qui veut également dire liquider l’existence même du droit international comme élément normatif dans les rapports entre les nations. Cette dangereuse et antidémocratique évolution est en train de se faire cette fois sans la moindre pudeur. En effet, pour l’intervention en Irak les alliés eurent l’accord des Nations Unies ; pour le Kosovo ils passeront outre sous (...)
1er février 2001
A la manière d’un serial killer imaginé par un méchant scénariste, les cas de décès enregistrés aux USA, en Italie, en France, en Belgique, au Portugal, de militaires ou de  fonctionnaires ayant servi dans les récentes expéditions de l’OTAN, commencent à générer un sentiment d’inquiétude sur les risques, présents et à venir, dérivés de la présence de l’uranium appauvri dans la composition des armes employées. En quelque sorte, la collatéralité des dégâts, pour reprendre l’expression chère à Monsieur Shea, élargit encore ses horizons. Ainsi, pour une fois, la météo médiatique est en train de souffler dans le mauvais sens pour les stratèges de la néo-géopolitique mondialisée, et ce malgré (...)
30 novembre 2000
Des foules immenses dans les rues de Belgrade, aujourd'hui, comme dans celles de Prague hier, de Bucarest avant-hier ou encore de Managua bien plus loin. Ces foules avec drapeaux et fumées ont quelque chose des ballets d'ombres de la caverne de Platon, mais sont-elles toujours le témoignage d'un fond et un parcours démocratique ? Qu'y a-t-il derrière ces ombres  ? Slobodan Milosevic c’est fini, il s'en va, et les grands de ce monde - Clinton, Chirac, Allbright, Jospin - parlent du "triomphe de nos valeurs". Mais quelles valeurs ? Et quelles méthodes pour quel triomphe? Un regard rétrospectif nous conseillera peut-être plus de modestie. Au printemps 99, au plus fort des bombardements, quand ceux-ci visaient des objectifs civils tels que des lignes d'alimentation électrique, des réseaux d'approvisionnement d'essence, des ponts et voies de communication, le (...)
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