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Quand l’Otan fait de la recherche scientifique…

Jean Pestiau
1 juin 2000

Sur les murs des centres de recherche et des universités, on peut voir de nombreuses affiches invitant à des conférences, écoles d’été, colloques, etc. financés par l’OTAN. Il n’y a rien de militaire là-dedans. Ce sont des activités purement scientifiques allant de la psychologie à la physique en passant par la biologie ou la sociologie. Pour la plupart des scientifiques, c’est de l’argent bon à prendre pour le consacrer à leur recherche. Un point, c’est tout. Un exemple. Avant d’être Recteur de l’Université catholique de Louvain, Marcel Crochet était professeur à la Faculté des Sciences appliquées de l’UCL et conseiller scientifique de l’Otan.

Les professeurs d’université et autres chercheurs se posent rarement la question pourquoi l’OTAN finance-t-elle toutes ces activités civiles. Par rapport à son budget total, cela ne représente qu’une goutte d’eau.

Selon moi, il y a deux raisons qui motivent l’OTAN :

Neutraliser une partie des intellectuels d’Europe, des États-Unis et du Canada face aux crimes contre l’humanité commis par l’Otan et par les puissances qui la composent.

Tenir à jour les listes des jeunes scientifiques, parmi les plus actifs et les plus prometteurs, qui peuvent servir en cas de conflit majeur.

En 1995, j’ai eu l’occasion de poser au responsable du département de physique du Centre de Los Alamos (le plus grand laboratoire de mise au point de nouvelles armes nucléaires aux États-Unis), la question suivante : « Quelle était l’atmosphère à Los Alamos lors de la guerre du Golfe ? » Sa réponse : « Les journées autour du Nouvel An 1991 ont été exaltantes. La guerre contre Saddam était imminente. Les chercheurs à Los Alamos étaient gonflés à bloc, soutenus par l’ immense patriotisme qui régnait dans tout le pays. En quinze jours, nous avons fait ce qu’y aurait été fait en un an en temps normal. Los Alamos revivait la mobilisation de la deuxième guerre (quand la première bombe atomique y a été mise au point) ».

Ce sont des scientifiques conditionnés à ses objectifs de terreur dont l’OTAN a besoin ! Vous comprenez pourquoi depuis plus de trente ans, je n’ai pas voulu être financé par l’OTAN ou participer à une de ses quelconques activités scientifiques soi-disant innocentes.

Jean Pestiau
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