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La croisade armementiste du Père dall’Oglio à Bruxelles

Patricia Villalon
1 avril 2013

Le Père Paolo Dall'Oglio poursuit sa croisade armamentiste en Europe. Il est de nouveau en visite à Bruxelles pour nous parler de non-violence et se lance dans un discours terriblement belliqueux. Selon lui, toute violence serait légitime quand il s’agit de renverser Bachar Al Assad.
« toute violence » : en ce inclus celle de l’ASL et des groupes djihadistes islamistes salafistes les plus enragés contre les civils d’autres communautés.
Le père jésuite est très controversé suite à son engagement aux côtés des rebelles syriens. D'ailleurs, le supérieur des jésuites de Damas, le père Nawras Sammour s'insurge contre ses propos : "en tant qu'homme d'église nous sommes censés partir de notions telles que la justice et la non-violence, le père Dall'Oglio est partie prenante dans le conflit désormais, et ses positions n'engagent que lui".
Le Père dall'Oglio dit : "se consacrer au désir de liberté des Syriens", il multiplie des interviews et conférences en Europe en essayant de convaincre les gouvernements et les institutions de fournir l'argent et les armes nécessaires pour abattre le « régime de Bachar Al Assad ».

Le père Dall'Oglio est venu une première fois en Belgique en septembre 2012, pour demander l'aide économique pour armer ceux qu’il appelle "les jeunes et courageux rebelles syriens". Dans une conférence donnée à l'ULB, il n'a pas hésité à se comparer au curé "guerrillero" Camilo Torres, (le prêtre colombien qui participa à la guerilla de l’ELN en 1960) et à défendre l'usage d'armes pour faire tomber le régime syrien. Juliette Boulet (Ecolo), à qui nous devons l’initiative de rassembler les parlementaires « Amis de la Syrie », était à ses côtés et appelait pratiquement à faire fermer l'ambassade de Syrie en Belgique.

A l'époque, le père Paolo avait aussi donné une interview à la presse belge, il y expliquait qu'en Syrie une partie de l'islam sunnite syrien soutenait Bachar Al Assad, de même que d’autres communautés, comme les bédouins sunnites d'Alep en raison, selon lui, d'un pacte d'allégeance ; que les kurdes sunnites étaient, eux aussi, du côté du régime, car "ils sont tellement anti-turcs que n'importe qui est leur allié". On arrivait à se demander qui sont « les révolutionnaires » qui veulent faire tomber le régime ? Le père n'hésitait pas à expliquer que ces combattants revolutionnaires sont des soufis, les frères musulmans, ainsi que d'autres groupes radicaux appuyés par des sympathisants d'Al Qaeda.

En mars 2013, le père Dall’Oglio est de retour en Belgique. Dans une interview au journal "Le Soir", il revient sur la situation dans le nord de la Syrie, et là surprise! Les mêmes kurdes sunnites qui soutenaient le « régime » de Bachar Al Assad sont devenus ses protecteurs et gardes du corps.
On se demande alors quels sont les groupes pour lesquels le père Dall’Oglio fait sa campagne armamentistes ?
Pas d'inquiétude : à la question posée par le journaliste : "Que pensez-vous des groupes islamistes radicaux, ceux qui sont tant craints en Europe?" - il répond: "Ils se battent contre le régime. Comme les autres. Mais avec une culture de l'Islam différente. L'argument qui consiste à dire que les armes qu'on confierait à L'ASL risquent de tomber entre de mauvaises mains n'est pas correct. Cela revient à aider le régime en place sous prétexte que l'alternative est pire", et il continue, "les Syriens ont bien dû constater que seuls les islamistes sont venus à leur aide militairement, et avec efficacité"
Le journaliste continue: "On dit les chrétiens effrayés par ces dijihadistes....", et Dall'Oglio répond : "Oui, mais sur le terrain, les sunnites radicaux - même si une partie pense que les chrétiens pactisent avec le régime - promettent de ne pas s'en prendre à eux et ce sont des gens qui respectent leur parole".

Pareille réponse relève-t-elle de l'angélisme (puisqu'il ne faut pas oublier qu'il s'agit d'un père jésuite), de la naïveté, ou est-ce du machiavélisme pur et dur? On reste interrogatif et inquiet face à cette soif de guerres de la part des pays occidentaux et de ces soi-disant humanistes, et face à l'engagement de cet homme d'église, le père Paolo Dall'Oglio qui en 2012 a reçu le Prix de la Paix, octroyé par la Région de Lombardie à de grands témoins pour la paix.
Encore plus préoccupant est l’accueil et le soutien qu’il reçoit parmi plusieurs associations du mouvement de la paix et des partis progressistes belges. Pour nous, le Père Dall’Oglio est devenu l’ambassadeur des groupes les plus rétrogrades et les plus belliqueux de l’opposition syrienne, des tendances qui rendent impossible toute issue politique au conflit syrien.

Patricia Villalon
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