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La libération de la Ghouta, un coup dur pour l'Otan et sa Coalition

Claudine Pôlet
4 avril 2018

Quelques précisions de  terminologie:  
La Ghouta Orientale n'est pas un "quartier rebelle" de Damas. Depuis 2012, cette région, aux alentours de la capitale Damas était sous le joug de plusieurs bandes fascistes islamistes, armées, conseillées et  financées par la Coalition Internationale Contre le terrorisme", laquelle est composée par la plupart des Etats membres de l'Otan et de ses partenaires en Afrique du Nord, au Proche et Moyen Orient.
Il n'y a pas de groupes rebelles, ni de "rebelles modérés", mais diverses milices privées terroristes, dont le mouvement Jaych al-Islam, l'Armée syrienne libre, le Front Al-Nosra.
Il n'y a pas de Régime , comme le disent avec arrogance les medias, mais bien le Gouvernement de la République syrienne, pas de Tyran, mais bien un Président élu, Bachar Al Assad. Et des élections en 2016 dans les parties de la Syrie non envahies par la Coalition Internationale et ses exécutants
Il n'y a pas de Forces Armées du Régime,  mais bien une armée régulière gouvernementale, qui a d'ailleurs payé très cher (au moins 80.000 morts entre 2011 et 2016)sa loyauté à la République syrienne et à l'intégrité de son pays.

Les media occidentaux se sont déchainés, une fois de plus, pour répercuter les habituelles accusations "d'usage d'armes chimiques" par les forces militaires gouvernementales, "de massacre de  milliers de civils". Ils n'ont pas manqué d'additionner sans scrupules les mensonges les plus grossiers.

Le gouvernement de Bachar et le parlement syrien sont allés au pouvoir après des élections. Les dernières élections législatives syriennes, organisées le 13 avril 2016, ont été remportées par le parti Baas de Bachar al-Assad et ses alliés, qui ont eu 200 parlementaires sur 250 sièges. Elles ont eu lieu en pleine guerre dans la partie de la Syrie qui n'était pas envahie par la Coalition Internationale et les bandes terroristes islamistes. Un front s'est constitué pour défendre la Constitution syrienne, entre le Baas et une partie des mouvements d'opposition qui manifestaient contre le gouvernement de 2011. 

Le gouvernement de Bachar Al Asad a pleinement le droit et la légitimité de constituer les alliances qu'il estimait nécessaire pour se défendre. L'Alliance avec la Russie ne date d'ailleurs pas d'aujourd'hui, mais déjà de l'époque de l'URSS et elle a représenté un facteur essentiel pour faire face à l'invasion occidentale et de ses alliés les plus réactionnaires au Moyen et Proche Orient, comme l'Arabie Saoudite, le Qatar, les Emirats Arabes Unis, Israel.

En 1967, Israel a envahi, et ensuite annexé une partie de la Syrie, le plateau du Golan, à partir duquel il harcèle en permanence le territoire syrien et n'hésite pas à s'allier et soutenir matériellement les milices terroristes islamistes. Sa domination du plateau du Golan lui donne le contrôle de très grandes réserves d'eau de la Syrie.

En intervenant aux côtés du gouvernement syrien, la Russie, sous la présidence de Poutine, et grâce à son armée et forte du soutien de la majorité de sa population, a renoué avec la tradition de solidarité internationale de l'époque soviétique, et n'a pas seulement défendu des intérêts économiques immédiats. Lors des dernières élections présidentielles en Russie, c'est important de voir que les groupes d'opposition qui faisaient campagne pour que la Russie retire son soutien à la Syrie, n'ont reçu aucun appui.

L'accaparement du pétrole ou du gaz syrien ne présente aucun intérêt pour la Russie. Par contre, c'est très important d'avoir fait face aux puissances occidentales, dont principalement, mais pas seulement, les Etats-Unis, qui croyaient pouvoir continuer en toute impunité leurs invasions, leur domination économique et militaire sur le monde, fragmenter et détruire des pays entiers, comme en Yougoslavie, en Afghanistan, en Libye, en Irak, au Yémen, en Palestine, provoquer le chaos et la misère absolue partout où ils portaient leurs guerres "humanitaires".

Les puissances capitalistes doivent recourir chaque fois plus à des moyens technologiques ultra sophistiqués, à la cyberguerre, aux drones, aux bombardiers chargés d'armes nucléaires très pyissantes, pour compenser le refus des gens de faire la guerre. Elles ont aussi recours à l'organisation mondiale de bandes fascistes, peu importe que ces terroristes se nomment "Etat islamique", fous de Dieu, Daesh ou Al Nosra, pour former des milices privées. Ce sont ceux-là que les media et les "experts" en tout genre nomment "les radicalisés". Il faut aussi se rappeler que les premiers contingents de ces terroristes étaient des Afghans qui ont servi de "légion étrangère" dans l'invasion de l'Afghanistan en 2001, et les plus nombreux parmi ces soi-disant djihadistes sont des Tchétchènes, qui combattaient l'Union Soviétique,  et non pas des musulmans arabes, ni des "rebelles modérés" libyens, syriens ou irakiens.

Mais la guerre en Syrie n'est pas pour autant sur sa fin. En Afghanistan, après 17 ans d'occupation par les puissances impérialistes, organisées par l'Otan,  celles-ci ne sont pas parvenues à s'imposer ni à apporter le moindre progrès économique ou social dans ce pays. Mais elles ne se retirent pas de ce pays même si cela leur coûte des milliards de dollars de soutenir à bout de bras une armée afghane qui est la seule source d'emploi pour le peuple afghan. Chaque conflit armé dans le monde actuellement devient très vite une guerre "mondiale" et cette guerre est loin d'être "une "Guerre Froide". En Syrie, c'est aussi une confrontation mondiale qui se joue.

 

Claudine Pôlet
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