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Garder un œuil sur l'ours russe

William Safire
11 février 2004
source : New-York Times
http://www.iht.com/articles/128751.html

Article remarquable de l'ex-nègre de Nixon, autre chroniqueur vedette du New-York Times. Son dernier coup d'éclat avait été «l'information» juste avant l'agression contre l'Irak, que la France avait livré en 2002 des produits interdits à l'Irak. Ses articles indiquent donc bien la direction du vent, et l'article est dans la ligne actuelle de menace à peine voilées contre la Russie, 2 mois après le coup d'état sauce CIA en Géorgie. Cf par exemple Powell, qui lors de sa visite à Moscou le mois passé, a exprimé sa 'perplexité' à propos du système démocratique russe et a décrété que « le pouvoir politique [russe] n'est pas encore totalement attaché aux normes du droit » Rappelons quand même que Powell est membre d'un gouvernement parvenu au pouvoir après une fraude massive, dans un pays où de toute façon moins de 50% des citoyens participent aux élections. Quant aux normes de droit, Powell faisait sans doute allusion à Guantanamo.

Munich : Cette ville n'est plus le rendez-vous de la conciliation. Lors de la conférence annuelle sur la sécurité, à la veille d'une expansion de l'OTAN à 7 membres de plus, le ministre de la défense néo-impérialiste de Moscou a menacé de se retirer d'un accord limitant la taille de ses forces armées sur le front européen de la Russie.

Le coup de bluff de Sergueï Ivanov a été immédiatement dénoncé par le sénateur de l'Arizona John McCain. Il a accusé le régime du président Putin de faire un "coup d'état rampant" contre la démocratie en Russie, et de mener une campagne d'intimidation pour reprendre le contrôle des états -des pays baltes au Belarus, la Georgie et l'Ukraine- que la victoire américaine dans la guerre froide avait libéré du joug soviétique.

Cette confrontation entre l'OTAN et la Russie était en train de germer depuis un an. Tandis que l'Allemane et la France se coupaient du reste de l'Europe et des États-Unis au sujet de la guerre en Irak, Putin profitait de la distraction du monde entier pour briser la dissidence interne et saper l'indépendance de ses voisins.

Le premier indice publique de l'inquiétude des USA sur l'irrédentisme de Putin vint le mois passé lors du voyage de Colin Powell pour assister à la prise de fonction officielle du président géorgien nouvellement élu, signifiant un soutient ferme à l'indépendance de cette nation. Cette visite était accompagnée d'un article de Powell dans les Izvestia inhabituellement critique sur la répression de Moscou contre les médias d'information.

La réaction occidentale à la nouvelle agressivité russe s'est d'avantage exprimée la semaine passée à Riga, capitale de la Lettonie. L'accession à l'indépendance des pays baltes en 1989 fut le premier signe de l'effondrement imminent de l'Union Soviétique. L'arrivée prochaine de ces 3 états dans l'OTAN répare un crime de Hitler-Staline, mais elle blesse pour Moscou, qui avait encouragé le ressentiment chez les Russes ethniques implanté là depuis Staline.
[silence complet sur la discrimination inouïe que vivent les minorités russes de ces pays cf http://www.anti-imperialism.net/lai/article_lai.phtml?section=A1ABBE&object_id=22694; ils n'avaient qu'a pas être là, c'est la faute à Staline, dit en quelque sorte cette perle du journalisme : ]

Dans la capitale lettone, les pays baltes se sont réunis avec les nations scandinaves pour focaliser l'attention des droits de l'homme en Europe sur l'opposition démocratique interne aux tyrans absolus tel Aleksander Lukashenko du Belarus, et la bande issue du KGB qui dirige actuellement la Moldavie. Quoique l'Ukraine ait renoncé à ses armes nucléaires et a envoyé 1.700 militaires en Irak, elle est dirigée par le président autocratique Leonid Kutchma, qui aurait truqué les élections l'ayant reconduit au pouvoir cet automne. McCain a dirigé une délégation du Congrès a cette rencontre de Riga avant de poursuivre son voyage vers Munich, et il a y entendu l'histoire angoissante d'un dissidente belarusse dont l'époux est l'un des "disparus".

A la 40e conférence de Munich, Ivanov s'est déchargé sur l'Occident. Le point de pression qu'il a choisi a été le traité sur forces conventionnelles en Europe, traité négocié il y a de ça une décade, paraphé, mais jamais ratifié. En 1996, alors que l'OTAN se préparait à accueillir l'Europe Orientale, elle avait établi une relation formelle avec la Russie, l'assurant qu'aucune bombe nucléaire et aucune 'force combattante significative' ne seraient placé près de ses frontières. Trois ans plus tard, la Russie signait l'engagement d'Istanbul pour retirer ses troupes de Géorgie et de Moldavie, ce qui n'a toujours pas été fait.

"Nous considérions ces engagements dans un environnement politique et militaire déterminé" a menacé Ivanov. "Avec l'admission de ces invités à l'OTAN, cet environnement va complètement changer". A propos du traité sur les forces conventionnelles (CFE), il a demandé: "Pourrait-il n'être qu'une autre 'relique de la guerre froide', comme le traité sur les missiles anti-balistiques [rompu unilatéralement par les USA] avait été qualifié il y a quelques temps, avant qu'il ne soit mis au placard'? Et pour rendre tout à fait claires les menaces de Putin : "Le traité CFE aménagé pourrait très bien connaître le même sort que le traité ABM."

Regardant durement McCain, il a ajouté : "L'une des priorités majeures de la politique étrangère russe est nos relations avec nos plus proches voisins...Les relations avec le Marché Commun des Etats Indépendants ne sont en aucune façon une marque de fabrique du néo-impérialisme russe, comme certains tentent de le dépeindre, mais un impératif pour la sécurité".

McCain n'est pas Chamberlain. "Sous le président Poutine", répondit-il, "la Russie a refusé d'honorer les termes du Traité sur le Forces Conventionnelles en Europe. Les troupes russes occupent des parties de la Géorgie et de la Moldavie... Les agents russes travaillent pour amener l'Ukraine encore d'avantage dans l'orbite de Moscou. Le soutient russe maintient la dernière dictature au Belarus. Et Moscou tient à la gorge la Lettonie avec la fourniture d'énergie dans le but d'exercer des pressions sur le gouvernement démocratique à Riga."

Et, s'exprimant avec la liberté d'un sénateur, il a ajouté : "Le comportement non démocratique et les menaces sur la souveraineté et la liberté de ses voisins ne profiteront pas à la Russie, mais l'excluront du cercle des démocraties occidentales.".

William Safire

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