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Les nouveaux rôles probables de l’Otan dans les futurs scénarios impérialistes : Comment arrêter l’Otan ?

George Havatzas
28 juin 2004

Chers amis et camarades,

Une menace contre la paix de l’humanité et contre l’avenir des peuples rôde à Istanbul. Cette menace n’est autre que la réunion du sommet de l’Otan. En outre, ce sommet spécifique des dirigeants des 26 Etats membres, anciens et nouveaux, de l’Otan signifie la transformation de l’alliance à un niveau opérationnel, d’une façon telle que ses forces sont être capables d’opérer en unité et seront donc à même de répondre plus efficacement aux nécessités actuelles des quartiers généraux impérialistes. Les décisions auxquelles on s’attend marqueront un pas décisif vers la mise en application de la doctrine de l’Otan de la « guerre et action préventives », l’Otan constituant une force d’oppression mondiale dans les limites d’action que lui octroie son statut mondial aujourd’hui élargi. Entre autres en ce qui concerne le projet d’expansion du Moyen-Orient. La dimension militaire de la globalisation capitaliste a été amenée sur la table par les hauts responsables de l’Otan. Ces décisions deviennent de plus en plus dangereuses et constituent une menace sans cesse grandissante pour les peuples, du fait qu’elles ont été adoptées à une époque où l’agression impérialiste ne cesse de s’intensifier. En outre, il y a encore la décision très récente des grands responsables capitalistes mondiaux, ceux des pays du G-8, qui s’est réuni aux Etats-Unis, lequel pays définit, lui, les grandes lignes de l’affaire.

Déjà, en Grèce, la chose a été rendue publique sans démenti jusqu’à présent. Le gouvernement grec s’empresse d’accepter les demandes américaines en vue de remodeler 40% des forces armées du pays, de sorte qu’elles soient entièrement compatibles avec le modèle défini par la Force de Réaction rapide de l’Otan et qu’elles soient également en mesure de se déployer dans n’importe endroit de la planète où l’alliance fonctionne. En attendant, afin d’assurer la rotation des forces dans des missions à long terme, le gouvernement grec a accepté la demande de l’Otan, à savoir que 8% des troupes grecques remodelées soient à même, conformément aux nécessités opérationnelles de l’Otan, d’assurer une présence permanente dans n’importe quelle région du globe où l’Otan a déployé son action.

En fait, selon des informations diplomatiques, ces décisions du gouvernement grec concordent effectivement avec la nouvelle structure opérationnelle planifiée par l’Otan et elles concernent chaque Etat membre de l’alliance. Un prélude certain de l’implication directe des Grecs dans les nouveaux plans impérialistes n’est autre que le récent projet de loi présenté au parlement grec, lequel entend « résoudre » le problème de l’utilisation de navires commerciaux par les forces armées afin de transporter du matériel de guerre et des troupes vers d’autres pays, puisque, dans l’actuel état des choses, on ne peut acheminer de forces armées par bateau en dehors des frontières grecques.

De façon plus spécifique, en ce qui concerne le genre de missions qui auront lieu dans le cadre du nouveau rôle de l’alliance, le commandant américain des forces alliées en Europe, le général James L. Jones, étudie, dans un article publié dans NATO reviews, comment l’alliance a modifié ses structures militaires et créé sa Force de Réaction rapide. « Jusqu’en 2006 », note le général américain, « l’alliance sera équipée d’une nouvelle capacité militaire – ce qu’on appelle la capacité d’action préventive. Ceci », poursuit Jones, « constitue un changement essentiel dans la morale et la culture de l’alliance, comparé à ce qui se faisait durant la période de la guerre froide. »

Cette « nouvelle capacité militaire » dont parle le responsable américain présuppose une restructuration de l’administration de l’Otan, laquelle a déjà eu lieu, et la transformation de 40% des forces nationales des Etats membres selon le modèle de la Force de Réaction rapide. Quant aux missions que cette alliance « transformée » sera à même d’entreprendre, l’Afghanistan, où l’alliance est déjà engagée, en a subi un bon exemple, et ce sera pareil pour l’Irak, où elle ne va pas tarder à intervenir, dégradant encore plus le statut déjà bien effiloché de l’ONU.

Ne perdons naturellement pas de vue que, dans les Balkans, après la guerre de l’impérialisme anglo-américain contre la Yougoslavie et la formation d’Etats protectorats, les forces de l’Otan ont :maintenu leur présence, c e qui constitue une source constante de tension et d’instabilité dans la région.

Ne mettons pas non plus de côté le rôle de l’Union européenne. Déjà, avec l’euro-constitution décidée lors de la récente rencontre au sommet de l’UE, celle-ci adoptait la doctrine militaire américaine des « frappes préventives » a l’encontre d’un pays ou plus sous le prétexte de combattre le « terrorisme ». Un aspect intégral de l’euro-constitution consiste dans la militarisation de l’UE, laquelle soutiendra et complètera l’Otan partout où la chose s’avérera nécessaire. Dans le cadre du FYROM, les forces armées européennes ont déjà remplacé les forces de l’Otan et elles sont prêtes à faire de même en Bosnie. Le sommet européen a montré on ne peut mieux que les impérialistes sont unis quand ils se préparent à attaquer les peuples, alors que leur confrontation concerne simplement la question de savoir qui s’occupera du partage des bénéfices (voyons ce qui s’est passé durant la première invasion américaine de l’Irak et pensons à l’attitude de l’UE). Les peuples doivent prendre leurs propres mesures préventives et déclarer leur propre guerre préventive contre la guerre impérialiste à l’échelle mondiale. Une première réponse réside dans la manifestation populaire internationale visant à condamner les crimes impérialistes, manifestation qui a eu lieu aujourd’hui à Istanbul, de même que les nombreux rassemblements présentant les mêmes revendications et qui se sont tenus dans de nombreuses villes grecques. Il n’y a pas de place pour les illusions et il n’y a pas non plus de temps à perdre. Les guerres impérialistes de la dernière décennie ont donné le signal voici longtemps déjà.

En Grèce, nous avons une riche expérience dans les actions orientées de la sorte.

Notre action très diversifiée contre les forces de l’Otan durant la période de guerre en Yougoslavie a été presque unanimement bien perçue par le peuple grec (98% !) et elle a suscité beaucoup d’intérêt de la part des mass media internationaux. Nous avons organisé des conférences internationales à Salonique, conférences que nous avons estimées utiles pour l’échange d’expériences avec les mouvements de notre région. Nous avons également participé à un forum international, avec divers séminaires, mis sur pied par Ban-c, comme ceux de Florence et de Paris.

C’est avec la même motivation que nous avons organisé, au printemps précédent, les grands rassemblements anti-guerre contre l’invasion et l’occupation de l’Irak, affirmant clairement, dès les tout premiers instants, que le désaccord original de l’UE était avant tout motivé par le partage du butin après la guerre. Tous ces rassemblements ont culminé, l’an dernier, par la grande manifestation internationale du contre-sommet de l’UE qui a été organisée par « Action-Salonika 2003 », en juin 2003, et qui a été la seule initiative dénonçant avec virulence le caractère impérialiste de l’Otan et de l’UE. Nous n’avons pas l’intention de baisser les bras, et nous poursuivrons notre lutte contre la présence des bases militaires des Etats-Unis et de l’Otan sur notre territoire, ou encore contre le massacre du peuple palestinien.

La seule barricade contre l’agression impérialiste réside dans le développement au niveau national du mouvement anti-impérialiste et anti-guerre et dans sa coordination au niveau international. C’est le sens que nous donnons à notre présence ici et à notre participation aux activités de votre mouvement. Merci de nous avoir prêté l’oreille.

Je vous souhaite un grand succès dans votre combat contre l’Otan et contre l’impérialisme.

Traduit par Jean-Marie Flémal

George Havatzas

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