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Barbarie, menaces, intransigeance, bataille du Bien contre le Mal…
Prochaine étape, Téhéran ?

Roland Marounek
30 septembre 2005

De quel côté se trouve la Barbarie ?

L'anéantissement d'Hiroshima le 6 août 1945, et la récidive de Nagasaki le 9, a constitué le plus évident, le plus énorme crime de terrorisme jamais réalisé. La population de toute une ville et de villages environnant passées par les flammes, peut-on imaginer les dizaines d'écoles remplies d'enfants, d'hôpitaux, soufflés en un instant, incendiés, avec tous leurs patients et infirmiers… Le 11 septembre 2001 ne fait décidément pas le poids.

Ce crime n'est pourtant pas reconnu officiellement comme tel; le plus singulier dans cette horreur c'est la façon dont nous avons assimilé docilement que la bombe atomique a permis de mettre fin à la guerre, elle a permis d'économiser la vie de 500.000 boys. Que ce soit strictement faux d'un point de vue historique n'est même pas ici l'essentiel : on accepte passivement en répétant cela qu'un massacre de population civile permet effectivement de gagner la guerre, que brûler toute une population civile, faire sauter écoles et des hôpitaux, ça marche. En clair : 'le terrorisme, c'est efficace'.

L'Occident, après un aussi magistral exemple, et en faisant abstraction des autres, est assez mal placé pour s'indigner de façon crédible sur le terrorisme, et s'autoproclamer tenir le bon rôle dans le prétendu combat de la Civilisation contre la Barbarie, du Bien contre le Mal, pour plagier Tony Blair. Vu de Sirius, la situation doit être plutôt cocasse.

De quel côté se trouve la menace ?

Il est assez inquiétant que la commémoration d'Hiroshima ait été utilisé par certains pour préparer l'opinion à une autre agression qui se dessine : "60 ans après Hiroshima , la menace nucléaire n'a pas disparu" titraient en substance nombre de quotidiens, en allusion directe à l'Iran. La commémoration d'une barbarie utilisée pour en préparer une autre….

L'amnésie des médias est saisissante : la confusion répandue par le discours sur le terrorisme a permis de faire complètement oublier que l'agression contre l'Irak, c'était parce que Saddam constituait une menace, avec ses Armes de Destructions Massives, dont les états-uniens possédaient des preuves de l'existence. Après 12 ans de blocus, de bombardements, avec des "inspections" à la veille de l'invasion qui ordonnaient de se laisser survoler par des avions espions US et faisait détruire les derniers Scuds, avec à ses frontières des centaines de milliers de soldats de l'armée la plus démesurément puissante de l'humanité, l'Irak constituait donc une menace… Maintenant que grâce à G.W. Bush le monde civilisé est complètement débarrassé de cette menace, et que l'Irak se retrouve parfaitement détruit, ses richesses nationales confisquées, personne ne pose la question : qui menaçait qui finalement ? Qu'est-ce qui représente la menace la plus concrète pour l'humanité toute entière ? Où se trouve réellement la concentration la plus démentielle d'Armes de Destruction Massive ? L'amnésie est-elle donc totale ? Les USA se sont publiquement réservés le droit d'utiliser l'arme nucléaire contre des pays 'menaçants', même dépourvu de l'arme nucléaire; le programme de perfectionnement de mini-nukes qui rendrait tout abris souterrain inutile, est parfaitement connu de tous. Mais c'est l'Iran et la Corée du Nord qui représentent aujourd'hui une menace ?? Vu de Sirius, la situation de n'arrange vraiment pas.

Ces questions évidentes sont escamotées dans les médias traditionnels par la grâce d'al-Qaida. Ce truc tombe véritablement à pic. L'Occident doit maintenant aider le peuple irakien comme il a si bien fait depuis des décennies, et combattre le terrorisme qui est apparu de façon inexplicable en Irak. Et avoir peur de l'Iran.

Il est peu douteux que si l'Irak avait réellement possédé l'arme atomique, il aurait évité sa destruction et sa recolonisation de fait. L'agression contre l'Irak a été le meilleur signal possible pour la prolifération nucléaire. G.W. Bush a fournit une démonstration éclatante à toutes les nations qu'elles doivent s'armer le plus lourdement possible. Belle leçon pour l'Humanité et la Civilisation.

«Des négociations européennes se heurtant à l'intransigeance des Mollah.»

Il semble assez raisonnable que des dirigeants d'un pays soucieux de leur peuple, se préoccupent de la disparition prochaine et inéluctable de leur ressource principale, et l'anticipent. Ne pas le faire serait pour le moins irresponsable, juste digne d'un gouvernement corrompu. Mais c'est pourtant ce que les Occidentaux exigent des Iraniens.

Les Européens proposent de vendre à l'Iran l'énergie dont ils ont besoin, en échange de l'abandon de son programme de construction d'une centrale nucléaire. Ce marché est présenté par nos médias comme une négociation raisonnable et généreuse.

Cela laisse rêveur. Compte tenu du passé très récent, quel nation serait assez démente pour faire dépendre sa survie même du bon vouloir occidental ? Un pays du Tiers-monde où l'on peut couper les ressources énergétiques vitales dès qu'il a une politique qui contredirait nos intérêts, voilà ce que nous aimons comme exemple de Démocratie et d'Indépendance !

L'Iran a le droit de posséder sa propre centrale nucléaire. Les garanties données pour que cette centrale ne couvre pas un programme d'armement – inspection perpétuelle par l'AIEA, intervention d'un pays tiers dans la chaîne d'enrichissement de l'uranium – semblent parfaitement raisonnables, voire excessives (exigerait-on cela de tous les pays !).

Et enfin l'Europe envoyée en avant tireur pour ces négociations avec l'Iran, serait beaucoup plus crédible dans sa volonté affichée de lutter contre la prolifération nucléaire, si elle commençait elle-même par se débarrasser des bombes nucléaires qui se trouvent sur son territoire. Pour rappel, 480 têtes nucléaires bien réelles, elles, sont disposées en Europe dans plusieurs pays de l'OTAN, dont la Belgique, en violation du TNP. Avant de se laisser emporter dans une campagne contre la menace iranienne, et de participer éventuellement à de nouvelles agressions préventives, nous devons exiger de nos gouvernements que nos propres pays cessent d'être la base de menaces nucléaires.

Roland Marounek
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