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Une nouvelle OTAN pour un nouvel ordre mondial ?

Hans Lammerant et Fabien Rondal
31 mars 2006

Nous publions ci-dessous des extraits d’une contribution très intéressante du Forum Voor Vredesactie au débat qui se développe dans notre pays sur le rôle futur de l’Otan, la raison d’être de l’adhésion de la Belgique à l’Alliance Atlantique, la définition d’une politique extérieure, la conception de la sécurité et de la défense, au sein de l’Europe et du monde.
Rappelons aussi l’intervention du responsable de la CNAPD lors du récent colloque de l’Institut Emile Vandervelde. Par ailleurs une Carte Blanche posant certaines remises en question d’une adhésion inconditionnelle de la Belgique à l’Otan a été adressée au journal Le Soir par deux députés socialistes.
Signalons encore la question posée à la commission de la défense nationale de la Chambre par la députée Zoé Genot à propos d’une « révision éventuelle des accords conclus dans le cadre de l’Otan pendant la guerre froide » ainsi que l’article de Nicolas Bardos (Pax Christi) sur « la chaîne de bases militaires américaines dans les PECO ».
Tous ces textes sont publiés intégralement sur notre site www.csotan.org.



Les attentats du 11 septembre 2001 ont mis un terme définitif à l'ancienne politique de l'OTAN, une alliance créée à l'origine pour défendre collectivement le territoire de ses membres.

Depuis la chute du mur de Berlin, la principale menace d'attaque contre ce territoire avait disparu et l'OTAN était désespérément à la recherche d'une nouvelle raison d'être. En 2002, les pays-membres ont décidé que l'OTAN pouvait non seulement intervenir sur son propre territoire, mais également partout dans le monde. Notre sécurité dépendant de la situation à l'échelle mondiale, l'OTAN devait donc être à même d'intervenir à l'échelle mondiale.

A peine quatre ans plus tard, les Etats-Unis veulent faire franchir un pas supplémentaire à l'OTAN en définissant les lignes directrices d'un nouveau débat sur le fonctionnement de l'OTAN. En voici les éléments principaux.

Primo : Si notre sécurité dépend de la situation à l'échelle mondiale, pourquoi limiter les partenaires ou les membres de l'OTAN à la zone européenne ? Pourquoi ne pas demander au Japon ou à l'Australie d'adhérer à l'OTAN ? Des collaborations existent déjà avec ces pays en Afghanistan, en Irak et ailleurs. Pourquoi ne pas développer et structurer cette collaboration ?

Secundo : Jusqu'à présent, chaque pays supporte le coût des troupes qu'il met à disposition d'une opération de l'OTAN. Seule une partie minime est financée en commun. Ne devrait-on pas plutôt financer en commun l'ensemble des opérations militaires, qu'un pays fournisse des troupes ou pas ?

Tertio : Actuellement, les décisions sont prises par consensus et chaque pays membre peut à lui seul bloquer une décision de l'OTAN. Ne serait-il pas plus simple d'appliquer le principe d' “abstention constructive” et de travailler dans la pratique avec une prise de décision à la majorité ?

Quarto : Avec le terrorisme comme nouvel ennemi, l'OTAN modifie son champ d'activités. L'OTAN ne devrait-elle pas se voir attribuer une place dans les politiques nationales de lutte contre le terrorisme ?

Si l'on rassemble ces différentes propositions, on obtient une attaque frontale contre les Nations-Unies et l'Union européenne. L'OTAN veut se transformer d'une alliance militaire européano-américaine en une organisation de sécurité collective globale. Une sorte de “Nations-Unies des volontaires” qui marginaliserait les véritables Nations-Unies.

Quelles seraient les conséquences de cette transformation pour les pays qui ne feraient pas partie de cette alliance militaire volontaire et seraient donc définis comme un problème de sécurité potentiel ? Pour eux, ces développements représentent une menace, face à laquelle ils tenteront de fournir une réponse militaire. Avec pour conséquence une nouvelle course aux armements et une militarisation des relations internationales.

“La menace s'étend à l'échelle mondiale...” Bien plus qu'une prophétie ? (….)

L'OTAN parle depuis longtemps de “transformation”. En fait, le débat est en cours depuis la fin de la Guerre froide. Petit à petit, l'OTAN s'est attribué un rôle interventionniste sur un territoire de plus en plus grand. Les attentats du 11 septembre 2001 peuvent être considérées comme le point de départ du débat actuel, les Etats-Unis considérant l'OTAN comme une alliance lourde et inutile, cumulant plusieurs défauts, entre autres des capacités militaires inadaptées et un processus décisionnel lent.

La National Defense University a formulé la réponse américaine au problème militaire en développant le concept de Force de Réaction de l'OTAN, présenté par le ministre américain de la Défense, Donald Rumsfeld, au Sommet de l'OTAN à Prague, en novembre 2002. La Force de Réaction de l'OTAN (NRF) est la nouvelle force d'intervention rapide de l'OTAN. Combinée à une réforme des quartiers-généraux et à l'Initiative sur les Capacités, dans le cadre de laquelle l'Alliance tente de résoudre ses manques en matière de matériel militaire afin de pouvoir intervenir à l'échelle mondiale, la NRF forme le premier volet de la transformation de l'OTAN. Aujourd'hui, la Force de Réaction de l'OTAN est en plein développement, la réforme des quartiers-généraux est achevée et l'Initiative sur les Capacités rencontre moins de succès.

Ce volet est purement militaire et n'aborde pas la question politique sous-jacente : quels sont les objectifs de l'OTAN ? L'OTAN n'a pas d'ennemi clairement identifié contre qui une stratégie spécifique peut être développée et traduite en planification concrète. Sans stratégie claire, les militaires ne peuvent pas faire leur travail, raison pour laquelle une décision politique doit être prise quant au rôle de l'OTAN. Ces Directives politiques globales auraient dû être prêtes à la fin 2005, mais cette échéance n'a pas été respectée.

En fin de compte, c'est le chancelier allemand Schröder qui a laissé le renard entrer dans le poulailler en déclarant lors de la Conférence sur la Sécurité de Munich en 2005 que l'OTAN “n'était plus le lieu le plus important où les partenaires transatlantiques discutent et coordonnent leurs stratégies”, ce qui a suscité de fortes critiques de la part des décideurs politiques plus atlantistes. Ces déclarations ont enfin montré clairement que le débat politique sur l'OTAN était inévitable. (…)

Le débat politique constitue donc la prochaine étape du processus de transformation de l'OTAN, et son timing s’est entre-temps précisé. Les premières conclusions seront tirées lors du sommet des chefs de gouvernement de Riga en novembre 2006, et la discussion sera clôturée lors d'un prochain sommet des chefs de gouvernement, au printemps 2008. Juste avant la fin du mandat du Président Bush.

Hans Lammerant et Fabien Rondal

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