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Contenir l'Iran : Accueillir Isra√ęl dans l'OTAN

Ronald D. Asmus
21 février 2006
source : Washington Post
http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/article/2006/02/20/AR2006022001121.html

Plusieurs dirigeants europ√©ens ont appel√© l'OTAN √† accueillir Isra√ęl, mais cette discussion ne deviendra s√©rieuse que lorsque les √Čtats-Unis, le principal alli√© d'Isra√ęl, mettra tout son poids derri√®re cette id√©e. Le temps est venu d'agir ainsi.

Le choix sur la mani√®re de r√©pondre √† la menace croissante de l'Iran pour l'Occident en g√©n√©ral, et pour Isra√ęl en particulier, n'est pas un choix facile. Une des options, c'est d'essayer de stopper le programme nucl√©aire de l'Iran par des frappes de missiles - mais il est peu probable qu'une telle escalade marche militairement, et elle pourrait avoir des cons√©quences d√©sastreuses. L'autre option est de d'opter pour une strat√©gie √† long terme de "containment", tout en travaillant √† un changement pacifique de r√©gime. Bien que cela puisse marcher √† la longue, il est peu probable qu'√† court terme cela arr√™te l'Iran, si il est d√©termin√© √† se doter de l'arme nucl√©aire. Tout en travaillant √† emp√™cher l'Iran de devenir une puissance nucl√©aire, l'Occident doit r√©fl√©chir d√®s maintenant √† ce qu'il doit faire si on n'y parvient pas.

Un élément important a été absent du débat : l'OTAN. Que peut faire l'Alliance pour aider à répondre au fait qu'il est de plus en plus probable que l'Iran va acquérir l'arme nucléaire? N'oublions pas que ce sont les capitales européennes qui seraient dans le rayon d'action des armes nucléaires iraniennes. L'OTAN aurait à revenir à sa mission classique de défendre l'Europe en décourageant une menace nucléaire. Ce développement accélèrerait également le débat au sein de l'OTAN sur un système régional de défense anti-missile. L'Alliance aurait à réorienter son bouclier protecteur pour se confronter aux plus graves menaces contre ses membres, venant du Moyen-Orient, en particulier d'un Iran qui possèderait l'arme nucléaire.

Mais le pays le plus menac√© par de futures capacit√©s nucl√©aires iraniennes est √©videmment Isra√ęl. Ce serait une erreur de minimiser les discours d√©lirants du Pr√©sident iranien Mahmoud Ahmadinejad comme √©tant de simples postures, ou du bluff. Une des le√ßons du 11 septembre c'est que nous ne devrions pas limiter notre imagination strat√©gique ou sous-estimer nos ennemis dans le Moyen Orient. Lorsque quelqu'un d√©clare qu'il veut vous effacer de la carte, il pourrait bien vouloir dire exactement cela. Si alors, l'Occident d√©cide qu'un frappe militaire pour d√©nier √† l'Iran l'option nucl√©aire est trop risqu√©e, et qu'il opte plut√īt pour une politique de dissuasion et de changement de r√©gime pacifique et √† long terme, il doit aussi prendre des mesures pour assurer la protection d'Isra√ęl pendant cette p√©riode interm√©diaire.

Les √Čtats-Unis ont d√©j√† un engagement de fait pour la s√©curit√© d'Isra√ęl. Tout futur pr√©sident des USA se porterait √† la d√©fense de ce pays si son existence √©tait menac√©e par un Iran nucl√©aris√©. Et en d√©pit des voix anti-isra√©liennes et antis√©mites qu'on peut entendre en Europe, il y a peu de doute que des leaders europ√©en tels que Tony Blair, Angela Merkel, ou m√™me Jacques Chirac d√©fendraient Isra√ęl contre une menace iranienne. √Čtant donn√© la situation, la th√©orie basique de la dissuasion nous apprend qu'elle est plus cr√©dible et plus efficace lorsqu'elle ces engagements sont clairs et d√©pourvus d'ambigu√Įt√©.

La meilleure mani√®re de fournir √† Isra√ęl cette s√©curit√© additionnelle, c'est d'am√©liorer ses relations avec le bras collectif de d√©fense occidental : l'OTAN. Que ces relations am√©lior√©es conduisent √† une adh√©sion, ou simplement √† des relation plus √©troites au niveau strat√©gique et op√©rationnel, cela peut √™tre d√©battu. Apr√®s tout, une garantie de s√©curit√© classique requiert des fronti√®res √† d√©fendre claires et reconnues, chose qu'Isra√ęl n'a pas aujourd'hui. Configurer une relation OTAN-Isra√ęl am√©lior√©e demandera une diplomatie et un planning soigneux. Mais ce qui doit √™tre clair c'est que l'Occident est pr√™t √† confronter la bellicosit√© croissante contre Isra√ęl en intensifiant ses engagements envers l'existence de l'√©tat juif.

Il y a de plus en plus de signes montrant qu'Isra√ęl est int√©ress√© √† de telles relations avec l'OTAN. Il y a √† peu pr√®s deux ans, j'ai √©t√© approch√© par un groupe d'Isra√©liens, qui m'ont demand√© d'aider √† favoriser un dialogue Isra√ęl-OTAN plus √©troit. A l'√©poque, l'id√©e semblait un peu tir√©e par les cheveux pour beaucoup. Mais depuis, un r√©el d√©bat a √©merg√© en Isra√ęl sur la construction de liens plus √©troits entre √† la fois l'OTAN et l'Union Europ√©enne. Isra√ęl a √©galement pr√©sent√© √† l'Alliance un plan pour une mise √† niveau de la coop√©ration bilat√©rale √©tape par √©tape. Le Secr√©taire G√©n√©ral de l'OTAN Jaap de Hoop Scheffer a effectu√© sa premi√®re visite en Isra√ęl, et des pourparlers pour une coop√©ration plus √©troite sont en cours.

Parlant avec mes interlocuteurs isra√©liens il y a deux ans, je leur avait demand√© comment ils envisageaient les circonstances dans lesquelles Isra√ęl pourrait un jour demander l'adh√©sion √† l'OTAN. Ils ont pr√©sent√© deux sc√©narios: Dans le premier, Isra√ęl allait vers un accord de paix final avec les Palestiniens, et de meilleures relations avec l'OTAN devenaient un √©l√©ment cl√© d'un ensemble pour persuader l'opinion publique isra√©lienne d'opter pour la paix. Dans le second sc√©nario, l'Iran acquerrait des armes nucl√©aires et posait une menace r√©elle et croissante contre Isra√ęl. Ayant perdu ses propres moyens de dissuasion (?), Isra√ęl se tournait vers l'Occident et vers l'OTAN pour qu'ils l'aident √† garantir ses besoins √©l√©mentaires de s√©curit√©.

Je pr√©f√®rerais de loin que nous soyons en face du premier sc√©nario, et un jour nous pourrions atteindre ce point, bien que la r√©cente victoire du Hamas sugg√®re que nous ne devrions pas retenir notre souffle. Mais le second sc√©nario peut devenir une r√©alit√© pour Isra√ęl et l'Occident. Et c'est celui-l√† qui doit d√©terminer la future coop√©ration entre Isra√ęl et l'OTAN.

L'OTAN a √©t√© r√©ticente √† aller trop loin trop vite avec Isra√ęl, pr√©f√©rant attendre d'avantage de progr√®s dans le processus de paix et attendant d'avancer en coop√©ration avec d'autres pays arabes m√©diterran√©ens. Mais ce n'est plus l'heure de la correction diplomatique. Il est temps de rompre ce lien et de ne pas laisser les futurs liens OTAN-Isra√ęl en otage du Hamas, ou plus g√©n√©ralement des errements du dialogue m√©diterran√©en de l'OTAN. Tout en continuant √† resserrer les liens avec ces autres pays arabes, nous devons reconna√ģtre que la menace √† laquelle fait face Isra√ęl est qualitativement diff√©rente, de m√™me que nos engagements pour la s√©curit√© de ce pays.

Plusieurs dirigeants europ√©ens ont appel√© l'OTAN √† accueillir Isra√ęl, mais cette discussion ne deviendra s√©rieuse que lorsque les √Čtats-Unis, le principal alli√© d'Isra√ęl, mettra tout son poids derri√®re cette id√©e. Le temps est venu d'agir ainsi.

Ronald D. Asmus

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