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Course au réarmement : au premier rang USA et OTAN

Manlio Dinucci (Il Manifesto)
18 mars 2009

L’annonce, faite hier par le Président Medvedev, que la Russie entreprendra un « réarmement massif » à partir de 2011, en réponse surtout aux « incessantes tentatives de l’OTAN de s’étendre jusqu’aux frontières de la Fédération de Russie » confirme que la course aux armements est en train de revenir aux niveaux de la guerre froide. Outre les graves conséquences stratégiques et politiques, ceci implique une augmentation ultérieure de la dépense militaire mondiale : après avoir chuté avec la fin de la guerre froide, elle a grimpé en 2007 (selon l’estimation du Sipri) à 1.340 milliards de dollars, soit 45% de plus par rapport à 1998. Cela signifie aussi que cette année la dépense militaire mondiale est en train d’atteindre 1.500 milliards de dollars.

La locomotive est l’OTAN, dont la dépense est en augmentation continue du fait de la montée en puissance de la machine de guerre et de l’envoi des forces armées dans des théâtres d’opérations lointains, comme l’Afghanistan. Selon les dernières données officielles (19 février 2009), cette dépense a dépassé en 2008 les 895 milliards de dollars, équivalents aux deux tiers de la dépense militaire mondiale. En réalité, elle est encore plus haute.

La dépense militaire étasunienne, que l’OTAN quantifie à environ 575 milliards de dollars en 2008, ne comprend pas le coût des guerres en Irak et Afghanistan. Si l’on inclut celui-ci (comme on le fait dans le budget officiel Usa publié en février 2009), la dépense militaire des Etats-Unis se monte en 2008 à 666 milliards de dollars. Ce qui veut dire que la dépense de l’OTAN dépasse les 985 milliards de dollars, équivalents à presque trois quarts de la dépense militaire mondiale. Sur la base de ces données officielles, la dépense militaire OTAN a augmenté, même si on fait un calcul net d’inflation, à valeur constante du dollar 2000 : de 474 milliards de dollars en 2000, à 623 en 2008.

Selon l’OTAN, la dépense militaire italienne a dépassé en 2008 les 30 milliards de dollars, se plaçant ainsi à la cinquième place après les Etats-Unis, la France, la Grande-Bretagne et l’Allemagne. A l’échelle mondiale (selon le Sipri), elle est au neuvième rang, derrière la Chine, le Japon, la Russie (7ème rang) et l’Arabie Saoudite. Comme dépense militaire par tête, elle se place, par contre, au 5ème rang mondial. Malgré l’article 11 de la Constitutioni, notre pays est donc parmi les plus grands responsables de l’augmentation de la dépense militaire mondiale, qui a désormais dépassé les 2,5 millions de dollars à la minute (souligné par traductrice).

C’est une immense quantité d’argent public (provenant des impôts payés par les citoyens), qui est ainsi dépensée en armées, armes et guerres. Il suffirait de la réduire de peu et attribuer l’argent épargné à l’amélioration des conditions de vie des populations les plus pauvres, pour apporter des solutions aux plus graves problèmes mondiaux. Un exemple : pour faire face à la crise alimentaire mondiale, qui a porté à environ un milliard les personnes victimes de la faim, il faudrait 30 milliards de dollars par an, qu’on ne trouve pourtant pas, a dénoncé le directeur général de la Fao. Or pour obtenir une telle somme, il suffirait d’épargner ce qu’on dépense en armes et armées dans le monde pendant à peine plus d’une semaine (souligné par traductrice).

Utopie ? Beaucoup le pensent sûrement. Comme le confirme le fait qu’en Italie, que ce soit à gauche (communistes compris), comme dans les syndicats, personne pratiquement ne mène une campagne cohérente pour la réduction de la dépense militaire. Et pourtant aujourd’hui, au plein de la crise, cette bataille est encore plus valide et nécessaire : quand on nous dit qu’il faut réduire les fonds pour la santé et l’école « parce que l’argent manque », nous devons répondre que l’argent est là. C’est l’argent public, dépensé dans le secteur militaire à hauteur d’un gros budget annuel, qui pourrait et devrait au contraire être utilisé pour améliorer les conditions de vie de notre pays.

Article reçu de l’auteur et traduit par Marie-Ange Patrizio
Publié dans l’édition de mercredi 18 mars 2009 de il manifesto
www.ilmanifesto.it/il-manifesto/in-edicola/numero/20090318/pagina/10/pezzo/245009/

Manlio Dinucci (Il Manifesto)

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