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Belgique : sortir de la violence guerrière

Sam Biesemans
11 décembre 2014

Comme objecteur de conscience, je refuse d’obéir à des ordres qui m’obligent à tuer autrui ou à participer à des actions de guerre. C’est pourquoi, j’ai effectué un service civil en remplacement du service militaire, à l’époque où la conscription était encore en vigueur en Belgique.

Idéalement, je serais heureux que la Belgique, à l’instar du Costa Rica, n’ait plus d’armée .
Mais on sait qu’une telle évolution n’est pas simple à réaliser, car nous faisons partie d’un complexe militaro-politico-économique international. Réussir un changement de cap dans ce domaine est un travail à long terme qui devra se faire par étapes.

Même s’il y avait une large volonté politique -aussi bien des électeurs que de leurs élus- pour s’engager dans une voie de démilitarisation et de politique de paix, le processus aboutissant à une défense populaire et civile non-violente sera graduel.

Quelle concept d’armée de transition peut-on imaginer ?

Tout d’abord, la Belgique devrait se retirer de l’OTAN et organiser une armée nationale avec vocation de participer aux missions de l’ONU ou de l’OSCE, ou d’appui à des missions humanitaires, même quelquefois extrêmement dangereuses.

Certes, le fait d’être membre de l’OTAN ne nous empêche pas de coopérer avec l’ONU, mais cette organisation militaire est dominée par les États-Unis qui s’en servent dans le cadre de leur géopolitique et pour la défense des intérêts de leur industrie militaire. Par ailleurs, l’OTAN met ses États membres sous pression afin qu’ils augmentent les budgets militaires à travers des processus de décision peu transparents et impliquant peu ou prou le régime parlementaire. Certes, une décision de se retirer de l’OTAN sera encore plus difficile pour un pays comme la Belgique qui abrite son siège et l’état-major du SHAPE.

D’autres pays de l’Union européenne ne sont cependant pas membres de l’OTAN : Autriche, Chypre, Finlande, Irlande, Malte et Suède. Ceci ne les empêche pas de tisser des liens d’amitié et de coopération avec les États-Unis, tout en gardant leur souveraineté nationale.

La Belgique est confrontée, comme d’autres pays , à la question du remplacement des avions de combat F-16, dans un contexte budgétaire d’austérité. Cette décision devrait être précédée d’un débat de fond sur la nature même de la politique de défense.

Les avions F-16, et ceux appelés à les remplacer, sont spécialement équipés pour le largage de bombes nucléaires. Refuser ce type d’avions, c’est refuser de s’impliquer dans la guerre atomique et la destruction massive de populations civiles. Par ailleurs, ces avions sont conçus pour des opérations à longue distance ; les posséder entraînerait le risque de les mettre au service d’opérations de guerre en dehors du territoire européen (exemple : Libye, Irak).

Ne pourrait-on limiter la Force aérienne belge à quelques avions d’interception à faible rayon d’action et adaptés au territoire national ; aux avions de transport multi-usage du type C-130 qui ont participé efficacement à des missions humanitaires, même difficiles comme au Sahel ; aux hélicoptères d’observation et de sauvetage en mer ?

L’armée belge ne devrait-elle pas persévérer dans ses spécialités que sont le déminage terrestre et le déminage maritime ? Mais le gouvernement actuel NVA-libéral-CD&V s’engage dans la voie contraire, et rappelle nos démineurs du Liban.

Épargner sur le remplacement des F-16 permettrait notamment d’investir davantage dans la défense des systèmes informatiques et des cyber-attaques, qui représentent un défi pour notre économie et notre société dont le fonctionnement est de plus en plus basé sur la gestion informatique.

Certes, le dossier de l’achat des F-16 fera l’objet d’un lobbying intense des milieux industriels, et peut-être même de certains secteurs syndicaux, et on sait que le complexe militaro-industriel possède des capacités de pression considérables qu’il soient légaux ou illégaux, tels les nombreux faits de corruption que nous avons connus lors de commandes militaires précédentes.

Il est donc important qu’un large débat parlementaire et dans l’opinion publique puisse avoir lieu par rapport au remplacement des avions F-16 et de la politique de défense, dans le cadre d’une nouvelle politique étrangère belge qui mette davantage la priorité sur la prévention des conflits et la coopération internationale, aussi bien de l’UE que de l’ONU.

La nouvelle majorité gouvernementale aura t'elle la volonté et le courage de cette réforme?
Poser la question, c’est aussi y répondre.

« Point n’est besoin d’espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer » (Guillaume le Taciturne).

Sam Biesemans
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