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La pluie de menaces contre le Venezuela ne s’arrête pas

Patricia Granado
1 octobre 2018

Jusqu’à quand ce pauvre pays riche de l’Amérique latine devra se battre contre les pays « démocratiques » qui le poursuivent, et ne lui permettent pas de continuer en paix une route de démocratisation et de partage des richesses ?

Depuis des années déjà,  le Venezuela est sur la sellette à cause de manipulations économiques et politiques tant internes qu’externes qui s’entremêlent et qui sont si facilement démontables  pourtant. Une fois encore nous allons les exposer, pour tenter de faire comprendre aux trop nombreuses personnes qui se perdent,  à cause d’informations mensongères,  répandues à bras ouverts, dans la presse internationale financée par les laquais des Etats Unis d’Amérique. 

La pénurie alimentaire ?  Le manque des médicaments ? Le taux de change ? Les flux illicites ? Tout cela aggrave la situation  de la population, et aboutit logiquement à une émigration de masses. 

Les entreprises privées ont suspendu  la production de denrées alimentaires. La rétention de marchandises, et leur non distribution relèvent aussi de ces mêmes entreprises et c’est là qu’on trouve l’origine de toutes les conséquences que l’on connaît. Le gouvernement américain a imposé des sanctions qui ont été soutenues par le Canada et l’Union Européenne. Cette guerre économique et ces sanctions ont généré des pénuries dans tous les secteurs, ainsi qu’un fort taux de chômage. Tous ces phénomènes ont été instrumentalisés  par les financiers vénézuéliens et étrangers,  pour créer le chaos dans  la population et essayer de faire tomber le gouvernement du Président Maduro.

Une fois toutes ces mesures prises,  la presse internationale  a commencé à s’inquiéter de la « crise humanitaire » du pays,  l’agression nord-américaine s’attaque alors à des tentatives de démantèlement de  l’alliance peuple-armée qui est le pilier de la révolution bolivarienne. Cette alliance est la plus pertinente des contributions du Président Chavez, dans l’histoire politique latino-américaine. Sa désintégration par un coup d’Etat ou une invasion étrangère détruirait les espoirs du peuple vénézuélien et serait une leçon pour les militaires latino-américains qui perdraient ainsi leur dignité. Les soldats du continent devraient réfléchir à  l’avenir qui pourrait être celui de l’Amérique latine, dans l’hypothèse qu’ils continuent à servir la stratégie déprédatrice de l’Empire.

Le Venezuela est un pays pétrolier et depuis la mise en place du gouvernement du président Chavez  il n’est plus la marionnette des USA. Le pays a décidé de s’approprier de ses propres ressources et de les destiner à améliorer le sort de son humble population. Il ne faut pas  oublier que l’extrême pauvreté  s’élevait à un taux de 40%  de la population quand  Chavez est arrivé au pouvoir.  Aujourd’hui, ce pourcentage est descendu à 7,3%.  Cette population jouit actuellement de l’enseignement et la médicine gratuits.

L’objectif final de l’agression impérialiste est de récupérer ces énormes richesses naturelles  vénézuéliennes, notamment  le pétrole, le gaz naturel, le fer, les diamants et les ressources hydriques qui effectivement sont  la réserve stratégique du pays,  et appartiennent à son peuple, et même de par leur importance,  à  l’humanité toute entière.  Contrôler toute cette richesse serait pour les USA l’assurance de maintenir sa condition de première puissance mondiale.  C’est cette même motivation qui l’a mené à l’invasion de l’Afghanistan, de la Libye et de l’Irak, dont les populations souffrent encore aujourd’hui des conséquences, et c’est toujours  le même motif qui l’a conduit à provoquer la tragique guerre civile en Syrie. 

Maintenant,  avec le recul,  il ne nous est plus difficile de constater que les « droits humains » n’avaient pas grand-chose à voir là-dedans. On voit tous les jours les résultats obtenus par « ces coalitions démocratiques » qui sont allées piétiner ces gouvernements. Et avec quels résultats ?  J’espère que les pays voisins du Venezuela,  dont les gouvernements se disent « débordés » d’immigrants vénézuéliens,  réfléchissent un peu et s’unissent pour sauver ce pays de ceux qui veulent l’écraser. 

La mémoire est toujours bien courte. Décidément,  il faut insister sur la manipulation des moyens de communication. Ils sont en général,  dans les mains des adversaires des régimes vraiment  démocratiques. Il y a quelques jours  un journal latino-américain titrait en grandes lettres : « 2 millions de personnes quittent le Venezuela : c’est la plus grande émigration en Amérique latine  de ces dernières 50 années ». Apparemment on a trop vite oublié que plus de 5 millions de Colombiens ont quitté leur pays, il n’y a pas si longtemps de cela, pour trouver refuge au Venezuela.  

La vérité est qu’il existe déjà plusieurs projets pour faire une intervention militaire. Et toujours en invoquant « la protection des droits humains » comme si c’était  la préoccupation majeure de l’Empire de la finance.  L’une de ses interventions serait menée par les Etats Unis et la Colombie, soutenus par le Brésil et l’OTAN. Tiens, tiens, l’OTAN est là aussi ? Et en quelle qualité ?  Quelle serait sa compétence en Amérique latine ? Il y a- t-il un danger vénézuélien pour l’Europe ?  Cela laisse à réfléchir, n’est-ce pas ?

Il est vrai que le gouvernement vénézuélien n’est pas parfait, bien loin de là. Mais de toute façon quel gouvernement l’est ?  Et si l’on parlait du reste du monde ? Mais n’allons pas si loin, ce serait de mauvaise foi.  Les erreurs, les manquements, les faiblesses et les contradictions attribués au gouvernement du président Maduro,  c’est au  peuple vénézuélien de les régler, à travers la voie démocratique qu’il a choisi lui-même. En d’autres mots, il s’agit de respecter la souveraineté du pays.

En conclusion, on retiendra d’une part, qu’il est bien difficile de ne pas faire un parallèle avec le coup d’Etat qui a affligé le Chili en 1973, lorsque  le gouvernement américain avait promis de faire « hurler l’économie du pays », et qu’il a résulté de ces manœuvres qu’il ne pouvait y avoir de meilleur moyen pour en finir avec la si belle démocratie chilienne de l’époque. Voilà un autre exemple qui a très bien démontré que la guerre économique donne un excellent résultat,  quand il s’agit de renverser un président,  pour en trouver un autre qui ne demande qu’à vendre au meilleur prix, les richesses du pays qu’il gouverne.

D’autre part,  il est essentiel de garder à l’esprit le poids que représentent à échelle mondiale, les énormes ressources présentes sur le continent latino- américain. Et pour n’en citer qu’une, il possède le 32% de ressources hydriques du monde!   Pauvre continent riche, souhaitons-lui un bon avenir !!!

Patricia Granado
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