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Le changement climatique et la responsabilité des militaires

Ria Verjauw
1 juin 2019
source : ICBUW

Les conflits armés, les violations des droits humains, la pollution de l’environnement, le changement climatique, les injustices sociales… sont incontestablement liés entre eux.

Les guerres modernes ont une grande part de responsabilité dans le changement climatique et la pollution de l'environnement. Le rôle des armées y est très important. Le pétrole est indispensable pour mener la guerre. Les militaires sont de grands consommateurs de combustibles fossiles. Toutes les négociations sur le changement climatique qui n’incluent pas les activités militaires sont peine perdue. Tandis que nous essayons de réduire notre empreinte écologique, les militaires ne se soucient aucunement des changements climatiques. L’armée ne communique à aucun organisme national ou international les résultats de ses activités polluantes.

Dans cet article nous décrivons seulement les conséquences des activités militaires des Etats-Unis. Cela ne veut pas dire que d’autres pays ou d’autres fabricants d’armes n’ont aucune responsabilité dans les préjudices énormes causés à notre environnement et à notre climat. Les USA ne sont qu’une partie des nombreux acteurs qui, sans devoir se justifier, provoquent le réchauffement climatique et empoisonnent l’environnement.

Les militaires consomment les 25% de la consommation totale du pétrole aux Etats-Unis qui, elle seule, représente 25% de la consommation totale du monde. La 6e Flotte US est le plus important pollueur de la Mer Méditerranée.  L’USAF (Force Aérienne des Etats-Unis) est le plus gros consommateur de kérosène du monde.

En 1945, les USA ont construit   une base militaire aérienne à Dahran, en Arabie Saoudite, pour avoir un accès permanent aux champs de pétrole du Moyen Orient.   Le Président Roosevelt a offert une protection militaire  à l’Arabie Saoudite en échange de pétrole bon marché pour le marché intérieur et les besoins militaires américains.

Le développement rapide des gaz à effets de serre, qui sont à l’origine de la crise climatique actuelle, a commencé aux alentours de 1950. Le pétrole fut important dans la 1ère Guerre mondiale, mais l’accès au pétrole fut d’une importance capitale dans la 2ème Guerre mondiale.

Il était donc devenu évident pour les Etats-Unis que l’accès permanent au pétrole et le monopole sur les réserves pétrolières étaient des éléments essentiels pour maintenir leur statut de grande puissance mondiale. L’accès au pétrole était devenu la priorité militaire. Cela a conduit postérieurement à la construction d’un système qui dépendait des technologies produisant d’énormes quantités de gaz à effets de serre à des fins militaires. Le développement de bases militaires étrangères US dans le voisinage de pays possédant des réserves pétrolières était nécessaire à leurs yeux.

Les conflits croissants en Afghanistan et en Iran à la fin des années 1970, menaçaient l’accès des USA aux champs de pétrole du Moyen Orient. Le Président Carter déclara : « si notre accès aux réserves pétrolières du Moyen Orient devait être mis en péril, alors tous les moyens seraient bons pour garantir la continuité de notre accès au pétrole, inclus une intervention militaire ». Il préconise  « le développement rapide de la « Joint Task Force dans  le but de mener des opérations dans le Golfe Persique si nécessaire ».

Le Président Reagan a mis sur pied le CENTCOM (U.S. Central Command)  pour assurer l’accès au pétrole et pour limiter l’influence russe dans le Golfe.

Dans l’Accord de Kyoto, la question du gaz à effets de serre produit par les activités militaires,  avait  été ignorée, sous la pression des Etats-Unis. Dans l’Accord sur le Climat de Paris, en 2015, celle-ci n’était plus écartée des objectifs climatiques. Mais l’Administration Trump refuse de le signer et les pays signataires ne sont toujours pas obligés de signaler ni de réduire leurs émissions  CO2 causées par les actions militaires.

Les Etats-Unis possèdent plus de 800 bases militaires étrangères dans 80 pays, pour garantir la fourniture de pétrole à l’armée, au marché intérieur et aux industries américaines.  Ceci implique également la production de fournitures militaires et des armes, l’infrastructure, les essais d’armes.

Lorsque la guerre d’Irak a commencé, en 2003, l’armée américaine estimait que elle aurait besoin d’environ 151 millions de litres de pétrole pendant les trois premières semaines des combats planifiés. C’est la même quantité qui fut utilisée par les troupes alliées, pendant les 4 ans de la Ière Guerre mondiale . L’Irak est la 2ème plus grande réserve pétrolière du monde. La guerre d’Irak est aussi nommée « la guerre pour le pétrole », elle a duré, non pas 3 semaines, mais plusieurs années.

Entre 2003 et 2007, la guerre d’Irak a été responsable de la production de 141 millions de m3 de CO2. Le coût de la guerre d’Irak de 2003 est estimé à 3 billions de dollars US. Si on avait utilisé cette somme pour des recherches mondiales dans le domaine de l’énergie renouvelable, le réchauffement climatique pourrait s’inverser d’ici 2030.

Pour reconstruire des écoles, des maisons, des entreprises, des ponts, des routes, des hôpitaux des millions de tonnes de ciment sont nécessaires. L’industrie du ciment est une des activités industrielles les plus consommatrices d’énergie.

En 2006, les Etats-Unis avaient plus investi dans la guerre d’Irak que tous les pays du monde dans l’énergie renouvelable.

En 2008, l’Administration Bush a donné 97 fois plus d’argent à des opérations militaires qu’à des mesures pour contenir le changement climatique.

Le budget de la Défense des Etats-Unis est plus grand que ceux, réunis, de l’enseignement, de la santé, de la sécurité sociale, de la création d’emplois.

Les destructions de l’environnement par les activités militaires et les guerres ne se limitent pas au changement climatique. Les effets des accidents nucléaires, les essais nucléaires, l’utilisation du gaz orange, de l’uranium appauvri, du thorium, les mines, les bombes et projectiles non explosés ; tout cela a donné à l’appareil militaire, la triste réputation d’être le plus grand pollueur de l’environnement.  20% des pollutions environnementales dans le monde sont attribuées aux activités militaires.

Renversons la situation ! Mouvements de la paix : faites des enquêtes sur la production de CO2 et la pollution de l’environnement provoquées par les militaires. Activistes des Droits Humains : exprimez-vous clairement contre les guerres et les destructions. Activistes pour le Climat : protégez notre planète et devenez aussi activistes de la paix et antimilitaristes.

Ria Verjauw
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