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De la guerre contre les terroristes à la guerre à leurs côtés

1 octobre 2011

L'intervention "humanitaire" de l'Otan en Libye épouse, dans les grandes lignes, le schéma de la guerre du Kosovo : information à sens unique, encensement des "bons", diabolisation des "méchants", récits invérifiables d'atrocités justifiant cette guerre auprès de nos populations occidentales. En Libye, l'Otan protège de bien curieuse façon les civils qui se trouvent "du mauvais côté", bombardés, dans des villes assiégées, privés d'eau, menacés d'un bain de sang s’ils ne se rendent pas – et aucun responsable politique, aucun grand média ne se demande de quelle sorte de protection de la population civile il s'agit là. Comme il y a 12 ans au Kosovo, la propagande tente de sensibiliser et désensibiliser l'opinion dans le bon sens.

Si l'Otan est en Afghanistan, nous a-t-on bien répété, c'est pour combattre Al-Qaïda. En Libye, le haut commandant du Conseil Militaire de Tripoli est l’Émir du Groupe Combattant Islamiste libyen, chef terroriste salafiste (brigade d'Al Qaïda) sorti de Guantanamo. Cette nouvelle alliance entre l'Otan et Al-Qaïda a le mérite de montrer à quel point la guerre contre la terreur est un leurre. Depuis la guerre d’Afghanistan contre les Soviétiques, où fit ses classes un agent de la CIA du nom d'Oussama Ben Laden à l'aide aux membres libyens d'Al-Qaïda, en passant par le soutien aux jihadistes de Bosnie, on appréciera la belle constance de l'Occident.

Si le discours officiel, "guerre à la terreur", ou "guerre humanitaire", épouse les nécessités du moment, la trame de ces guerres de l'Otan (en Yougoslavie, en Afghanistan) reste la même : installer de force une présence militaire, et implanter dans des endroits stratégiques de grandes bases US avec en corollaire, l’établissement de pouvoirs favorisant leurs intérêts. Il est peu douteux que ce soit le sort dévolu à la Libye libérée. Ce sont les intérêts économiques et stratégiques qui sont en jeu, pas les différents thèmes agités successivement par la propagande de l'Otan.

La prochaine étape pourrait être celle de l'intervention humanitaire pour sauver le peuple syrien, et au-delà, l'intervention humanitaire pour sauver le peuple iranien, si le thème nucléaire n'est pas alors jugé plus porteur.

Toutefois, la résistance libyenne a déjà fait échouer le plan initial des pays de l'Otan : faire passer l'ingérence militaire en Libye sous le masque du "Printemps Arabe". Tripoli est, clairement, tombée sous les bombes de l'Otan, il n'y a pas eu moyen de faire passer cela pour une révolution du peuple libyen, les "révolutionnaires" ne sont rien sans l'Otan et ses bombardements.

Cette résistance du peuple libyen, inattendue dans le chef des responsables otaniens, est arrivée à tenir en échec pendant 6 mois la plus grande puissance militaire du monde, et elle est loin d’être terminée. On peut penser qu’elle compromet de manière fondamentale le plan en cours de déstabilisation du « Grand Moyen Orient », elle-même partie de l’entreprise tentaculaire de l’Otan entamée en Yougoslavie.

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