Le 15 décembre 2025, le célèbre analyste Jacques Baud rejoignait la liste des plus de 2000 personnes sanctionnées à titre individuel par l’UE dans le cadre des sanctions contre la Russie, et sanctions assimilées : gel des avoirs, interdiction de voyager dans l’UE, interdiction théorique pour les tiers de leur venir en aide (ce qui équivaut à un « contournement des sanctions » )...
Parmi elles, seuls deux vivent dans un pays de l’Union : le journaliste allemand Hüseyin Doğru et Jacques Baud, citoyen suisse résident en Belgique, qui se retrouvent donc dans une situation matérielle particulièrement dramatique, littéralement étranglés économiquement. Mais les autres citoyens qu’ils soient français (Xavier Moreaux) , allemands (Anna Lipp et Thomas Röper) ou suisse (Nathalie Yamb) font également face à des défis quotidiens humains, économiques, sociaux insoupçonnés du fait de ces sanctions. (cf x.com/Nath_Yamb/status/2000970713629376659)
Le plus effrayant est que ces personnes n’ont commis aucun ‘crime’, aucune ‘infraction’, et l’UE ne prétend d’ailleurs nullement qu’il y ait la moindre « faute » au sens pénal du terme : La sanction est prise parce que le Conseil européen estime souverainement qu’ils relaient un récit pro-russe et anti-OTAN - ce qui n’est pas un délit en soi ! Pour rappel, l’UE n’est pas (officiellement) en guerre avec la Russie... Ces sanctions sont une pure décision politique, prises à discrétion du Conseil de l’Union européenne. C’est un retour à des pratiques dignes du Moyen-âge
Du fait de sa notoriété, le cas de Jacques Baud est plus particulièrement emblématique. En s’attaquant à lui, l’UE franchit une étape supplémentaire, et réalise une espèce de ‘test’ : si lui peut être sanctionné sans que cela ne provoque de réaction, plus personne n’est à l’abri, n’importe quel citoyen européen peut l’être pour opinion non conforme. Pour toute critique de l’OTAN par exemple, assimilée à un « discours pro-russe ».