Comité Surveillance OTAN
Les États-Unis préparent une armée terroriste pour étendre leur guerre sale contre la Chine
Brian Bertelic
23 juin 2026
Ces dernières années, les médias américains se sont attachés à redorer l’image des extrémistes ouïghours chinois désormais basés en Syrie, en les présentant comme des "combattants de la liberté" dont l’objectif ultime est de "libérer" (se tailler) un territoire dans l’ouest de la Chine et qui se préparent à combattre la Chine à travers l’Eurasie — venant s’ajouter à une guerre sale déjà en cours que les États-Unis mènent contre la Chine depuis le XXe siècle.

Un schéma familier

De la Guerre froide à nos jours, les États-Unis ont activement créé et utilisé les pires organisations terroristes du monde pour faire avancer leurs objectifs géopolitiques à l’échelle mondiale. Cela inclut la création et l’utilisation d’Al-Qaïda* (par l’intermédiaire de branches locales des Frères musulmans) dans les années 1970 et 1980 en Syrie, ainsi que leur exportation vers l’Afghanistan pour combattre l’Union soviétique jusqu’à son retrait en 1989.

Cela inclut également l’utilisation de ces mêmes terroristes pour diviser et désorganiser la résistance unifiée face aux forces d’invasion étatsuniennes en Irak à partir de 2003, ainsi que le réaménagement régional du monde arabe par les États-Unis, s’étendant de la Libye et de l’Égypte en Afrique du Nord jusqu’au Yémen et à la Syrie au Moyen-Orient, un processus qui a débuté dans le cadre du « Printemps arabe » de 2011, lui aussi orchestré par les États-Unis.

Les extrémistes ouïghours transférés par les États-Unis pour renverser le régime syrien en Asie occidentale sont désormais ouvertement préparés par Washington à se diriger vers l’est, en direction de la Chine, afin d’intensifier cette guerre sale déjà en cours que les États-Unis mènent contre la Chine

De l’Afrique du Nord à l’Asie centrale, les États-Unis ont, de leur propre aveu, utilisé des organisations terroristes répertoriées comme telles par le Département d’État américain lui-même, à la fois pour cibler des nations que l’armée US ne peut attaquer directement et pour servir de prétexte à des invasions et occupations étatsuniennes dans des pays que les États-Unis cherchent à attaquer plus directement.

D’autres épisodes au cours desquels les États-Unis ont employé cette stratégie incluent notamment la Russie dans sa région du Caucase du Sud et même, plus loin encore, la Chine en Asie de l’Est.

Alors que la Russie et la Chine semblent avoir réussi à neutraliser cette méthode malveillante de guerre par procuration utilisée par Washington à l’intérieur de leurs frontières respectives, les États-Unis continuent non seulement d’armer et de renforcer des forces terroristes en vue de futurs conflits, mais s’emploient également à manipuler l’opinion publique pour présenter ce recours au terrorisme soutenu par les États-Unis comme un soutien à des "combattants de la liberté" contre des gouvernements "autoritaires".

Les médias étatsuniens présentent à nouveau les terroristes ouïghours comme des "combattants de la liberté"

Un article publié en mai 2026 par la National Public Radio (NPR) et intitulé « Les combattants étrangers qui ont contribué à renverser Assad — et pourquoi la Chine s’inquiète à leur sujet » donne un indication inquiétante que les États-Unis continuent de chercher à utiliser des extrémistes spécialement formés pour attaquer la Chine ainsi que ses investissements et projets à travers l’Eurasie

Cet article, le dernier d’une longue série parue ces dernières années, présente la plus grande partie des combattants étrangers impliqués dans le renversement de la Syrie soutenu par les États-Unis en 2024 — des extrémistes ouïghours originaires de la région occidentale chinoise du Xinjiang — comme de simples réfugiés fuyant les persécutions en Chine et s’étant retrouvés, par hasard, alignés sur Al-Qaïda et combattant à ses côtés.

L’article mentionne Hay’at Tahrir al-Sham (HTS), organisation auparavant désignée comme organisation terroriste étrangère par le Département d’État US jusqu’en juin 2025 : des combattants ouïghours ont été recrutés par cette filiale d’Al-Qaïda, qui a finalement vaincu les forces syriennes en 2024, renversant ainsi le gouvernement syrien.

La figure de proue de HTS, Abu Mohammad al-Jolani (désormais appelé Ahmed al-Sharaa), a même été désigné comme président de facto de la Syrie par les États-Unis et leurs mandataires, et a même été invité à la Maison Blanche par l’actuel président Donald Trump, alors qu’une récompense de 10 millions de dollars avait auparavant été mise sur sa tête par le gouvernement US lui-même.

La flexibilité morale des États-Unis à l’égard d’Al-Qaïda, selon qu’ils cherchent à justifier une intervention militaire directe en Syrie avant l’effondrement du gouvernement ou à consolider un régime fantoche dirigé par des terroristes après coup, est la marque distinctive centrale de l’utilisation, depuis des décennies, par Washington d’organisations terroristes pour cibler, affaiblir, renverser, puis prendre le contrôle politique des nations visées.

Ce n’est pas un hasard si les États-Unis ont non seulement recruté des milliers d’extrémistes ouïghours pour combattre aux côtés du HTS dans leur guerre par procuration contre le gouvernement syrien, mais cherchent désormais à redéployer cette force d’extrémistes aguerris et expérimentés à travers l’Eurasie dans le cadre de leur guerre sale en cours contre la Chine.

L’article de la NPR, à propos de ces milliers d’extrémistes ouïghours aguerris, indiquait :

« Ils affirment qu’ils espèrent désormais préserver leur culture et peut-être, un jour, lever une armée suffisamment puissante pour prendre le contrôle du Xinjiang, ou "Turkestan oriental" comme l’appellent les Ouïghours, cette région que les Ouïghours considèrent comme leur patrie et dont le Parti communiste chinois a pris le contrôle en 1949. »

Bien sûr, le Xinjiang faisait partie de la Chine depuis des siècles et ce n’est que brièvement, au cours du XXe siècle, qu’il s’est retrouvé à la dérive dans le cadre du "siècle d’humiliation" imposé par les États-Unis et l’Europe, que la Chine a connu avant son essor à la fin du XXe siècle et aujourd’hui au XXIe siècle — une histoire que Washington juge gênante au regard des récits qu’il construit en vue de justifier la prochaine vague de terrorisme en préparation à travers l’Eurasie et contre la Chine elle-même.

Radicalisation et ravages au Xinjiang et au-delà

Aujourd’hui, NPR prétend que les circonstances entourant les violences dans la région chinoise du Xinjiang impliquant des Ouïghours radicalisés sont ambiguës, affirmant qu’elles ont commencé par des manifestations étudiantes exigeant l’ouverture d’une enquête sur les affrontements entre ouvriers ouïghours et han. L’article n’évoque que très brièvement la nature violente de l’extrémisme ouïghour au Xinjiang (qui s’est propagé bien au-delà de la région au cours des années suivantes).

En réalité, les médias occidentaux ont admis ces dernières années l’existence d’une campagne concertée de radicalisation ciblée de la population ouïghoure de la région occidentale du Xinjiang, en Chine.

Le Los Angeles Times, dans un article de 2016 intitulé « En Chine, la montée du salafisme alimente la méfiance et la division parmi les musulmans », indique que la radicalisation des Ouïghours a non seulement créé des tensions avec le gouvernement chinois et les groupes ethniques non ouïghours du Xinjiang, mais aussi parmi les musulmans ouïghours eux-mêmes.

L’article décrit ce processus comme trouvant son origine chez un proche allié de Washington dans le golfe Persique, l’Arabie saoudite:

« Des prédicateurs et des organisations saoudiens ont commencé à se rendre en Chine. Certains d’entre eux apportaient des cadeaux : des programmes de formation pour les religieux, des Corans à distribuer, des fonds pour de nouveaux “instituts islamiques” et des mosquées.

“Cette exposition aux discours saoudiens a en fait provoqué une implosion momentanée au sein de la communauté salafiste dans les années 1980”, a déclaré Mohammed Al-Sudairi, doctorant à l’université de Hong Kong qui a passé des années à mener des recherches sur les musulmans salafistes en Chine.

La nouvelle génération, beaucoup plus engagée et influencée par l’Arabie saoudite, a commencé à contester le savoir de l’ancienne génération. Il y a eu de nombreuses excommunications au sein de la communauté [musulmane] ; les gens se disaient les uns aux autres qu’ils n’étaient pas de vrais musulmans. »

En d’autres termes, bien que Washington accuse Pékin de « génocide » au Xinjiang — ce qui, entre parenthèses, signifie « génocide culturel » de ce que Washington présente comme la culture ouïghoure —, ce sont les États-Unis, par l’intermédiaire de leurs mandataires saoudiens, qui ont effacé la culture ouïghoure indigène pour la remplacer par un extrémisme salafiste importé et motivé par des considérations politiques, lequel a manifestement débouché sur une violence armée généralisée visant à ébranler la stabilité de la Chine.

Alors que cette violence est aujourd’hui délibérément omise des récits occidentaux concernant le Xinjiang — notamment pour renforcer l’illusion selon laquelle les mesures de sécurité prises par la suite par Pékin étaient arbitraires et injustifiées —, au plus fort des violences entre 2009 et 2015, les médias occidentaux rendaient compte avec empressement de l’escalade de la violence que Pékin semblait incapable de contrôler.

La BBC, dans un article de 2014 intitulé « Pourquoi y a-t-il des tensions entre la Chine et les Ouïghours ? », a dressé une longue liste d’actes terroristes perpétrés par des extrémistes, tant au Xinjiang que dans le reste de la Chine.

L’article indiquait :

« … la situation s’est véritablement aggravée en 2009, avec des émeutes ethniques à grande échelle dans la capitale régionale, Urumqi. Quelque 200 personnes ont été tuées lors de ces troubles, pour la plupart des Chinois Han, selon les autorités.

La sécurité a été renforcée et de nombreux Ouïghours ont été placés en détention en tant que suspects. Mais la violence a continué de gronder, tandis que les groupes de défense des droits de l’homme dénonçaient de plus en plus le contrôle strict exercé par Pékin.

En juin 2012, six Ouïghours auraient tenté de détourner un avion reliant Hotan à Urumqi avant d’être maîtrisés par les passagers et l’équipage.

Des effusions de sang ont eu lieu en avril 2013 et en juin de la même année ; 27 personnes ont trouvé la mort dans le comté de Shanshan après que la police eut ouvert le feu sur ce que les médias d’État ont décrit comme une foule armée de couteaux attaquant des bâtiments administratifs locaux. »

L’article tentait ensuite brièvement de suggérer que les détails des attaques étaient difficiles à vérifier, dans le but de contester la légitimité des mesures de sécurité renforcées prises par Pékin pour faire face à la violence ; cependant, la plupart des attaques décrites dans l’article de la BBC avaient été filmées par des caméras de sécurité, attestant ainsi de la brutalité indéniable de cette violence radicalisée.

L’article poursuivait :

« Au moins 31 personnes ont été tuées et plus de 90 autres blessées en mai 2014 lorsque deux voitures ont foncé dans un marché d’Urumqi et que des explosifs ont été lancés dans la foule. La Chine a qualifié cet événement d’"incident terroriste violent".

Cet événement faisait suite à un attentat à la bombe et à l’arme blanche perpétré en avril à la gare ferroviaire sud d’Urumqi, qui avait fait trois morts et 79 blessés.

En juillet, les autorités ont déclaré que [des attaques avaient été perpétrées contre] des bureaux gouvernementaux à Yarkant, faisant 96 morts. L’imam de la plus grande mosquée de Chine, Jume Tahir, a été poignardé à mort quelques jours plus tard.

En septembre, une cinquantaine de personnes ont trouvé la mort dans des explosions survenues dans le comté de Luntai, à proximité de commissariats de police, d’un marché et d’un magasin. Les détails de ces deux incidents restent flous, et des militants ont contesté certaines versions des faits relayées par les médias d’État.

Certaines violences se sont également propagées hors du Xinjiang. Une série d’agressions à l’arme blanche perpétrée en mars à Kunming, dans la province du Yunnan, qui a fait 29 morts, a été imputée à des séparatistes du Xinjiang, tout comme un incident survenu en octobre 2013 au cours duquel une voiture a foncé dans la foule avant de prendre feu sur la place Tiananmen à Pékin. »

La liste exhaustive, mais loin d’être complète, publiée par la BBC sur les actes de violence perpétrés par des Ouïghours radicalisés a laissé un sillage de mort et de destruction du Xinjiang à Pékin — les attaques étant tout aussi susceptibles de tuer des compatriotes ouïghours que des membres d’autres groupes ethniques ou des fonctionnaires.

La violence a fini par s’étendre au-delà de la Chine elle-même avec un attentat à la bombe en 2015 visant le centre de Bangkok, la capitale de la Thaïlande, à la suite du refus du gouvernement thaïlandais de se plier aux exigences du gouvernement étatsunien qui souhaitait que des suspects terroristes ouïghours soient autorisés à poursuivre leur voyage vers la Turquie pour rejoindre les forces terroristes soutenues par les États-Unis combattant en Syrie voisine, au lieu d’être renvoyés en Chine pour y être jugés.

Les politiques chinoises en matière de sécurité et de développement ont réussi à mettre fin au cycle de radicalisation et de violence, en réhabilitant et en déprogrammant les extrémistes avant de leur offrir une formation professionnelle et de leur permettre de réintégrer la société. La Chine a également investi massivement dans le développement économique du Xinjiang afin d’assécher les sources de pauvreté et de chômage qui avaient, au départ, prédisposé la population locale à la radicalisation.

Cependant, cela ne s’est pas produit avant que des milliers d’extrémistes ouïghours ne soient transférés par les États-Unis de l’ouest de la Chine vers l’Asie occidentale, où ils ont été armés, formés et aguerris au combat lors du renversement du régime syrien soutenu par les États-Unis entre 2011 et 2024, d’où ils attendent désormais d’être redéployés contre la Chine elle-même ainsi que contre les investissements, les projets d’infrastructure et les missions diplomatiques soutenus par la Chine à travers l’Eurasie.

La résurrection et le ‘rebranding’  du front terroriste anti-chinois de Washington

Tout comme les États-Unis l’ont fait avec d’autres organisations terroristes, notamment le HTS en Syrie et le tristement célèbre Mujahedin-e Khalq (MEK) en Iran, l’organisation terroriste ouïghoure, le Mouvement islamique du Turkestan oriental (ETIM), précédemment répertoriée par le Département d’État US comme organisation terroriste étrangère, a été « retirée de la liste » à compter de 2020.

Dans son article intitulé « Les États-Unis retirent de la liste des organisations terroristes un groupe dénoncé par la Chine », la DW affirme : « La Chine invoque régulièrement le Mouvement islamique du Turkestan oriental pour justifier sa répression au Xinjiang, région à majorité musulmane. Les États-Unis l’ont retiré de la liste des organisations terroristes, affirmant qu’il n’y avait “aucune preuve crédible” que ce groupe existait encore. »

L’article explique en outre que, « l’ETIM a été retiré de la liste car, depuis plus d’une décennie, il n’y a aucune preuve crédible de la persistance de l’ETIM », a déclaré un porte-parole du Département d’État, selon l’agence de presse AFP.

Pourtant, à peine deux ans plus tôt — ce qui s’inscrit largement dans cette «période de plus d’une décennie» —, le Commandement central américain (US Central Command) lui-même avait admis avoir mené des frappes contre des terroristes de l’ETIM en Afghanistan, pays qui partage un court tronçon de frontière avec la Chine voisine, révélant ainsi que la justification avancée par le Département d’État US pour retirer l’ETIM de la liste était un mensonge flagrant.

Tout comme ce fut le cas pour le HTS et le MEK, l’organisation terroriste ouïghoure chinoise ETIM a été retirée de la liste non pas parce qu’elle n’existe plus ou qu’elle ne se livre plus au terrorisme, mais parce que les États-Unis cherchent à légitimer ce terrorisme et à l’aider et à le soutenir plus ouvertement.

Les États-Unis mènent déjà une guerre sale contre la Chine à travers l’Eurasie, notamment en soutenant les terroristes baloutches dans le sud-ouest du Pakistan et les militants armés au Myanmar, pays d’Asie du Sud-Est — ces deux groupes s’en prenant à des projets d’infrastructure soutenus par la Chine, attaquant les investissements chinois et, au Pakistan, tuant des ingénieurs chinois tout en tentant d’assassiner l’ambassadeur de Chine au Pakistan en 2021.

Les extrémistes ouïghours transférés par les États-Unis pour renverser le régime syrien en Asie occidentale sont désormais ouvertement préparés par Washington à se diriger vers l’Est, en direction de la Chine, afin d’intensifier cette guerre sale déjà en cours que mènent les États-Unis contre la Chine, contre la «Belt and Road Initiative» (BRI), ses investissements, ses citoyens et ses missions diplomatiques, ainsi que contre les amis et partenaires de la Chine partout entre ces deux points.

Une partie de ces préparatifs consiste notamment à voir les médias étatsuniens eux-mêmes redéfinir des terroristes précédemment désignés comme tels par les États-Unis en "combattants de la liberté', dans l’espoir non seulement de rallier le soutien de l’opinion publique et des milieux politiques en faveur des mandataires armés de Washington, mais aussi de présenter les tentatives inévitables de la Chine de se défendre contre cette dernière hostilité à son encontre comme de l’« autoritarisme », voire de l’« agression ».

Seul le temps dira si l’essor de la Chine et ses efforts pour construire un monde multipolaire pourront prendre le pas sur les tentatives de Washington visant à affaiblir la Chine et à démanteler ce monde multipolaire. En attendant, Washington a préparé une nouvelle pièce à placer sur cet échiquier mondial — une pièce qui menace les nations de toute l’Eurasie et qui exige une coopération en matière de sécurité à l’échelle eurasienne avec la Chine pour s’en défendre.

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