Alerte OTAN n°80 - 3e trimestre 2021

Édito

Quelles leçons tirer du fiasco afghan ?

Il y a déjà plus de dix ans, une précédente « Plate-forme belge contre la guerre » à laquelle était associée le CSO  avait tiré le constat sans appel de l’échec et de la tromperie que constituait l’opération militaire de l’Otan en Afghanistan. Ses conclusions peuvent toujours être trouvées sur notre site : elles résonnent singulièrement aujourd’hui. 

Quelques mois plus tard,  en janvier 2011 des représentants des partis progressistes belges reprenaient ouvertement l’un des points fondamentaux mis en évidence par la Plate-forme : L’Otan était en Afghanistan à cause des intérêts géostratégiques, et non pour les objectifs humanitaro-sécuritaires affichés. 

Làs : A peine 2 mois plus tard, les mêmes partis, suivis par nombre d’organisations, se jetaient à nouveau,  de bonne foi,  dans le soutien à l’intervention de l’Otan contre la Libye, et se lamentaient de la prétendue inaction de l’Occident en Syrie -  aveuglés une fois de plus par un discours humanitaire et démocratique.

Aucune sanction, aucune contrition pour le désastre ouvert par les bombes de l’Otan en Libye. La sale guerre menée (à peine) secrètement par les pays de l’Otan contre la Syrie,  et ses conséquences meurtrières est toujours pour nombre d’organisations et partis progressistes un sujet tabou.

Il ne s’agit bien sûr pas ici de condamner, ou de mettre en question des individus et des mouvements aux côtés desquels nous nous retrouvons souvent dans le combat pour la paix. Mais nous pensons que pour que ce combat soit réellement efficace, on ne pourra pas faire l’économie de la prise de conscience du rôle essentiel que jouent les faux-semblants humanitaires, démocratiques, sécuritaires dans l’acceptation (même passive) des sanctions économiques, blocus déguisés, ou interventions militaires directes ou indirectes, contre des pays qui –coïncidence-  sont des cibles de l’Otan pour des raisons qui n’ont rien à voir avec l’humanitaire ou l’amour de la démocratie. 

Va-t-on pouvoir enfin tirer les leçons des fiascos des interventions militaires ? Va-t-on enfin réaliser que les bombes déversées, ou les soutiens à des chefs de guerre des pays désignés comme ennemis, n’ont jamais apporté de solution, mais plutôt créé des problèmes de long terme?

Les « leçons » du dernier fiasco que certains entendent tirer nous inquiètent. « Nous devons avoir notre propre force d’intervention européenne ! » poussent des dirigeants européens. Les récentes déclarations du Secrétaire Général de l’Otan, selon lesquelles l’Afghanistan ne changeait rien, et que l’Otan devait être prête à utiliser à nouveau la force militaire, sont de bien sinistres augures.

Les leçons à tirer par le mouvement pour la paix doivent être de toute autre nature.

Exposition au Mondaneum de Mons

Resister à la propagande de guerre

du 17 septembre 2021 au 2 janvier 2022

Cette exposition inédite invite le visiteur à comprendre les ressorts sur lesquels s’appuie la propagande dans l’histoire militaire, depuis la guerre 14-18 jusqu’aux guerres contemporaines.

Elle s’articule autour de 10 principes, décrits par Anne Morelli (Université Libre de Bruxelles) dans son livre « Principes élémentaires de propagande de guerre » et aborde également la question de ceux qui se sont dressés contre elle.

Rarement la question de l'opinion publique, et de son attitude à l’égard de la guerre, n’a été évoquée. Elle le sera largement ici. Cette exposition met en relief ceux qui, concrètement, ont refusé de faire la guerre, notamment en 14-18 : les pacifistes, les déserteurs, les automutilés, les suicidés, les fraternisateurs.

Si le poids que l’individu possède face aux décideurs est assez modeste, nous avons néanmoins tous autant que nous sommes une possibilité de résister à la propagande de guerre. Une telle réflexion apparaît d’autant plus indispensable aujourd’hui, en raison de la multiplication des conflits armés dans le monde, et du constat de la difficulté de développer des contre-arguments pour s’opposer à la propagande.

Plus d'infos: Mundaneum de Mons

 
Exigeons de notre gouvernement de rendre des comptes à la population sur la responsabilité belge dans cette odieuse guerre de 20 ans

Tous les gouvernements belges et tous les partis politiques de notre pays qui, depuis 20 ans ont soutenu la participation belge à la guerre en Afghanistan auront à rendre des comptes  devant la population de notre pays : voilà le débat public qui est nécessaire en Belgique, à la place de cette mascarade de discussion à La Chambre qui s’est tenue le 26 août dernier.

La Belgique est impliquée militairement dans cette guerre, au moins depuis 2003. C’est la date à laquelle l’Otan a fait main basse sur la FIAS, la « Force Internationale  d’Assistance à la Sécurité » force à l’origine conçue par l’ONU pour « sécuriser Kaboul et ses environs » - et non comme force supplétive d’une invasion et d’une occupation meurtrière.

En 2014, l’Otan se dispensait du paravent de l’ONU, et remplaçait d’autorité la FIAS par l’opération « Resolute Support », mission « d’assistance à la lutte anti-terroriste ». On peut aujourd’hui juger de sa remarquable efficacité.

La Belgique y envoyait des centaines de militaires belges pour « la formation » de l’armée afghane, ainsi que pour la charge de maintenance et de pilotage des avions de chasse F16 qui n’ont cessé de bombarder l’Afghanistan et de tuer des milliers de civils.

Pourtant comme l’avait révélé en 2019 le Washington Post, les responsables américains savaient pertinemment depuis longtemps que la guerre était impossible à gagner : « A quoi voulions nous aboutir ici ? Nous n'en avions pas la moindre idée » avouait dès 2015 le Gén. D.Lute, qui menait la guerre en Afghanistan sous les Bush et Obama. La Belgique était-elle au courant ?

Qu’est-ce qui empêchait le gouvernement belge de cesser sa collaboration à cette odieuse guerre de l’Otan qui a provoqué désastre après désastre et qui n’a rien « reconstruit » en Afghanistan depuis 20 ans ?

Certes, le retrait actuel des troupes d’occupation de l’Afghanistan met en évidence  l’impasse à laquelle conduit toute la politique de guerre et de militarisme à outrance qui est la raison d’être de l’Otan. Mais cela ne nous réjouit pas pour autant, si nous ne tirons pas clairement la conclusion que

la Belgique doit rompre avec l’Otan et stopper définitivement toute sa politique extérieure belliqueuse.

Voilà le débat public que nous devons mener, non seulement au Parlement, mais avant tout au sein des partis progressistes de notre pays et au sein des mouvements de paix.

Commémoration Hiroshima Nagasaki

Samedi 7 août 2021 de 14h00 à 17h00

Parc Hibakusha UMons, Campus de la Plaine de Nimy
Av. du Champ de Mars à 5000 Mons

Le Collectif Parc Hibakusha et l’UMons vous convient à cette commémoration pour honorer la mémoire des victimes des bombardements atomiques d’Hiroshima et Nagasaki et des essais nucléaires, et pour réclamer le désarmement nucléaire mondial.

Programme:

- Exposition

- Vidéos,

- Présentation du projet en développement du parc Hibakusha et des différents intervenants, professionnels, enseignants et étudiants:

  • Phase 1 du projet : le nouveau lieu de Mémoire.
  • Phase 2 : les Torries (portiques d’accès)
  • Phase 3 : l’agora (Lieu de la Paix)
  • Phase 4 : le chemin et les panneaux pédagogiques

Le Collectif Hibakusha est composé de personnes et d’associations collaborant à la réalisation et à la pérennité du nouveau Parc Hibakusha au sein du Campus de la Plaine de Nimy à l’Université de Mons en Belgique. Ce Parc, initié en 1989 par le Professeur Pierre Piérart (UMons), est un lieu de mémoire et un plaidoyer pour l’élimination des armes nucléaires dans le monde.

SOMMET DE L’OTAN DU 14 JUIN:
Rassemblement le dimanche 13 juin à 13h à la Place Albertine.

Pour la justice (sociale, environnementale), contre la guerre et la militarisation

Le 14 juin, un sommet de l’OTAN se tiendra à Bruxelles. L’OTAN qui pousse toujours plus pour la confrontation et la militarisation, alors que la pandémie mondiale nous apprend que seule la coopération internationale garantit notre sécurité.

Le mouvement de la paix belge appelle à un rassemblement le dimanche 13 juin à 13h sur le Mont des Arts (Place de l’Albertine)

Dans “le monde d’après”, post pandémie, l’OTAN n’a pas sa place, car la guerre n’est pas un secteur essentiel!

22 janvier 2021 : Les armes nucléaires sont illégales !


Manifestation devant le Ministère des Affaires Etrangères, 22/01/21

Ce 22 janvier, le Traité d'interdiction des armes nucléaires (TIAN) entre en vigueur. Les armes nucléaires deviennent officiellement illégales en vertu du droit international, rejoignant enfin les armes chimiques et biologiques. Le Traité interdit d’utiliser, de menacer d’utiliser, de mettre au point, d’essayer, de produire, d’acquérir, de posséder, de stocker et de transférer des armes nucléaires.

 

"Nous profitons de la nouvelle phase dans laquelle les négociations pour la formation d’un Gouvernement fédéral sont entrées afin de porter à votre connaissance les revendications largement partagées dans la société civile belge concernant la procédure de remplacement des avions de combat F16 de l’armée belge.  C’est ainsi que, et confiantes dans le fait que la crise que nous traversons donne encore davantage de force à nos arguments, les associations soussignées se permettent de revenir vers vous pour rappeler notre volonté de voir le prochain gouvernement abandonner le contrat d’achat de 34 avions de combat F35 conclu par le gouvernement Michel en octobre 2018....."

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75 ANS APRES LE BOMBARDEMENT ATOMIQUE DE HIROSHIMA ET NAGASAKI

Cette année, la commémoration du bombardement atomique d’Hiroshima et Nagasaki par les Etats-Unis en août 1945 sera particulièrement lourde de sens : nous ne sommes pas sortis de la crise  dans laquelle la pandémie mondiale du Covid.19 nous a plongés. Celle-ci a mis à nu les inégalités et les injustices sociales face à la maladie, elle a aussi mis en évidence que l’humanité a les moyens d’y faire face et de les surmonter en imposant l’arrêt des dépenses militaires folles et des guerres. Le virus de l’arme atomique est particulièrement dangereux et le risque de son utilisation par les « Docteurs Fol Amour » du monde actuel est très grand.

La commémoration au Parc Hibakusha de l’Université de Mons se réalisera en respectant les mesures de distanciation sociale et de sécurité  préconisées par les autorités sanitaires de notre pays et le rectorat de l’UMons. Ce sera la dernière sur le site actuel du Parc, au campus de la Plaine de Nimy de l’UMons.

Voici les informations définitives sur le déroulement de la journée

Quand ? le samedi 8 août 2020, entre 14 et 17 heures.

Où ?      à l’Université de Mons – Campus de la Plaine de Nimy – Mons
suivre la flèche sur poteau indicateur « Parc Hibakusha »

Au programme :

14h : accueil des participants au Parc Hibakusha

14h15 : dépôt de fleurs et minute de silence à la mémoire des victimes du nucléaire
Se munir d’un masque facial et respecter la distanciation sociale.

14h30 : réunion à la Salle Pascal, bâtiment des grands amphithéâtres

  • Lecture des messages  et informations sur les luttes contre l’armement nucléaire en Belgique
  • Présentation des projets de réaménagement du Parc Hibakusha : un an de travail des étudiants et professeur de la Faculté d’Architecture, 17 projets, un foisonnement d’idées et de propositions très intéressantes.
  • Constitution du Collectif Parc Hibakusha 2020 qui se chargera de mener le projet à terme

Plus d'informations sur le site du Parc Hibakusha www.parc-hibakusha.be

Carte-blanche de la plate-forme "Pas d'avion de chasse"

Tous les jours sur les coups de 20h00, nombreux sont celles et ceux qui ouvrent leur fenêtre et applaudissent, en communion, le personnel soignant qui se débat contre le coronavirus. Chacun sait le manque de masques, de tests, de respirateurs, de locaux, de lits, de personnel auquel le secteur doit faire face. Chacun sait que si les hôpitaux belges résistent encore, c’est au prix du confinement que nous devons vivre toutes et tous. Et que malgré ce confinement, la situation reste critique.  

Aujourd’hui, nous constatons ce qui doit être fait pour assurer notre sécurité et celle de la société. A travers cette crise sanitaire, nous expérimentons intensément l’importance capitale de services publics de qualité, et la nécessité d’en assurer la pérennité le plus longtemps et le plus énergiquement possible. 

Or, si les manques de masques ou de tests ont révélé les difficultés du secteur de la santé, cela fait plusieurs années que ce dernier dénonce les coupes budgétaires successives qu’il doit encaisser, au même titre que la plupart des autres services publics. Des coupes budgétaires qui résultent de choix politiques et qui ont abouti à la situation que l’on vit aujourd’hui. Des choix politiques qu’il faut donc dénoncer avec encore plus de vigueur.

C’est ainsi que dans sa déclaration de politique générale, le gouvernement de Charles Michel a annoncé une économie de pas moins de 3,8 milliards d’euros dans les soins de santé sur l’ensemble de la législature. Avec toujours le même argument seriné depuis la crise économique de 2008 : il faut se comporter « en bon père de famille », il ne faut pas « vivre au-dessus de nos moyens », tous les secteurs de l’Etat doivent « faire des efforts ». 

En 2017 pourtant, alors que la Ministre du budget Sophie Wilmès annonçait un budget pour la sécurité sociale ponctionné de près d’un milliard (902 millions) d’euros, le gouvernement dégageait 9,3 milliards d’euros pour l’achat de matériel pour l’armée belge : deux frégates, des chasseurs de mines, 450 véhicules blindés, des drones… et 34 avions de combat pour lesquels le gouvernement Michel a signé un contrat d’achat d’une valeur de plus de 4 milliards d’euros en octobre 2018. Sur la totalité de leur durée de vie, ces avions couteront 15 milliards aux contribuables belges… sans compter leur utilisation qui chiffre à 40.000 euros l’heure de vol. D’énormes investissements qui ne sont pas destinés à notre sécurité mais qui répondent à la pression de l’OTAN et des États-Unis pour augmenter à 2% du PIB, nos dépenses de défense.

Il est encore plus clair aujourd’hui que la priorité en octobre 2018 n’était pas d’engager la Belgique dans l’achat de 34 avions chasseurs-bombardiers. Les priorités étaient ailleurs, évidemment. 

Les finances publiques vont à nouveau, comme en 2008, être soumises à rude épreuve. Et il faudra se réinventer pour continuer à dégager des moyens pour permettre aux services publics de garantir pleinement leurs missions. Mais il est désormais évident que la Belgique n’avait pas, n’a pas et n’aura pas les moyens d’investir autant d’argent dans du matériel militaire dont, du reste, l’utilisation est extrêmement problématique.

Depuis le début du processus de remplacement des avions F16 de l’armée belge, les arguments se sont accumulés contre ce projet, contre la manière dont le processus s’est déroulé et contre le choix final. Si le gouvernement n’était passé en force en outrepassant le débat démocratique lors du « F16 gate » quand les abus de la procédure ont été révélés, l’ensemble du dossier aurait logiquement été transféré au gouvernement qui sortirait des élections de mai 2019. Tous ces arguments restent valides aujourd’hui mais s’effacent quoi qu’il arrive devant l’évidence qui saute désormais aux yeux de chacune et de chacun à la faveur de cette crise sanitaire : nous n’avons pas besoin de 34 avions chasseurs-bombardiers mais bien de l’argent que l’on aura épargné en abandonnant ces préparatifs de guerre. Nous demandons au gouvernement d'annuler le contrat et de réinvestir les fonds épargnés dans nos soins de santé publique!



Manlio Dinucci
Guerre nucléaire. Le jour d’avant

Hommage à Pierre Piérart
D'Hiroshima à Sarajevo


Parution du livre de VREDE sur l'Otan


Daniele Ganser
"Les Armées Secrètes de l'Otan"
Ed. Demi-Lune, 2007