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Opérations en zone urbaine en l’an 2020 - Synthèse

Source : Otan

01 avril 2003

1. Introduction

Le rapport technique de 1999 sur les opérations terrestres en l’an 2020 (LO 2020), établi par l’Organisation OTAN pour la recherche et la technique, concluait qu’à l’avenir, l’OTAN devrait vraisemblablement mener des opérations dans des zones urbaines, où les aménagements et les infrastructures ainsi que la présence de non-combattants seront des caractéristiques importantes à prendre en compte. Le rapport précisait en outre que ce type d’opérations constituerait un défi majeur pour l’Alliance. En effet, les moyens actuellement disponibles pour des opérations en zone urbaine sont essentiellement ceux de la deuxième guerre mondiale et se caractérisent par des pertes élevées et des dommages collatéraux étendus. Aujourd’hui, les commandants OTAN disposent d’un nombre très limité d’options militaires leur permettant d’éviter des dommages et des pertes trop importantes lorsqu’ils interviennent en zone urbaine face à un ennemi. De tels effets sont inacceptables, surtout aux premiers stades d’un conflit, où la probabilité d’une implication des forces de l’OTAN est plus élevée. Il est donc essentiel que l’OTAN mette à la disposition de ses commandants un éventail de moyens leur permettant de s’adapter aux conditions changeantes des opérations en zone urbaine.

Suite à ces conclusions, le SHAPE a lancé une étude en vue d’applications militaires afin d’évaluer la nécessité de doctrines et de concepts conjoints et combinés pour les opérations en zone urbaine. Sept pays de l’OTAN ont accepté de désigner des membres pour former le groupe de travail; la commission SAS (Etudes, analyse et simulation) a décidé pour sa part, en mai 2000, que le Royaume-Uni fournirait le directeur. Le groupe d’étude a étudié les besoins recensés par la commission SAS et a établi le présent rapport en vue d’un examen complémentaire. Les résultats de ce travail doivent permettre de définir des orientations pour les futures activités de recherche et d’apporter une contribution au processus d’établissement des plans de défense de l’OTAN, à l’initiative sur les capacités de défense et au processus de développement et d’expérimentation de concepts.

2. Approche

Le groupe d’étude a adopté une approche comportant plusieurs étapes. Il a tout d’abord analysé le futur environnement urbain. Il a ensuite défini un cadre conceptuel général pour les opérations urbaines ainsi que des lignes directrices pour l’action à mener. Le groupe a recensé un certain nombre de capacités opérationnelles souhaitées qui sont nécessaires au succès de telles opérations.

Ces capacités ont ensuite été définies plus précisément en fonction d’autres paramètres opérationnels avant d’être mises à l’essai dans le cadre d’une simulation contrôlée de combat en zone urbaine au moyen de deux scénarios portant respectivement sur une opération de réponse à une crise et sur une situation de combat. Ce travail a permis d’identifier les besoins relatifs à la mission et les capacités requises ainsi que d’établir un « plan de marche » possible en vue d’apporter les solutions.

3. Le futur environnement urbain

Le groupe d’étude a d’abord entrepris de décrire la nature probable du futur environnement urbain. Il a noté que le nombre et la taille des zones urbaines vont continuer d’augmenter et que ces zones pourraient devenir des foyers de troubles et de conflits. La complexité matérielle et humaine de cet environnement fait que les commandants de forces OTAN sont confrontés à des défis inédits auxquels les capacités militaires con¸cues pour des environnements « ouverts » ne permettent pas de répondre de manière adéquate.

4. L’approche manoeuvrière des opérations en zone urbaine

Le groupe d’étude a mis en évidence une approche globale nouvelle des opérations en zone urbaine qui permettrait d’améliorer notablement les capacités dans ce domaine. Les approches plus traditionnelles visant à améliorer les capacités utilisées en zone urbaine privilégient l’échelon tactique et ne concernent qu’une seule arme. Leur but est d’aider les forces tactiques à mieux réagir face aux conditions qui caractérisent le combat tactique, à savoir l’incertitude, la proximité immédiate de l’ennemi et la vulnérabilité. Les nouvelles perspectives concernent l’amélioration de la protection individuelle, les techniques d’ouverture de brèches, etc.

Grâce aux nouvelles approches doctrinales, un commandant OTAN pourrait employer les forces de manoeuvre à l’échelon opérationnel dans un environnement urbain pour « modeler » les conditions du combat tactique (et non pas seulement y faire face). Parmi les solutions envisagées, on peut citer l’utilisation de moyens de surveillance interarmées afin de mieux diriger les actions tactiques sur les points névralgiques de l’ennemi et l’emploi de moyens de frappe à distance afin de limiter le recours au combat rapproché ou de contrôler l’information, la mobilité ainsi que le soutien dont disposent les forces tactiques de l’ennemi.

Le concept américain d’USECT peut être utilisé pour décrire l’approche manoeuvrière. (Ce concept, né aux Etats-Unis, est apparu pour la première fois dans une publication sur la doctrine traitant des opérations en zone urbaine1. USECT, pour « Understand, Shape, Engage, Consolidate and Transition », consiste à « comprendre », « modeler », « prendre à partie », « faire la synthèse des informations » et « assurer la transition ». Ces aspects peuvent être utilisés séparément, successivement ou simultanément.

L’approche traditionnelle des opérations en zone urbaine ne prend pas en compte la capacité de recueillir des informations et des données sur les positions, les mouvements et l’état des forces ennemies dans un environnement urbain. Bien souvent, les informations tactiques ne sont recueillies qu’après la prise à partie d’un ennemi, l’accent étant alors mis sur la phase correspondante du concept. C’est ainsi que, pour mettre l’ennemi en échec, on a généralement recours à des forces beaucoup trop importantes.

A l’opposé, l’approche manoeuvrière consiste à « comprendre » la nature de l’ennemi, ses positions et ses intentions avant de le prendre à partie en utilisant la capacité ISTAR et d’autres moyens et à exploiter les informations recueillies pour « modeler » l’environnement de combat urbain. Ces activités, réunies sous le concept USECT, permettront à un commandant OTAN d’utiliser une approche manoeuvrière à l’échelon opérationnel pour « modeler » les aspects du combat tactique en les tournant à son avantage et « prendre à partie » l’ennemi avec des armes de précision, réduisant ainsi les pertes et les dommages collatéraux.

Dans la mesure où, dans un avenir proche, les actions tactiques vont se poursuivre, il faut mettre sur pied un programme d’améliorations à l’échelon tactique et à l’échelon opérationnel. Les nouvelles perspectives qui se dessinent à l’échelon opérationnel devraient amener une amélioration spectaculaire.

Recommandation

Le groupe d’étude recommande que l’OTAN adopte le concept USECT comme base pour l’élaboration ultérieure des concepts et de la doctrine applicables aux opérations en zone urbaine.

5. Concepts opérationnels

Afin de mettre en oeuvre une approche manoeuvrière globale, un commandant OTAN doit avoir à sa disposition des capacités améliorées lui permettant de « comprendre », de « modeler » l’environnement et de « prendre à partie » l’ennemi dans un environnement urbain. Dans le but de recenser et de développer ces capacités, le groupe d’étude a tout d’abord passé en revue la gamme complète des missions en zone urbaine et défini des concepts opérationnels qu’un commandant OTAN pourrait appliquer pour que chaque mission soit une réussite. Ces concepts sont de deux types : l’un, traditionnel, dans lequel l’aptitude à « comprendre » l’environnement urbain est très limitée (siège, destruction, attaque frontale) et l’autre, nouveau, dans lequel l’amélioration de la doctrine et des capacités est mise à profit pour « comprendre » et « modeler » l’environnement et « prendre à partie » l’ennemi en utilisant des armes de précision dans l’espace de combat (frappe de précision, isolement et prise de centres nodaux, segmentation et prise, etc.).

Recommandation

Le groupe d’étude recommande que l’OTAN adopte les types de mission et les nouveaux concepts opérationnels ainsi définis pour qu’ils servent de base aux études, aux recherches et aux expériences futures.

6. Capacités requises

Les capacités nécessaires à chaque concept opérationnel ont été recensées par le groupe d’étude et présentées dans le cadre du concept USECT. Le séminaire sur l’évaluation des capacités (CAPS) tenu en septembre 2001 a permis d’établir une liste de 42 capacités de niveau opérationnel (chapitre 5). Un commandant OTAN devrait pouvoir disposer de l’ensemble de ces capacités pour mener à bien des opérations dans un environnement urbain. Afin de permettre un examen plus détaillé des principales capacités, quinze « capacités essentielles » ont été définies sur la base de deux grands critères : l’importance sur le plan militaire et l’ampleur des lacunes, selon l’avis du groupe d’étude.

Recommandations

Le groupe d’étude recommande que l’OTAN développe des capacités à utiliser dans des zones urbaines en se concentrant sur les besoins essentiels mis en évidence dans la présente étude.

Il recommande en outre que les 42 capacités recensées soient analysées plus avant, mais que l’accent soit mis dans un premier temps sur les 15 capacités essentielles.

Il recommande aussi que l’OTAN mette en relation tout développement futur de matériel destiné aux opérations en zone urbaine avec les 42 capacités recensées.

7. Solutions possibles

La dernière partie de l’étude est consacrée aux mesures permettant de développer les capacités essentielles. Ces mesures sont groupées en fonction des types d’initiatives qui pourraient être prises et rangées dans quatre catégories : doctrine, organisation, entraînement et matériel. Plus de la moitié des capacités sont liées au matériel, mais nombreuses sont celles qui dépendent aussi de la doctrine, de l’organisation et de l’entraînement.

Afin de mieux connaître la nature des solutions possibles, le groupe d’étude a organisé en novembre 2001 un séminaire sur la simulation d’opérations en zone urbaine (USW). Dans ce but, douze « concepts de systèmes » pouvant fournir les capacités requises ont été répertoriés. Le groupe d’étude a ensuite analysé différents systèmes représentatifs lors de la simulation et a évalué leur intérêt sur le plan militaire et sur le plan technique, le risque technique qu’ils présentent et le coût de la recherche associée. Trois « vignettes » différentes ont été étudiées dans le cadre de ce travail.

Les évaluations menées lors des séminaires CAPS et USW montrent que les capacités essentielles consistent à recueillir, communiquer, traiter, fusionner, assimiler et distribuer, de manière adaptée, des informations provenant de sources multiples, notamment le renseignement humain. Selon les participants au séminaire USW, les capteurs et les plates-formes à l’appui de ces capacités présentent le plus grand intérêt.

L’aptitude à exploiter efficacement les informations recueillies lors des phases « modeler » et « prendre à partie » a également été jugée hautement prioritaire. Parmi les principaux systèmes considérés, on peut citer les véhicules sans pilote et les armes non létales, qui permettent de réduire les pertes, ainsi que les dispositifs de largage de précision, dont le but est de limiter les dommages collatéraux.

Recommandations

Le groupe d’étude recommande que l’OTAN mette l’accent sur la recherche de solutions permettant d’améliorer les capacités pour les opérations en zone urbaine à l’échelon du commandement opérationnel.

Il recommande aussi que l’OTAN donne la priorité à l’élaboration et à l’expérimentation de concepts afin de définir des solutions possibles pour tous les aspects concernant la doctrine, l’organisation, l’entraînement, le matériel, le commandement, le personnel et les installations (DOTMLPF). Ces tâches devraient notamment consister à :

- recenser les besoins de modélisation et de simulation en ce qui concerne l’analyse opérationnelle et l’entraînement;

- étudier les incidences sur le plan de l’action dans des domaines tels que l’emploi des armes non létales, des systèmes sans pilote/robotisés, les opérations de guerre électronique, etc.

- favoriser l’interopérabilité.

8. Recommandations principales

Le Groupe d’étude fait les recommandations suivantes :

- Les concepts opérationnels, les capacités requises et les solutions possibles qui sont proposés dans la présente étude devraient être développés et analysés plus avant en utilisant le concept USECT. Cela devrait donner lieu notamment à un travail de développement et d’expérimentation. Il conviendrait aussi d’envisager l’emploi d’outils de modélisation et de simulation à l’appui de ce processus.

- Les capacités décrites dans la présente étude et les solutions proposées sont reprises en tant que besoins à long terme dans le processus d’établissement des plans de défense de l’OTAN.

- L’OTAN devrait mettre en place, au sein d’un service du SHAPE, une « Branche » ayant une mission de contrôle et servant de point focal pour les activités qui seront menées en zone urbaine.

- Des points de contact devront être désignés dans d’autres QG et services concernés en vue de coordonner les activités en rapport avec les opérations en zone urbaine.

- L’OTAN devrait créer un groupe de travail sur les opérations en zone urbaine qui, sous la direction d’un pays pilote2, servirait de point focal à l’appui du SHAPE et serait chargé de coordonner les activités de l’OTAN et des pays membres concernant les opérations en zone urbaine et d’élaborer un programme de travail en se fondant sur les orientations définies dans la présente étude.

Enfin, le groupe d’étude recommande que le RTB entérine la présente étude et les recommandations qui y sont formulées et les transmette au Comité militaire, à la Conférence des Directeurs nationaux des armements (CDNA) et aux commandements stratégiques.



1 U.S. Department of Defense. Etat-major interarmées. Doctrine for Joint Urban Operations. Publication interalliée-3-06. 2e version, octobre 2000

2 En mai 2002, l’Allemagne et les Pays-Bas ont fait savoir qu’ils étaient disposés à jouer le rôle de pays pilotes.

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