"Nous profitons de la nouvelle phase dans laquelle les négociations pour la formation d’un Gouvernement fédéral sont entrées afin de porter à votre connaissance les revendications largement partagées dans la société civile belge concernant la procédure de remplacement des avions de combat F16 de l’armée belge.  C’est ainsi que, et confiantes dans le fait que la crise que nous traversons donne encore davantage de force à nos arguments, les associations soussignées se permettent de revenir vers vous pour rappeler notre volonté de voir le prochain gouvernement abandonner le contrat d’achat de 34 avions de combat F35 conclu par le gouvernement Michel en octobre 2018....."

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Alerte OTAN n°77 - octobre-décembre 2020

Édito

LEVONS LE TABOU SUR LES DEPENSES MILITAIRES ET ON TROUVERA L’ARGENT POUR FINANCER NOTRE SECURITE SOCIALE

La véritable sécurité de la population, en Belgique, en Europe et dans le monde entier, ne consiste-t-elle pas à disposer des moyens pour une vie digne, c.à.d. à pouvoir se nourrir, se loger, s’éduquer, se cultiver, se reproduire ou non, mourir dans la dignité. L’humanité dispose déjà de tous les moyens, industriels, culturels, technologiques, scientifiques pour établir une justice sociale, pour dépasser les concurrences féroces et les guerres.

La question du financement de la sécurité sociale ne devrait même pas se poser. L’entièreté des budgets et des bénéfices des biens produits par la collectivité pourraient être consacrés au progrès et au bien-être de toute la population : c’est cela la véritable sécurité.

Et pourtant, on en est loin ! Le nouveau gouvernement formé péniblement après de longs mois de disputes en tout genre, se pose encore la question : où trouver l’argent pour financer la sécurité sociale, comment « gagner la guerre contre le coronavirus », mais il se tait encore et toujours sur les dépenses militaires énormes dans lesquelles ses prédécesseurs se sont engagés.

L’allégeance de la Belgique à l’Otan en est une des principales raisons. Des milliards d’euros sont consacrés à la soi-disant modernisation de l’armée belge, à l’achat des nouveaux avions bombardiers nucléaires, à la participation de notre pays aux expéditions militaires de l’Otan sur tous les continents, aux préparatifs de guerre, inclus nucléaire, contre la Russie et contre la Chine, aux guerres contre l’émancipation des ex-pays coloniaux.

Les partis, qui étaient hier dans l’opposition et votaient parfois contre les décisions du gouvernement Michel, participent au nouveau gouvernement et vont avaliser, sans sourciller et sans discuter, l'essentiel décidé sous le précédent gouvernement : achat des F-35 , envoi des F-16 dans la guerre en Syrie, augmentation des dépenses militaires exigées par l’Otan. A aucun moment, ces questions n’ont fait partie des négociations . Un accord tacite a existé entre les négociateurs de tous les partis pour ne pas les aborder.

Si quelques maigres concessions ont été obtenues en faveur des secteurs plus pauvres de la population, ce n’est pas grâce à leur habilité de manœuvre . C’est grâce à la mobilisation des travailleurs de la « première ligne», que les dégâts causés par l’imprévoyance et l’indifférence des pouvoirs face à la pandémie ont pu être contenus, c’est grâce à la solidarité et à la mobilisation syndicale et sociale, que des centaines de milliers de travailleurs sans emploi ont pu maintenir la tête hors de l’eau.

Il faudra faire de même pour obtenir une réduction drastique des dépenses militaires, et pour que tout cet argent soit transféré dans les dépenses sociales nécessaires pour assurer une véritable sécurité à la population de notre pays

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75 ANS APRES LE BOMBARDEMENT ATOMIQUE DE HIROSHIMA ET NAGASAKI

Cette année, la commémoration du bombardement atomique d’Hiroshima et Nagasaki par les Etats-Unis en août 1945 sera particulièrement lourde de sens : nous ne sommes pas sortis de la crise  dans laquelle la pandémie mondiale du Covid.19 nous a plongés. Celle-ci a mis à nu les inégalités et les injustices sociales face à la maladie, elle a aussi mis en évidence que l’humanité a les moyens d’y faire face et de les surmonter en imposant l’arrêt des dépenses militaires folles et des guerres. Le virus de l’arme atomique est particulièrement dangereux et le risque de son utilisation par les « Docteurs Fol Amour » du monde actuel est très grand.

La commémoration au Parc Hibakusha de l’Université de Mons se réalisera en respectant les mesures de distanciation sociale et de sécurité  préconisées par les autorités sanitaires de notre pays et le rectorat de l’UMons. Ce sera la dernière sur le site actuel du Parc, au campus de la Plaine de Nimy de l’UMons.

Voici les informations définitives sur le déroulement de la journée

Quand ? le samedi 8 août 2020, entre 14 et 17 heures.

Où ?      à l’Université de Mons – Campus de la Plaine de Nimy – Mons
suivre la flèche sur poteau indicateur « Parc Hibakusha »

Au programme :

14h : accueil des participants au Parc Hibakusha

14h15 : dépôt de fleurs et minute de silence à la mémoire des victimes du nucléaire
Se munir d’un masque facial et respecter la distanciation sociale.

14h30 : réunion à la Salle Pascal, bâtiment des grands amphithéâtres

  • Lecture des messages  et informations sur les luttes contre l’armement nucléaire en Belgique
  • Présentation des projets de réaménagement du Parc Hibakusha : un an de travail des étudiants et professeur de la Faculté d’Architecture, 17 projets, un foisonnement d’idées et de propositions très intéressantes.
  • Constitution du Collectif Parc Hibakusha 2020 qui se chargera de mener le projet à terme

Plus d'informations sur le site du Parc Hibakusha www.parc-hibakusha.be

Carte-blanche de la plate-forme "Pas d'avion de chasse"

Tous les jours sur les coups de 20h00, nombreux sont celles et ceux qui ouvrent leur fenêtre et applaudissent, en communion, le personnel soignant qui se débat contre le coronavirus. Chacun sait le manque de masques, de tests, de respirateurs, de locaux, de lits, de personnel auquel le secteur doit faire face. Chacun sait que si les hôpitaux belges résistent encore, c’est au prix du confinement que nous devons vivre toutes et tous. Et que malgré ce confinement, la situation reste critique.  

Aujourd’hui, nous constatons ce qui doit être fait pour assurer notre sécurité et celle de la société. A travers cette crise sanitaire, nous expérimentons intensément l’importance capitale de services publics de qualité, et la nécessité d’en assurer la pérennité le plus longtemps et le plus énergiquement possible. 

Or, si les manques de masques ou de tests ont révélé les difficultés du secteur de la santé, cela fait plusieurs années que ce dernier dénonce les coupes budgétaires successives qu’il doit encaisser, au même titre que la plupart des autres services publics. Des coupes budgétaires qui résultent de choix politiques et qui ont abouti à la situation que l’on vit aujourd’hui. Des choix politiques qu’il faut donc dénoncer avec encore plus de vigueur.

C’est ainsi que dans sa déclaration de politique générale, le gouvernement de Charles Michel a annoncé une économie de pas moins de 3,8 milliards d’euros dans les soins de santé sur l’ensemble de la législature. Avec toujours le même argument seriné depuis la crise économique de 2008 : il faut se comporter « en bon père de famille », il ne faut pas « vivre au-dessus de nos moyens », tous les secteurs de l’Etat doivent « faire des efforts ». 

En 2017 pourtant, alors que la Ministre du budget Sophie Wilmès annonçait un budget pour la sécurité sociale ponctionné de près d’un milliard (902 millions) d’euros, le gouvernement dégageait 9,3 milliards d’euros pour l’achat de matériel pour l’armée belge : deux frégates, des chasseurs de mines, 450 véhicules blindés, des drones… et 34 avions de combat pour lesquels le gouvernement Michel a signé un contrat d’achat d’une valeur de plus de 4 milliards d’euros en octobre 2018. Sur la totalité de leur durée de vie, ces avions couteront 15 milliards aux contribuables belges… sans compter leur utilisation qui chiffre à 40.000 euros l’heure de vol. D’énormes investissements qui ne sont pas destinés à notre sécurité mais qui répondent à la pression de l’OTAN et des États-Unis pour augmenter à 2% du PIB, nos dépenses de défense.

Il est encore plus clair aujourd’hui que la priorité en octobre 2018 n’était pas d’engager la Belgique dans l’achat de 34 avions chasseurs-bombardiers. Les priorités étaient ailleurs, évidemment. 

Les finances publiques vont à nouveau, comme en 2008, être soumises à rude épreuve. Et il faudra se réinventer pour continuer à dégager des moyens pour permettre aux services publics de garantir pleinement leurs missions. Mais il est désormais évident que la Belgique n’avait pas, n’a pas et n’aura pas les moyens d’investir autant d’argent dans du matériel militaire dont, du reste, l’utilisation est extrêmement problématique.

Depuis le début du processus de remplacement des avions F16 de l’armée belge, les arguments se sont accumulés contre ce projet, contre la manière dont le processus s’est déroulé et contre le choix final. Si le gouvernement n’était passé en force en outrepassant le débat démocratique lors du « F16 gate » quand les abus de la procédure ont été révélés, l’ensemble du dossier aurait logiquement été transféré au gouvernement qui sortirait des élections de mai 2019. Tous ces arguments restent valides aujourd’hui mais s’effacent quoi qu’il arrive devant l’évidence qui saute désormais aux yeux de chacune et de chacun à la faveur de cette crise sanitaire : nous n’avons pas besoin de 34 avions chasseurs-bombardiers mais bien de l’argent que l’on aura épargné en abandonnant ces préparatifs de guerre. Nous demandons au gouvernement d'annuler le contrat et de réinvestir les fonds épargnés dans nos soins de santé publique!

Notre cher ami et camarade Marcel Poznanski, est décédé ce vendredi 8 septembre 2017, à la suite d'un cancer fulgurant du pancréas que les médecins ne pouvaient opérer ni vraiment soigner.
Marcel avait décidé de mourir dans la dignité, et c'est ce qu'il a fait, entouré de ses proches jusqu'à la dernière minute de sa vie, et soutenu par des médecins profondément respectueux.
Marcel est un des fondateurs de notre Comité de Surveillance Otan.

Manlio Dinucci
L'Art de la Guerre

Hommage à Pierre Piérart
D'Hiroshima à Sarajevo


Parution du livre de VREDE sur l'Otan


Daniele Ganser
"Les Armées Secrètes de l'Otan"
Ed. Demi-Lune, 2007